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Où commence le cul?

Ca commence où le cul ? Quelque part au sud des reins, à la naissance des fesses ou bien entre elles ? Dès qu’elles sont caressées où dès qu’un doigt s’insère ? Ça commence quand la baise ? Ça veut dire quoi faire l’amour ? De quoi parle t’on lorsqu’on dit « On a couché ensemble » ?

Je me souviens qu’il y a quelques années je ne savais pas quoi répondre lorsqu’on me demandait si j’avais déjà couché avec des hommes. Tout d’abord parce que j’entendais dans cette question un jugement du style « Comment peux-tu savoir que tu n’aimes pas les hommes si tu n l’as jamais vraiment fait avec eux ? ». Ensuite, parce que cela voulait dire que si je n’avais été  « que » pénétrée digitalement par un homme, cela voulait dire que ça ne comptait pas, ce qui impliquait également – et pourquoi cela changerait d’ailleurs ? – que des femmes entre elles, sans pénis, ne baisaient pas vraiment. Cette question amenait aussi à penser qu’un couple hétéro ne baisait pas vraiment si le mec ne mettait pas son pénis dans le vagin de le nana.

Dans cette question, je n’entendais que l’exclusion qui était faite de toutes les personnes qui ne baisaient pas comme on croit que tout le monde baise, qui n’impliquait pas forcément le coït à leurs rapports sexuels. Tout ce qui n’est pas coït est alors appelé préliminaires ou masturbation mutuelle. Dans le langage courant, baiser signifie pénétrer ou être pénétrée. Souvent, cela doit impliquer un pénis.

Au-delà du sous entendu de ce genre d’affirmation, c’est à dire que les lesbiennes ne baisent pas vraiment, c’est notre définition de ce qu’on appelle coucher, faire l’amour, baiser, niquer qui est à revoir…si tant est d’ailleurs que nous ayons réellement besoin de définir ces termes.

Parce que dans le dictionnaire, rien n’est vraiment dit sur ce qui est impliqué dans l’acte de coucher. Lorsque je parlais de mes relations sexuelles avec les hommes, même parmi les lesbiennes, c’était un sujet à discussion, certaines affirmant que je n’avais jamais vraiment baisé avec un homme, en ajoutant que ce n’était pas pareil avec un homme et une femme.

Or, que dire des couples hétéros qui ne pratiquent pas forcement le coït vaginal ? Cela veut-il dire qu’eux aussi ne baisent pas vraiment ? J’avais même entendu dans une conversation qu’une relation sexuelle sans orgasme n’était pas vraiment une relation sexuelle.

Mais c’est quoi, concrètement, avoir une relation sexuelle ? Ca veut dire quoi baiser ?

Faut-il absolument ressentir un plaisir absolu ? Faut il que les deux sexes se touchent, faut-il pénétrer ou être pénétré-e ? Est-ce aussi binaire que cela ? Est-ce que cela ne change pas d’une partenaire à une autre, d’une humeur à une autre, d’un lieu, d’un moment à un autre ?

J’ai alors questionné mon entourage sur leur définition du cul, sur ce que cela impliquait pour elles, baiser, faire l’amour.

Evidemment, je n’ai pas eu de surprise dans la mesure où je savais bien que j’entendrais milles définitions différentes.

Alors que pour certaines, faire l’amour commence par le baiser, pour d’autres, cela ne peut pas être une relation sexuelle sans plaisir, ou même, sans orgasme. Pour d’autres encore, baiser signifie que cela inclue au moins un sexe, et pour d’autres enfin cela inclue des pratiques qui ne mettent en scène que d’autres parties du corps. Par ailleurs dans certains rapports BDSM, quelques personnes vont dire qu’elles ont baisé avec une telle sans que le sexe n’ai été impliqué alors que leur partenaire de l’occasion ne va pas forcement voir cela de la même manière. Et parmi les couples que j’ai interrogés également, les définitions différaient. Enfin, j’ai parfois pu m’apercevoir chez certaines amies que leur définition de l’acte sexuel changeait à plusieurs mois d’intervalle.

Cette définition de faire l’amour, aussi fluide finalement que tout ce qu’on met derrière le couple, notre orientation sexuelle et amoureuse ou notre genre est assez absurde finalement. C’est absurde parce qu’elle peut varier d’une personne à une autre, d’un moment à un autre suivant le désir, l’intensité, le moment.

On peut mettre un doigt à une fille sans dire qu’on a couché avec, et au contraire, on peut seulement bouger lascivement toute habillée sur une autre, et dire qu’on a fait l’amour.

Alors, à la question « C’est quoi baiser? », on devrait plutôt répondre « Pourquoi vouloir définir quelque chose de fluctuant ? »

Ainsi, la prochaine fois que vous direz que vous avez baisé avec quelqu’unE, ne vous sentez pas obligée de vous justifier. Si vous le ressentez comme cela, c’est que ça s’est passé.

Sarah

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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15 Comments

  1. oliva says:

    Là où c’est encore plus paradoxal ce sont ces couples hétéros qui veulent de me faire entendre que je ne fais pas vraiment l’amour quand je suis avec une fille, mais qui 3 mois plus tard vont m’expliquer qu’ils ont découvert l’orgasme tantrique….
    Merci pour avoir soulevé cette question Sarah !

  2. Spook says:

    Voilà ! Merci pour cet article ! Enfin quelqu’un qui cogite un peu.

  3. JJett says:

    Merci pour cet article lumineux! Merci!

  4. Cam says:

    Rah ouais le nombre de fois où ont m’a fait ce genre de remarques… C’est lassant à force ce déni de la relation sexuelle entre filles, je suis tout à fait d’accord sur ce point : on a fait l’amour quand c’est ce qu’on a perçu des faits. Au final la pénétration n’est qu’un élément parmi d’autre de l’action de faire l’amour. Et si je dis que j’ai couché avec une fille, quoi qu’il se soit passé si pour moi c’était baiser bah c’est que j’ai couché avec merde ! XD

  5. Rosalie says:

    depuis le tps que tu voulais l’ecrire cet article Sarah…ben voilà c’est fait. Conclusion : chacun a sa definition !

  6. timide says:

    ah ! sarah ! :-) je t’adore et je ne devrais pas.

    bref ! tout ça pour te dire que suite à ton article, je pense que le cul commence là où la volonté s’affirme. tout simplement : rien que penser et dire “toi, j’te baise”, c’est du cul à volonté, à 100%, à part entière donc. constat : c’est génial et en même temps, c’est super chiant.

    bon voilà, je retourne à mes recherches d’emploi.
    votre dévoué(e) timide

  7. cham says:

    Et “sortir” avec une fille un soir, un mois, un an, ça commence où dites ?
    ça se définit à partir de quoi de partagé ? :D

  8. Modern Eyes says:

    bien timide, bien ! :-) quelle imagination débordante.

    pour ma part, j’ajouterai à l’occasion de cet article stimulant que le cul pourrait inconditionnellement bien commencer là où la prise de tête dans le prisme qui rassemble ou oppose (je ne sais pas) l’idéologie de relation exclusive (mono) à celle de la relation inclusive (poly)” s’arrête !?!

    pourrait-on également imaginer que le cul pourrait autant devenir romantique là où le prisme de la pma et de la gpa prend sa base. et pourquoi pas après tout hein ?

    “Alors, à la question « C’est quoi baiser? », on devrait plutôt répondre « Pourquoi vouloir définir quelque chose de fluctuant ? »”

    au-delà de l’aspect générationnel de la dimension, même si c’est une vraie question, je serais ponctuellement plutôt d’accord avec sa conclusion !

    c’est la réalité même qui est fluctuante. c’est peut-être ce qui la rend si difficile (la réalité) a saisir (dans le sens de comprendre) et ce qui motive aussi à ne pas la renoncer pour les plus acharné(e)s.

    dans tous les cas, outre “les polémiques à toxines”, que cela soit baiser ou faire l’amour, tout ceci sait réellement commencer là où il y a “connaissance et représentation de soi-même” (n.chetcuti) en tant qu’individu de et dans la société.

  9. Lubna says:

    tu te parles à toi même Timide ?

  10. Western eyes says:

    ???

  11. Tomate Verte says:

    Dans ma jeunesse lointaine, on ne disait pas “j’ai baisé” mais “je suis sortie avec”, prude expression qui permet de mettre tout et n’importe quoi dedans, toutes les pratiques, tous les fantasmes, ce qui est raté et ce qui est réussi, sans avoir à préciser jusqu’où on est allées, ni ce qu’on a fait et pas fait, et qui a fait quoi. Car comme conclut l’article, tout n’est qu’appréciation personnelle subjective : j’ai baisé si je pense que j’ai baisé. “Quiconque regarde une femme pour la désirer, a déjà couché avec elle dans son coeur” disait quelqu’un de connu. Penser, ressentir, c’est déjà faire.

  12. Western eyes says:

    bien T.V ! vraiment bien ! c’est une citation de jésus dans l’évangile selon saint-mathieu que tu nous balances là. :-)

    @Lubna,

    oui ! :-)

  13. Sarah says:

    @timide/ modern eyes / western eyes @lubna

    hahahahaha !

  14. Western eyes says:

    @Sarah @Lubna @Barbieturix

    arf ! :-)

  15. LéA says:

    Prenons les choses du bon côté (la conclusion me plaît bien au fait ! C’est comme on le sent !) : A défaut de définir, ponctuellement, décrire fera l’affaire !

    Car ce “problème” de vocabulaire nous “oblige” à donner plus de détails… Donc plus d’histoires à raconter, plus d’histoires à écouter… Personnellement je ne m’en plains pas !^^

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