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Kindergarten les enfants terribles

Pour la Wet for me Nude Edition à la machine du Moulin Rouge le 26 janvier prochain c’est la Kindergarten qui investit la Chaufferie, l’occasion d’une causerie oiseaux de nuit avec ses deux enfants terribles.

Bonjour Marmoset et Tiggy Thorn, vous faites quoi en ce moment ?
Marmoset : Je viens de me réveiller après une belle nuit de 12h et je vais aller mater les Carnets de Julie.
Tiggy : Je viens de finir ma tenue de la prochaine Kinder et je vais expressément aller manger des pâtes devant Netflix.

Comment êtes-vous venu.es à la nuit ?
Marmoset : Je suis arrivé à Paris assez jeune et j’ai eu la chance d’avoir sur place une sœur et des ami.e.s qui m’ont astucieusement dirigé vers le clubbing queer de qualité. Je venais de Lyon, j’étais très techno, en quête de garçons, de sueur et de boum boum. Et c’est assez facile de rencontrer du monde, des DJs, des performeurs, des orgas, des gens qui vous donnent envie de participer à l’aventure.
Tiggy : On s’est rencontré en club il y a environ trois ans avec Marmoset et on a continué à beaucoup sortir ensemble au fil du temps. L’envie de devenir acteurs et non plus seulement spectateurs de la nuit est arrivée très naturellement.

Y a-t-il quelque chose qui manque aux nuits parisiennes ?
Tiggy : Encore plus d’offre et de possibilités, j’aimerais avoir envie de sortir tous les week-ends pour ne pas louper telle ou telle soirée, je trouve qu’on est encore malheureusement trop peu en termes de soirées queer.
Marmoset : Oui pareil, faudrait voir très large. Les lieux intramuros sont souvent guindés, mal foutus, peu permissifs. Aussi il faudrait que chacun.e prenne l’initiative de proposer un truc nouveau, genre un sexclub all genders happy hardcore avec des toboggans et des piscines à boules.


La référence au mouvement Club Kids est explicite dans le nom du collectif et par ailleurs, pourquoi comment et jusqu’où ?
Tiggy : L’identité clubkid, au-delà du mouvement original new yorkais, est au cœur de toutes nos démarches en club. Dans un Paris où les clubs deviennent guindés et que l’offre queer reste limitée, nous avions simplement envie de remettre à l’ordre du jour le fait de s’amuser, se lâcher et se rencontrer en soirée. L’aspect plastique intimement lié au mouvement est aussi très important pour nous : apporter au club du costume, du maquillage, des identités propres pour en faire un lieu en marge.
Marmoset : C’est à la fois un hommage, une inspiration et une revendication. On ne clame pas qu’on est leurs héritiers uniques ou leurs copies conformes, par contre on essaie de faire vivre un esprit qu’il n’y avait pas ou plus en France. Les Club Kids, ce sont celles et ceux qui tournent en dérision les tenues de club, qu’elles soient chics ou faussement trash, qui bricolent des looks avec du carton et des peluches, qui investissent les scènes et les salles pour montrer au monde une face queer fière de sa queerité. On n’essaie pas de faire une OPA sur elles et eux, on montre aussi les sons, les looks, les décors, la production artistique qu’il y a eu grâce aux Club Kids aux US et en UK depuis 30 ans.

Calling Marian (Conspiration) sera à la Chaufferie le 26

Michael Alig ou Ru Paul ?
Tiggy : James St James
Marmoset : Nina Hagen

Deux ou trois choses qui nourrissent votre univers visuel ?
Marmoset : L’eurodance / JouéClub / Le linge de maison
Tiggy : Les Minikeums / Tumblr / Elmo

Les producers et Dj du moment que vous kiffez le plus ?
Tiggy : Marmoset s’occupe de la programmation musicale, moi je suis juste là pour qu’on invite Desireless.
Marmoset : Déjà moi je ne suis clairement pas contre Desireless. Mon chouchou DJ c’est évidemment Die Klar, après en vrac je peux citer tout L.I.E.S. Records, Femanyst/Lady Blacktronika, La Fraicheur, ou notre pineco Calling Marian. Mais je regarde surtout dans le passé donc mes crushs musicaux sont plutôt du côté de Art of Trance, Flexx ou Blümchen.


En janvier ce sera la 9ième KG, un petit point route : quel regard sur le chemin parcouru, des envies pour le futur ?
Marmoset : Pour l’instant on navigue à vue et on ne présume de rien, toute la team est méga fière d’avoir su porter ce projet en amateur, avec beaucoup de création et une entrée pas chère. On essaie de se renouveler sans cesse, et de garder le même esprit tout en grandissant assez vite.
Tiggy : On fera un vrai point à la 100e ; des envies beaucoup, des projets aussi. Peut-être voir du pays, aller faire danser d’autres villes

La Wet for me c’est quoi pour vous ?
Tiggy : L’un des monuments de la nuit parisienne, le monument de la nuit des parisiennes.
Marmoset : La meilleure occasion de se retrouver tout.e. mouillé.e

Un mot d’ordre pour une belle nuit ?
Marmoset : Tout peut être une tenue.
Tiggy : Respect & Redbull.

 

Photos : Jean Ranobrac

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

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