Dykes_Camera_Action_web

Pour ses trente ans, le Festival du film lesbien et féministe plus militant que jamais !

Le trentième Festival international du film lesbien et féministe de Paris commence aujourd’hui ! Du 31 octobre au 4 novembre 2018, l’association Cineffable organise des projections de fictions et de documentaires, de longs et de courts-métrages, de performances, d’ateliers et de débats, en non-mixité, et accessible aux personnes sourdes et malentendantes.

Cineffable, c’est quoi ?

Un festival féministe et lesbien, pensé par et pour les femmes, nous, on dit oui ! Le but affiché est de promouvoir des films qui n’ont pas été diffusés en salle, réalisés par des femmes et mettant en avant des personnages lesbiens ou des sujets féministes. On l’a vu avec Rafiki, l’excellent film de Wanuri Kahiu sélectionné au festival de Cannes, mettant en scène deux jeunes lesbiennes kenyanes et tourné dans des conditions très difficiles en raison de son sujet : aujourd’hui encore, la représentation des lesbiennes au cinéma est une chose rare, et un véritable enjeu politique.

Une sélection queer et féministe, loin des clichés (et des spaguettis bolo)

Par la diversité de sa sélection (70 films en tout, appartenant à différents genres du cinéma), le festival offre donc une visibilité nécessaire aux réalisatrices autant qu’une pluralité bienvenue des représentations de lesbiennes, loin des spaghettis bolognaise et autres suicidées en mal d’amour qu’on nous sert habituellement.

Cerise sur le gâteau ? Comme chaque année, le festival s’ouvre sur un concert. Mercredi 31 octobre, à partir de 19h00, c’est le groupe Bodie et leur pop western déjanté qui ouvriront le bal, avant que les trois premiers films de la sélection ne soient présentés. Pour cette trentième édition, seront à l’honneur deux fictions sud-américaines et le documentaire Dykes camera action, dans lequel de nombreuses réalisatrices de films lesbiens cultes, comme Barbara Hammer, Su Friedrich ou Cheryl Dynye racontent la façon dont elles ont exprimé leur identité lesbienne à travers leurs œuvres.

Le groupe Bodie

Pour celles qui aiment bien mouiller au ciné…

Comme tous les ans, le festival présentera aussi samedi soir sa très attendue sélection de pornos lesbiens, qu’on espère aussi humide (pour nous) que queer (à l’écran !). La représentation des sexualités lesbiennes, dans leur pluralité, est également un enjeu de lutte et permet démocratisation, accès à l’information pour la prévention, loin des clichés exotisants diffusés par le porno mainstream (et par Kechi-humhum).

Un festival pour lesbiennes cinéphiles, mais pas que !

Des débats (signés en LSF – d’ailleurs, tous les films sont sous-titrés et accessibles aux personnes en fauteuil), des ateliers féministes (de la danse à deux dans un espace safe à l’effeuillage burlesque en passant par un atelier réalisation, il y en a apparemment pour tous les goûts) et deux séances de signatures d’autrices à Violette and Co vraiment chouettes (Wendy Delorme pour son roman Le corps est une chimère et Salima Amari pour son essai Lesbiennes de l’immigration) viennent compléter la programmation plutôt riche de la trentième édition du Festival international du film lesbien et féministe de Paris… et multiplier les occaz de trouver quelqu’une avec qui partager son popcorn (ou ses spaghettis bolo, nous sommes dans un monde libre, chacune fait ce qu’elle veut) dans une salle obscure !

Alors, ready to Cineffable & chill tonight ?

 

Anne-Fleur Multon

- Feminist, fab, queer, et accessoirement autrice jeunesse pour payer les croquettes du chat. Wine is always the answer – et pour tout le reste, il y a Virginia Woolf.

One Comment

  1. timide says:

    Cheryl Dunye, svp !

Leave a Comment

*