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Cineffable, le festival pensé par et pour les femmes !

Le Festival international du film lesbien et féministe de Paris est de retour pour une 31e édition, en non-mixité, du 31 octobre au 3 novembre à l’Espace Reuilly. Rencontre avec deux membres de l’organisation, Marie-Anne, de la commission communication et Tym, membre de la commission programmation.

 

En quoi Cineffable se démarque-t-il d’autres festivals ?

On y présente avant tout des films réalisés par des femmes qui mettent en avant des thématiques féministes ou/et lesbiennes. C’est également un festival vivant, qui propose des expositions, ateliers, cours d’autodéfense, performances et débats. Notre but est de donner de la visibilité au travail artistique des femmes et de questionner leur place dans la société patriarcale. Cela attire chaque année plus de 1500 femmes, cis, trans, intersexes, hétéras, lesbiennes, bies… Vous y croiserez plus de cinquantenaires que de jeunes bien que la tendance soit au renouvellement de notre public et de notre équipe.

Comment est-il perçu dans le milieu du cinéma ?

La non-mixité crée une ambiance particulière, libère la parole et donne un sentiment de sécurité que les réalisatrices n’ont pas l’habitude d’avoir dans d’autres festivals. Beaucoup d’entre elles voient le festival comme une vitrine où il faut être, elles savent qu’on y passe des premiers films ou des films à petits budgets. Plusieurs festivals francophones viennent y faire leur marché parce que nous ne présentons que des exclusivités et que nous réalisons nous-mêmes les sous-titrages en français. Les films que nous projetons ne sont jamais sortis au cinéma ni à la télévision, Cineffable est souvent la seule occasion de les voir.

Comment arrivez-vous à avoir autant d’exclusivités justement ?

C’est un travail minutieux de recherche et de veille. On regarde ce qui passe à l’international, on “chasse” les films puis on demande aux réalisatrices l’autorisation de diffuser leurs productions. Certaines nous proposent d’elles-mêmes leurs films tandis que d’autres refusent de travailler avec nous à cause du label “lesbien” et/ou “en non-mixité”. Cette année nous avions pré-sélectionnés 200 films pour finalement n’en retenir que 60 issus du monde entier. C’est la commission programmation qui se charge de cette tâche, on est une dizaine à regarder les films, à échanger dessus, à les valider ou à les rejeter. Les sujets qui nous divisent sont les mêmes que ceux qui divisent dans le féminisme : le voile, la prostitution…

Comment fonctionne votre organisation ?

Nous sommes une soixantaine de bénévoles réparties dans plusieurs commissions, nous avons toutes des profils différents et notre vision personnelle du féminisme. C’est cette diversité qui fait la richesse du festival. Notre financement dépend de la billetterie, de la restauration et du bar. La subvention de la Mairie de Paris permet d’offrir un tarif accessible. Pour les plus démunies nous avons développé le concept de tickets, boissons et repas suspendus, où une personne qui en a les moyens offre à une inconnue dans le besoin la possibilité de participer au festival dans de bonnes conditions.

L’annonce de Carmina Ama et Dawm Ipomée, séance du Q, du Q, du Q le 2 novembre 21h45

Quel budget faut-il prévoir pour participer à Cineffable ?

Ça dépend de ce qu’on veut y faire. L’accès au festival nécessite d’avoir adhéré à Cineffable, cette adhésion peut se faire le jour J et coûte de 2 à 10€ selon ses finances. Les billets pour assister aux projections de films sont vendus à 7€ l’unité, plus on visionne de films, plus le tarif est dégressif. Si vous ne souhaitez pas voir de films, il est possible de profiter des activités gratuites du festival et d’assister par exemple aux débats.

Quels sont les moments forts de cette 31e édition ?

Le lancement du festival le 25 octobre, lors de la soirée clubbing “Gouines en Feu”, référence au dernier Céline Sciamma. Le concert rock post punk aux accents folk ou électro d’Helluvah de la séance d’ouverture le 31 octobre. La séance cul(te) du 2 novembre devrait aussi attirer beaucoup de monde. Pour les âmes sensibles nous avons une programmation plus grand public avec le film “Tell it to the bees” avec Anna Paquin, le documentaire badass sur le féminisme à travers le surf avec “Chicks on boards” ou le débat “Aux intersections du coming out” avec Salima Amari, les Topines et Habibitch !

 

Vous l’aurez compris Cineffable c’est tout un programme !

Soirée de lancement “Gouines en Feu” aux Souffleurs le vendredi 25 octobre, 19h-2h, entrée libre, soirée ouverte à toutes et à tous.

Emmanuelle

Caution militante et intersectionnalité de la team, hyperactive touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier), co-fondatrice des soirées Peaches & Cream, DJ à ses heures perdues.

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