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La première lesbienne des temps modernes enfin incarnée dans une série

Miss Anne Lister est une figure fascinante de l’histoire de l’Angleterre. Ses voisins d’Halifax dans le Yorkshire l’appelaient Gentleman Jack. Ce sera le nom de la série en cours de tournage produite par la BBC et diffusée sur HBO en 2019.

Le projet est né grâce à la scénariste Sally Wainwright qui a décidé d’utiliser les 30 000 livres d’un prix reçu en 2016 pour mener des recherches sur celle que les Anglais considèrent comme la première lesbienne moderne dont la vie a déjà été portée à l’écran avec le téléfilm de la BBC The secret diaries of Miss Anne Lister.

Suranne Jones et Sophie Rundle dans “Gentleman Jack” (BBC)

Née à la fin du XVIIIe siècle, aristocrate, propriétaire terrienne et femme d’affaires, cette contemporaine de Jane Austen n’a pas vécu sa vie dans l’ombre d’un mariage arrangé. Elle se promenait dans les rues d’Halifax en sombre costume masculin au bras de sa compagne et semble avoir eu une conscience précoce et aigüe de qui elle était tout en passant une partie de sa vie à essayer de se comprendre. Aidée en cela, sans aucun doute, par sa totale indépendance financière.

Anne Lister par Joshua Horner en 1830 (Shibden Hall Museum)

Elle a laissé dans ses journaux intimes le récit de sa vie, de ses recherches, de ses voyages et de ses liaisons. Des révélations très intimes, plutôt hot, sur le nombre d’orgasmes qu’elle donnait ou avait avant le petit-déj, sur ses conversations sur les rôles sexuels, sur ses fantasmes… Des journaux dans une langue tout en euphémismes mais surtout cryptée. Passionnée de littérature classique et de l’histoire de la Grèce ancienne, elle a mis au point un code inspiré du grec déchiffré en 1988, date de la publication d’une partie des journaux (Helena Whitbread’s, I Know My Own Heart).

La série en huit épisodes s’intéressera sans doute aux travaux d’anatomie qu’Anne Lister mène en France en 1820, vraisemblablement pour trouver un remède à une maladie vénérienne transmise par l’une de ses compagnes, tout autant qu’aux techniques d’approche de cette grande séductrice qui utilisait les références littéraires à l’homosexualité dans ses conversations galantes pour tâter le terrain.

Plaque commémorative placée à l’extérieur de la Holy Trinity Church à l’initiative de la York Civic Trust, en juillet dernier, qui sera certainement changée pour inclure le terme ‘lesbienne’ suite à une pétition et aux vives réactions suscitées par le premier choix des formulations.

En attendant la série, on pourra lire la biographie Gentleman Jack: A biography of Anne Lister, Regency Landowner, Seducer and Secret Diarist d’Angela Steidele aux éditions Hardback qui vient de paraître.

 ‘I love and only love the fairer sex and thus beloved by them in turn, my heart revolts from any love but theirs’ –Anne Lister

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

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2 Comments

  1. Brigitte Boucheron says:

    Anne Lister a été précédée par les « dames de Llangollen », 2 jeunes aristocrates, l’une anglaise, l’autre irlandaise, qui imposèrent leur volonté de vivre ensemble à leur famille respective, et vécurent au Pays de Galles, près de Llangollen. Colette en parle dans « Le pur et l’impur ». Leur nom : Eleanor Charlotte Butler (1739-1829), Sarah Ponsonby (1755-1831). Anne Lister leur rendit visite.

  2. timide says:

    Bof.

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