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Le coming-out bi… Un tabou dans le milieu ?

#Bestofbbx : Tout l’été, Barbi(e)turix sélectionne les meilleurs articles de l’année écoulée. Chroniques, témoignages, portfolios, on est sympa, on rembobine !

Arianne a longtemps cru qu’elle était lesbienne avant de comprendre qu’elle aimait les filles et les garçons. Elle raconte aujourd’hui le chemin difficile du coming-out bi, la réaction de ses amies lesbiennes, l’incompréhension de son entourage.

Je devais avoir dans les vingt ans quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement aux filles. J’étais jeune, pas franchement épanouie avec les garçons. Je trouvais mes relations décevantes. Je rêvais de transgression, de chair contre chair, de soufre et de passion. J’avais envie de changement, et j’étais prête à me transformer, troquer ma petite vie morne pour la grande aventure… Ma révélation, ce fut une fille. Avec elle, j’ai eu l’impression de résoudre toutes les questions de mon existence : pourquoi ça n’avait jamais marché avec les hommes, pourquoi je ne correspondais pas au stéréotype de la fille douce et serviable, pourquoi je n’aimais pas le sexe hétéro, que je trouvais si codifié, si répétitif.

Tout s’expliquait, j’étais lesbienne, voilà tout.

J’ai passé trois ans avec cette fille. Trois ans persuadée d’être lesbienne. Heureuse d’être lesbienne. Trois ans à découvrir une culture, à déconstruire la norme, mes normes, à me passionner pour la défense des droits LGBT, le féminisme. Je me sentais infaillible. Lesbienne jusqu’au bout des ongles. J’avais trouvé une famille d’adoption, je me sentais différente, à part. Je faisais partie d’une communauté, et nous avions un combat à mener.

Et puis un jour, un dramagouine comme il en existe des millions. On se sépare de l’être aimée. Pleurs, cris, verres brisés, déménagement, vodka. Quelques mouchoirs et des litres de thé vert plus tard, comme toute jeune fille en fleur de 22 ans, on rencontre de nouveau quelqu’un. Oui, parce qu’en fait, on croit que, mais on ne meurt pas de rupture.

Autant vous épargner les détails de la nouvelle rencontre, les coeurs dans les yeux, les affinités incroyables, les semaines complètes sans sortir de la chambre (oui, parce que la rupture étant trop dure, on avait arrêté les études en vue d’une mort subite et prochaine). Sauf qu’il y a un hic. La personne en question est un homme.

Que faire lorsque l’on fait partie d’une association LBGT composée quasi-exclusivement d’homos ? Que faire lorsque toutes ses amies sont lesbiennes, et convaincues de votre orientation sexuelle comme de leur propre code de carte bleue ? Que faire lorsque l’on a annoncé officiellement à ses amies d’enfance, à ses parents, que l’on est homo ? On se sent perdue. Perdue et seule.

J’avais l’impression de revivre le même parcours du combattant que trois ans auparavant. Sauf  que je n’étais plus une lesbienne au milieu d’un groupe d’hétéros, mais une bie au milieu d’un groupe d’homos. Et je me sentais plus illégitime que jamais.

“Et toi, t’as retrouvé une meuf?”. Incapable de mentir, on rougit. “Hein… Euh.. Ouais. Plus ou moins. Je ne sais pas.” “Bah alors, faut te remettre en selle ! Bon, t’aimes quoi, les blondes, les brunes ?” -”Plutôt un grand brun barbu”- “Quoi?” “Non, rien. Non mais je vais bien, tu sais”. Et l’amie fidèle de vous faire défiler une série de photos de ses potes/exes/fantasmes, sous vos yeux embarrassés. Et puis, vient le moment où on en a marre de passer pour une vieille lesbienne à chat qui passe ses soirées à regarder des séries en streaming. D’autant qu’on déteste les séries et pas de place pour un chat.

On se lance donc et on explique, victimaire, qu’on est tombée amoureuse d’un homme, que ça fait un moment que ça dure et qu’on ne peut plus le cacher. On s’excuse du retard de l’annonce, on se sent coupable… mais coupable de quoi ? De trahison ? De crime de lèse-majesté à l’égard de la bénie homosexualité ?

J’ai passé près de six mois à mentir, à dissimuler, à cacher à mes amies et à mes parents que j’étais de nouveau avec un mec. J’avais l’impression d’avoir fait tant de grabuge en me revendiquant lesbienne que j’allais passer pour la fille paumée, désorientée. J’avais peur qu’on ne me prenne pas au sérieux, qu’on se dise que j’avais eu “une phase” pendant mes études. Je m’en voulais de ne pas me connaitre mieux que ça. De ne pas avoir su dès le début.

Mes parents n’ont pas compris tout de suite. De leur dernier voyage à San Francisco, ils m’avaient ramené un t-shirt à l’effigie du quartier gay de Castro. Ils s’étaient fait à l’idée que leur fille était lesbienne, ils étaient fiers de venir marcher à la Gaypride, c’est comme s’ils devaient tout réapprendre, alors que moi, je me sentais si peu différente.

Certaines de mes amies ont pris un peu de distance. J’étais devenue celle de l’autre bord, celle que l’on ne drague plus, celle qui est “casée”. Une distance s’est installée, petit à petit, entre elles et moi. Je suis devenue l’hétéro en couple, la figure de la fille casée qui ne sort plus… Je ne peux pas dire que j’ai été marginalisée, mais je n’étais plus dans les petites confidences, on m’invitait moins souvent à aller boire un verre… Alors, je suis moins sortie, j’ai consolidé mes véritables amitiés, fait le tri.

Je sais ce que vous allez vous dire. Comment a-t-elle pu ignorer sa bisexualité ? On ne se réveille pas un matin en se disant, “Ah au fait, j’aime les garçons !”. J’aurais peut-être pu anticiper la chose, mais j’étais si follement amoureuse de mon exe que je ne pensais pas un jour me mettre en couple avec un homme. J’avais trouvé ma véritable identité me disais-je ! Comme si l’identité était inflexible et inéluctable, je pensais rester la même toute la vie…

Mais je pense que ce qui a le plus joué dans ma méprise, c’est que je n’avais aucun référent bisexuel dans mon entourage. Les seules bies que je connaissais n’avaient jamais eu de relation longue durée avec des filles et je ne crois pas avoir rencontré ou parlé avec une bie outée dans le milieu. Si on était attirée par les filles, on était lesbienne, point. Je n’avais pour seule figure d’identification que quelques stars, lointaines… Les bies n’étaient pas une réalité.

Et puis, un jour, la réalité s’est imposée comme un coup de foudre tailladant mes habitudes. J’ai du me réinventer, reformuler mon discours, mes pensées, mon féminisme. J’ai commencé à en parler sur un autre registre que celui du sentimental, à la revendiquer au sein de mon association, à m’affirmer. Non, elle ne fait pas de moi un LGBT moins légitime. Et oui, ma bisexualité aussi, est politique.

J’aime les filles et les garçons. Je le dis haut et fort, je suis bie et j’existe.

 

Arianne

 

39 Comments

  1. Suke says:

    Merci opur ce témoignage. Vraiment… Être bi(e), le vivre et le dire, c’est prendre le risque d’être discriminé des deux côtés… Donc Merci encore pour cette visibilité.

  2. Merci à toi, ça fait du bien à lire.
    Mon parcours d’homme bi : 1ère expérience sexuelle (unique) à 16 ans avec un homme puis long parcours d’hétéro marié ou en couple. Puis rencontre d’une femme bi, redécouverte et réappropriation de mon corps et de mes désirs et… une évidence : j’aime le sexe avec les hommes tout autant qu’avec les femmes, mais pas au point de vivre en couple avec un homme.* Depuis nous vivons en union libre, mais c’est un autre sujet :)

    j’adopte ta formule : “J’aime les filles et les garçons. Je le dis haut et fort, je suis bi et j’existe.” Du latin existere ou exsistere, composé de ex et de sistere, forme dérivée de stare (« être debout », « être stable ».

    * Cela s’explique beaucoup par leur peu d’engagement féministe, voire même leur sexisme, qui me hérisse très rapidement.

  3. Non says:

    Ah, je ne suis pas dans le milieu, mais on se sent moins seul avec ce genre d’article. Car même hors milieu, on a beau avoir dit, JE SUIS BI, la famille ou les amis reviennent “ben je croyais que tu étais lesbienne”, “Ah tu as rechangé de bord”, et quand on croise des lesbiennes, on a le droit une fois sur 2, “mais tu as pas choisi ton camp ??” “A ton âge tu devrais savoir quand même, fille ou garçon”.

    Dès que je découverts ma bisexualité, je l’ai jamais caché, mais c’est fou, ces remarques reviennent toujours. En plus dans LGBT, le B, il est pourquoi ??

  4. Artemisia.g says:

    Ben moi j’avoue, je suis encore paumée avec mon identité. J’ai aimé/désiré des garçons cis, des filles cis, des trans. J’ai l’impression que, physiquement et sexuellement, ça marche mieux avec les meufs mais ça m’arrive d’être attirée par les mecs bi (jamais hétéros). Je me suis longtemps dit bie, mais j’aime me dire gouine aussi. Peut-être que je suis pansexuelle. Ou alors peut-être que chez moi ça s’ajoute au lieu de s’annuler: peut-être que je suis gouine ET bie. Va savoir…

  5. tifdelatif says:

    Artemisia : Les labels ne sont que ce qu’on en fait, tu peux te dire “bigouine” “bie” “pan” “polysexuel” (attirée par plusieurs genres mais pas tous) etc, l’important c’est ce que toi tu mets derrière :) Si vraiment tu veux un label “stable” dans ton cas “fluide” ou simplement “queer” me paraissent appropriés.

    Pour l’autrice : Merci beaucoup de ton témoignage ! Les violences biphobes/monosexistes des milieux LGBT sont trop tues hélas.

  6. Andrée says:

    Personnellement, j’ai assez tristement fini par me faire une raison.
    Possédant un physique et des manières que beaucoup qualifieront de disons très “hétéronormées”, j’ai sans succès tenté à plusieurs reprises de faire des coming-outs bi auprès de ma famille et de mes amis (le premier remontant à mes 14 ans, soit 10 ans plus tôt : ce n’est donc pas une lubie qui m’est tombée dessus la veille), puis ai laissé tomber.
    Mes quelques aventures avec des filles (rien de sérieux, en effet, peut-être en serait-il autrement si j’avais vécu une vraie relation) ont été mis sur le compte de la curiosité et/ou de l’alcool.
    J’ai cru à un moment pouvoir obtenir du soutien de plusieurs potes/copines/amies lesbiennes de mon entourage et me suis heurtée au mieux à une ironie vaguement condescendante, au pire à de l’agacement assez agressif, comme si j’essayais de m’arroger une identité à laquelle je n’avais pas droit.
    Depuis, je me revendique purement et simplement comme hétéro. Je trouve cela franchement dévalorisant pour mes quelques partenairEs – ça revient plus ou moins à dire qu’elles n’ont pas leur place dans ma vie sexuelle -, mais c’est ainsi, je me suis prise trop de claques, ce n’est plus un terrain de revendication sur lequel j’ai envie de m’engager.
    Je pense que je me battrais d’avantage si je rencontrais une fille avec qui j’aurais vraiment envie de construire quelque chose, mais cela ne m’est pas encore arrivé, et ne risque pas, dans la vie qui est la mienne aujourd’hui.
    (Je m’interroge d’ailleurs sur un possible effet pervers de cette volonté collective d’invisibiliser ma sexualité bi : plus on m’a fait comprendre que je ne pouvais qu’être hétéro, plus je me suis comportée comme telle.)

  7. Andrée says:

    PS : Les seules personnes autour de moi qui témoignent de l’intérêt et de l’empathie quant à ma situation sont des garçons homosexuels (pas bi hein, homosexuels sans ambiguïté aucune).
    J’en ai tiré la conclusion que la bisexualité était infiniment moins mal vue chez les homosexuels que chez les lesbiennes.
    C’est quelque chose que je ne m’explique pas vraiment pour l’instant.

  8. Maéva says:

    Merci pour cet article. Je pense qu’il montre exactement un problème majeur dans notre société : celui de devoir choisir notre identité sexuelle. Je dis bien choisir, vis-à-vis des autres, de l’extérieur. Car comment pouvons-nous être surs à 100% d’être gay/lesbienne/trans/hétéro/bi?
    Je pense que ce à quoi nous sommes le plus sensible, c’est aux êtres humains, peu importe leur couleur de peau, leur orientation, leur sexe, nous somme attirés par une personne, et non uniquement par son sexe.
    Devons-nous donc nous mettre dans une case pour être aimé et accepté par les gens qui nous entourent? Ou pour se sentir comme les autres?
    Je pense qu’il faut s’accepter tel que l’on est, accepter de pouvoir être attiré par différentes personnes et accepter que l’on change soi-même, plutôt que de se remettre en question par rapport à des identités sexuelles prédéfinies.
    Les gens voudraient parfois que l’on se connaisse entièrement, or notre vie est faite pour ça!

  9. soo fille says:

    “Opportuniste”, “libre”, “flexible”, “agnostique du genre”, “cumuleuse de mandats”… quelle prise de tête pour répondre à LA question. Même si la plupart des gens s’en foutent ou sont tolérants, il y a quand même les irréductibles, last but not least dans le milieu, et les “la bisexualité, j’y crois pas”. Je comprends qu’il y ait une opposition forte à l’hétéronorme, que la diversité c’est tjs compliqué, mais à quoi bon construire de nouvelles autoroutes à sens unique ? Heureusement, il y a l’humour… de Margaret Cho qui tranche le dilemne par “I’m a slut. Where is my pride?!” ou des nanas du gay women channel (découvert grâce à bbtx) qui refilent leurs “tuyaux” infaillibles pour démasquer une bi: “elle aime les chats ET les chiots, elle préfère la bicyclette au monocycle” (etc.) mais comme disait qqn sur ce sujet (je ne sais plus qui): si on a besoin d’en rigoler, c’est que ça coince encore aux entournures. Bref, merci pour ce témoignage et vive les coeurs dans les yeux !

  10. LittleBlue says:

    Soudainement je me sens moins seule…

  11. Mathilde says:

    Merci Arianne de nous livrer ce témoignage.

    Je citerai seulement Judith Butler : “Je voyage d’une identité à l’autre”…

  12. Naruua says:

    Merci encore et encore! Je ne cesse de penser à ma mère qui parce que je suis dans une relation sérieuse avec un homme je suis hétéro, pour elle comme pour beaucoup la bisexualité n’existe pas!!!
    Bi et fière de l’être.

  13. Lia says:

    Andrée : Je me retrouve beaucoup dans ton analyse.

    Je rajouterais simplement un point : la violence que j’ai pu ressentir en milieu lesbien à l’égard de ma sexualité. Je ne compte plus les discussions autour des pratiques sexuelles où les bi sont pointées du doigt comme étant à l’origine de toutes les MST : le mythe de la pureté de la lesbienne, en quelque sorte. Dans ces moments là, loin d’être capable de me mettre en colère et de dire que quelque soit ma sexualité, je suis capable de me protéger, de protéger mes partenaires, ben … j’ai regardé mes chaussures …

  14. yana says:

    Bonjour,
    J’ai toujours été atrocement choqué part les lesbiennes biphobe. Ne comprenant pas pourquoi elles sont si fermé et leurs peurs diverses et variées sans raison.
    Je suis moi même lesbienne et j’ai entendu des conversations d’amies lesbienne qui m’ont vraiment choqué, que se soit contre les bi ou toute autre sexualité diverses et ouverte. On dirait presque la peur de l’inconnu.. J’ai eu des partenaires lesbienne et bi, et l’un comme l’autre je n’ai aucune préférence. J’aime les femmes :)
    Il faut arrêter cette biphobie.

  15. justin says:

    Les homo sont peut être plus ouverts quand il s’agit d’accepter les filles bi, mais je peux assurer qu’ils le sont beaucoup moins dès qu’ils s’agit de garçons bi.

    Exactement comme le monde hétérosexuel, le milieu LGBT déteste tout ce qui remet en cause ses certitudes, on accepte plus facilement quelqu’un qui est loin de soi que celui ou celle qui nous ressemble mais ne fait pas les mêmes choix.

  16. timide says:

    sans parler de biphobie, (chacun fait ce quil peut dans la société) mais, les bi finissent souvent par retourner avec un mec parce que socialement, c’est gérable alors qu’avec une femme, la pression est plus forte. donc, on va évité de sortir avec les bis, ça évite de ce fait les déceptions qui vont avec … rappelons que l’homosexualité est tolérée, ce n’est pas un boulevard non plus donc je ne leur en veux pas de faire ce choix mais comprendre aussi les femmes qui s’en tiennent à l’écart.

  17. Chatdegouttiere says:

    A Timide “Je ne leur en veux pas de faire ce choix” :
    Justement ce n’est pas un choix .

    Par ailleurs d’après Kinsey on est tous bi, à des degrés variables, et de manière plus ou moins refoulée ou consciente.
    :-)

  18. timide says:

    oh great ! comme c’est très original cette réponse @Chatdegouttiere. pas sérieux.

    sérieux : ce commentaire reflète l’attitude fatigante et peut crédible qui se veut représenter les bisexuels ? nan, pas sérieux.

    internet, c’est pratique pour raconter n’importe quoi et aussi pour se faire passer pour ce que l’on n’est pas, mais tout de même, avant de poursuivre un éventuel fil de conversation, travaillez votre sujet, rencontrez des personnes, lisez un peu peut-être aussi, parce que là, avec de tels propos, on ne peut que se sentir au ras des pâquerettes et que je considère comme un manque de respect.

    #tshusss ! :-)

  19. Lia says:

    @Timide : J’aime tellement qu’on me catégorise, comme ça .. pas méchamment hein ! Mais bon, tout de même, tout le monde sait bien que les bi …
    Ça refoule sérieusement le discours hyper stigmatisant, basé sur rien de bien sérieux. Perso, je trouve ça franchement violent. D’autant que le coté “c’est plus facile de rentrer dans le moule hétéro-patriarcal” : c’est pas hyper cool pour les personnes que l’on aime/a aimé/aimera quelque soit leur genre … Pour moi, avoir une relation avec un homme cis n’est pas un “renoncement” ou un choix par défaut. J’ai même envie de dire que vu là où je traîne, c’est pas hyper évident à assumer.

  20. Manon Manon says:

    Qui suis-je ? Où cours-je ? Dans quel état gère ?
    Bon je n’ai pas pu me retenir ;-) Désolée ! J’arrive un peu tard dans le débat, je rejoins Maéva dans son analyse. Qu’importe l’étiquette pourvu qu’on ait l’ivresse !
    Premier amour avec un garçon, coup de foudre pour une femme, vie commune trois ans, séparation douloureuse, rencontre d’un homme, mariage, 3 enfants, 18 années, séparation douloureuse, rencontre avec une femme, 3 ans de vie commune jusqu’à ce jour, et j’espère bien que ça va continuer…
    Alors, qui suis-je ?
    Une femme dans la quarantaine, libre de ses choix, sans étiquette, merci ;-)

  21. HUM says:

    Bah oui, tout ça c’est bien joli, seulement voilà. Vous vous plaignez d’être rejetées, mais vous vous êtes posé la question de savoir ce que ressentent les lesbiennes qui ont affaire à des bi?
    Vous dites, c’est cool, pas d’étiquette, pas de frontières, pas de barrières, pourquoi tant d’intolérance?
    Ben parce que justement c’est très insécurisant une telle partenaire. Qui vous fait comprendre qu’elle ne pourra pas, de toutes façons, se contenter d’une seule relation avec un sexe. Qu’à un moment donné il lui faudra l’autre sexe.
    Comment voulez-vous qu’une telle attitude inspire confiance? c’est déjà difficile de créer une relation long terme avec une partenaire de même sexe, alors si la fille vous laisse comprendre que à un moment donné elle ira avec le sexe opposé parce que c’est sa nature, alors dans ce cas, il vaudrait mieux que vous sortiez entre bi. Mais curieusement cela vous fait horreur. Les assoces bi comptent peu de membres. Toujours vous essayez d’aller vers des gens qui fatalement vont vous rejeter. C’est un problème insoluble.

  22. timide says:

    @Lia : a donc pointé une question intéressante : Bi : orientation sexuelle ou identité de genre sociologique ?

    Sur BBX, il n’y a pas d’injonction et donc, “Chacun est libre”, en dehors de toute stigmatisation.

  23. Lyd says:

    Beau témoignage, et belle fin à toujours avoir en tête “J’aime les filles et les garçons. Je le dis haut et fort, je suis bie et j’existe.”, j’ajouterais personnellement “Fille ou garçon, l’important n’est pas le sexe mais la personne”.
    Horrifiée du dernier commentaire de “Hum”, qui me fait penser à certaines remarques parfois entendue “Ah c’est super ça, toi t’as encore plus de choix” (on s’évite le vieux sourire ̶s̶a̶l̶a̶c̶e̶ bizarre qu’affiche la personne qui te sort ce genre de remarque).
    Eh non, ce n’est pas parce qu’on ne fait pas attention au genre de la personne qu’on est plus sujet à la tromperie ou la tentation. C’est une remarque tellement rétrograde.
    C’est au couple de bâtir sa propre confiance, et ce manque de cet ingrédient ne vient pas de quelconque(s) préférence(s) sexuelle(s).

  24. Jenny says:

    Bonjour tout le monde,

    moi je trouve au contraire que cette réaction générale n’est largement pas partagée par tous les bi. Je n’ai personnellement eu aucun problème à dire à mes amis que finalement, j’aimais les garçons aussi, alors qu’à la base je ne jurais que sur les filles.

    C’est là la preuve que ceux qui veulent virer les préjugés et tolérer la différence sont les premiers à avoir du mal à se passer des étiquettes qu’ils se sont eux-mêmes collées…
    Vivez juste ! votre partenaire saura bien que tant que vous l’aimez, vous n’avez pas envie d’aller voir ailleurs, que ce soit pour le même sexe ou un autre, si votre type de relation est fermé.

    Je suis certaine que vous vous ferez accepter tel/telle que vous êtes tant que vous ne vous faites pas vous-même un monstre de “qui vous êtes”.

    Amicalement,

    Jenny

  25. Léa says:

    Quand on annonce notre bisexualité on se prend souvent des remarques (généralement par des hétéros) du genre “c’est bien tu as deux fois plus de chance de trouver quelqu’un”, mais je pense que personne ne se rend bien compte. Je pense qu’au final etre bi est plus dur que d’être 100% homo. Au delà de la notion de liberté, d’ouverture d’esprit et tout le blabla, il y a un malaise. On passe souvent pour des lâches ou quelque chose qui s’en rapproche auprès des lesbiennes. Certaines pensent qu’on est peut être des hétéros en quête de nouvelles sensations alors que non pas du tout. Ne peut on donc pas aimer les deux genre en même temps? Du côté des hommes hétéros, Ca les amuse un peu au début parceque “une femme qui a couché avec d’autres femmes c’est excitant” (oui oui on m’a vraiment dit ça) mais au final ils cherchent une femme qui aime les hommes les vrais et qui n’aime que ça. Et au final ça devient très compliqué de construire une relation sérieuse. Je sais que tout dépend des personnes, mais je me rend compte que je ne suis pas la seule dans ce cas.
    “Hum” je ne suis pas du tout d’accord avec toi. Etre bie ne signifie pas aller voir ailleurs dès qu’on est casé avec quelqu’un. Et pourquoi ce que tu dis s’appliquerait qu’aux bi, y a t’il une différence avec les couples hétéros ou 100% homos? Ce n’est pas parcequ’on est en relation avec une femme qu’on va partir tous les quatre matin à la recherche de l’homme, et inversement. Les bi seraient donc plus infidèles? Je ne crois pas…
    Bref dans tous les cas moi j’ai encore du mal avec ma situation, mais je suis sûre d’une chose c’est que j’aime les femmes et les hommes. Il faut juste que j’apprenne à l’accepter et a le faire comprendre à mon entourage. Je suis contente de voir que je ne suis pas seule, et que d’autres ont réussi à vivre avec. Merci pour cet article !

  26. Lia says:

    @Hum : Pour répondre à ton injonction à ce que les bi couchent avec des bi.

    Ben, j’ai envie de dire, malgré moi, ça fait quelques années que je n’ai quasiment que des relations de ce type, ou à la rigueur des personnes ayant des relations longues avec des personnes bi.
    Parce que malgré tout c’est plus facile. Comme ce qu’à dit Léa.
    Entre la crainte que je parte avec l’autre sexe, l’exotisation de ma sexualité, les injonctions du milieu etc. difficile de construire une image de soi positive …

    C’est moche au final, cette forme de replis sur un entre soi. Une sorte de petite cage doré : oui, je couche avec des personnes qui ne stigmatisent pas ma sexualité, mais j’ai toujours autant peur des réactions des autres.

  27. François says:

    En réponse au commentaire de “HUM” sur cet extrait :
    “Vous dites, c’est cool, pas d’étiquette, pas de frontières, pas de barrières, pourquoi tant d’intolérance?
    Ben parce que justement c’est très insécurisant une telle partenaire. Qui vous fait comprendre qu’elle ne pourra pas, de toutes façons, se contenter d’une seule relation avec un sexe.”

    Je ne voudrais pas faire de la psychanalyse de comptoir, mais le sentiment d’insécurité n’est pas du à la bisexualité de l’autre mais au manque de confiance en celle ou celui qui, pour des raisons qui lui sont personnelles, n’imagine pas qu’un-e bisexuel-le puisse satisfaire pleinement sa sexualité avec elle ou lui.
    Tous les bisexuel-les ne sont pas infidèles. Ce n’est pas une caractéristique générale.

  28. Lu says:

    @timide “sans parler de biphobie, (chacun fait ce quil peut dans la société) mais, les bi finissent souvent par retourner avec un mec parce que socialement, c’est gérable alors qu’avec une femme, la pression est plus forte”

    Wouah, alors là, je me sens presque insultée … J’imagine que ce n’était pas le but de ce commentaire mais ! As tu lu/vu une quelconque étude ou un sondage qui annonce que la plupart des bies retournent avec un mec ? J’hallucine
    Je me sens bie, et je pense en être relativement sûre … Et pourtant, c’est plutôt l’inverse de ce que tu annonces qui me donne envie : bien qu’aimant hommes et femmes je me sentirais au contraire plus à l’aise socialement et publiquement dans une relation avec une femme, car je me sens proche de la communauté LGBT, et que j’ai besoin de revendiquer cette appartenance, de me battre pour nos droits, de faire évoluer les mentalités. Car j’aime beaucoup cette partie lesbienne qui est présente en moi
    Je penserais presque que sortir avec un homme ne me permettrait plus d’être en adéquation avec mes revendications de ne pas être une femme hétéronormée et clichée.
    Arf, est ce que ça fait de moi une bie biphobe ? Au secours
    Après c’est plus une question d’expériences personnelles, j’imagine que les hommes avec qui j’ai eu des relations n’étaient pas forcément des modèles de queerness. Et pourtant, ce n’est pas tout ce que je viens de dire qui m’empêchera de retomber amoureuse d’un homme un jour ! (enfin … Je crois ?)

    En tout cas, pitié, n’affirme plus ce genre de chose à la légère, ça fait mal au coeur

  29. Lu says:

    En fait je pense qu’on peut continuer à revendiquer ses droits LGBT lorsqu’on est une femme bie qui sort avec un homme mais … C’est difficile non ? Je me verrais mal militer auprès de mon mec.
    C’est possible ? J’imagine
    Ca dépend dudit homme. Faut-il qu’il soit nécessairement féministe ?
    Là encore tout plein de questions soulevées par la condition bi :(

  30. Chatdegouttiere says:

    Pour celles et ceux que ça intéresse (et qui comprennent l’anglais), un gars qui fait de super videos sur la bisexualité (ainsi que sur les identités de genre) :
    https://www.youtube.com/user/RitchandFamous/videos?view=0

    C’est génial :)

  31. Tuya says:

    Salut à toi,
    merci pour témoignage riche et touchant. J’ai vécu une situation assez similaire et je comprends peut être ce que tu as pu ressentir. Notamment ce rejet du “milieu”, qui m’a aussi jugée d’un air goguenard quand on me demandait des nouvelles du ” grand brun”…(Chacun se sent si installé dans sa petite case, sa petite boite, qu’un pas de travers pour en sortir fait tache).
    La situation est compliquée, déjà au travers des yeux des autres mais également par rapport à l’image que l’on a de soi-même. C’est un véritable nouvel apprentissage où l’on voit son “identité sociale” changer malgré soi. Je te souhaite bon courage, pour ma part ça a beau faire quelques années, j’ai le cerveau toujours un peu en clafoutis parfois.

  32. Souad says:

    Gla
    Oua ce témoignage c’est un peu un “miroir” de ce que je vis (dans le sens, ce que je vis, mais en inversé !)
    j’ose en parler à personne de ma bisexualité, vu que j’ai toujours collectionné les mecs et que j’ai JAMAIS osé draguer une fille (expérience malheureuse au collège, une “amie” qui avait lu mon journal & mes doutes sur le sujet et qui s’était empressée de me tailler derrière mon dos en me traitant de “sale lesbienne” sachant certainement très bien que je l’apprendrais… ça m’a vraiment traumatisée et depuis j’ai toujours très très très peur de regarder une fille qui me plaît dans les yeux et qu’elle se dise “sale lesbienne”…) breff
    je sais que je suis bisexuelle même si j’ai du mal avec ça, parce que j’aimerais être soit totalement hétéro soit totalement lesbienne, j’aime pas cette impression d’avoir le cul entre deux chaises mais malheureusement c’est le cas, purée ce que j’aime les mecs, mais purée ce que j’aime les filles aussi ! en + plus je vieillis plus j’ai peur de me jeter à l’eau parce que je me dis que la fille se dira que je sais pas y faire que je suis nulle ou maladroite ou chaipas, alors que les mecs ça va je connais
    je sors avec un mec hyper féminin en ce moment du coup j’ai l’impression d’être comblée parce que “deux en un” mais je sais qu’il y a aussi ce manque en moi quand même qui déborde des fois… J’ai été amoureuse que de deux filles dans ma vie, en secret total bien sûr, et à chaque fois ça a été quelque chose d’extr^^^^emement fiévreux et intensément magique et obsédant, un truc indescriptible que j’ai pas connu avec un mec, à part avec mon copain actuel que les gens appellent systématiquement “madame” au téléphone ou dans la rue :D

    je me demande des fois si je suis pas lesbienne refoulée, mais je crois pas, parce que si je suis totalement honnête j’étais réellement attirée par certains de mes ex et j’ai pu avoir une vraie relation d’amour avec eux, et puis si je me laisse aller à fantasmer y a souvent des garçons dans mes rêveries, mais y a aussi souvent des filles.

    tout ça pour dire : je crois que c’est très dur d’assumer sa bisexualité parce qu’on est vus (par les mecs hétéros comme par les filles lesbiennes) comme quelqu’un qui sait pas choisir, certainement aussi comme quelqu’un d’infidèle à qui c’est difficile de faire confiance — alors qu’on a les mêmes sentiments et états d’âme que tout le monde, et tout comme un(e) hétéro ou une lesbienne ou un gay, quand on est en couple on fait des efforts pour pas aller voir ailleurs si on sait que ça blesserait l’autre personne, c’est pas parce qu’on aime qu’un seul des deux sexes que c’est moins difficile de faire ça, ou au contraire, c’est pas parce qu’on aime les deux sexes qu’on est moins capables de faire des concessions quand on est amoureux ! enfin je pars un peu dans tous les sens mais chai pas j’ai jamais fréquenté le milieu lesbien parce que tous mes proches seraient hallucinés si je le faisais (remarques type : toi avec tous les mecs que t’as eus dans ton lit tu vas dire que t’aimes les filles ? ou de la part de mon père : “sale gouinasse de merde” mais c’est un autre sujet :D ) mais y a pas que ça qui me retient, y a aussi que j’ai l’impression de pas être légitime pour le faire VU que de toute ma vie j’ai jamais eu d’expérience sexuelle avec une fille, en grande partie parce que, n’osant pas fréquenter les endroits où je pourrais rencontrer des bis/lesbiennes à cause de ce sentiment d’illégitimité, je ne rencontre que des meufs qui se disent hétéros et dont le jugement me fait très peur du coup…. Brrrr c’est un peu le serpent qui se mord la queue comme on dit

    merci de ton témoignage en tout cas ça fait plaiz de savoir qu’on est pas seul à se prendre la tête !!!!!!

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