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“Le bleu d’Adèle”, tribune de Julie Maroh

La couleur d’origine

Voilà bientôt deux semaines que je repousse ma prise de parole quant à La vie d’Adèle. Et pour cause, étant l’auteure du livre adapté, je traverse un processus trop immense et intense pour être décrit correctement.Ce n’est pas seulement à propos de ce que Kechiche a fait. C’est un processus à propos de l’idée de la répercussion de nos actes, d’écrire une ridicule histoire l’été de mes 19 ans et d’arriver à… « ça » aujourd’hui. C’est un processus à propos de l’idée de prendre la parole et transmettre sur la Vie, l’Amour, l’Humanité en tant qu’artiste, de manière générale. C’est un processus à propos de moi-même et du chemin que j’ai choisi. Donc, oui… je suis traversée d’un sentiment indescriptible à propos de la répercussion. De se lever et de parler, et où cela peut mener. Moi ce qui m’intéresse c’est la banalisation de l’homosexualité.

Je n’ai pas fait un livre pour prêcher des convaincu-e-s, je n’ai pas fait un livre uniquement pour les lesbiennes. Mon vœu était dès le départ d’attirer l’attention de celles et ceux qui:

- ne se doutaient pas

- se faisaient de fausses idées sans connaître

- me/nous détestaient

Je sais que certains sont dans un tout autre combat: garder cela hors-norme, subversif. Je ne dis pas que je ne suis pas prête à défendre cela. Je dis simplement que ce qui m’intéresse avant tout c’est que moi, celles/ceux que j’aime, et tous les autres, cessions d’être:

- insulté-e-s

- rejeté-e-s

- tabassé-e-s

- violé-e-s

- assassiné-e-s

Dans la rue, à l’école, au travail, en famille, en vacances, chez eux. En raison de nos différences. Chacun aura pu interprété et s’identifier au livre à sa convenance. Je tenais toutefois à repréciser le point de départ. Il s’agissait également de raconter comment une rencontre se produit, comment cette histoire d’amour se construit, se déconstruit, et ce qu’il reste de l’amour éveillé ensemble, après une rupture, un deuil, une mort. C’est cela qui a intéressé Kechiche. Aucun de nous n’avait une intention militante, néanmoins j’ai très vite pris conscience après la parution du Bleu en 2010 que le simple fait de parler d’une minorité telle qu’elle soit participe à en défendre la cause (ou le contraire, selon.) et que cela nous dépasse complètement.

Le dégradé de la BD jusqu’au film

 

Kechiche et moi nous sommes rencontrés avant que j’accepte de lui céder les droits d’adaptation, c’était il y a plus de 2 ans. J’ai toujours eu beaucoup d’affection et d’admiration pour son travail. Mais surtout c’est la rencontre que nous avons eue qui m’a poussée à lui faire confiance. Je lui ai stipulé dès le départ que je ne voulais pas prendre part au projet, que c’était son film à lui. Peut-être est-ce ce qui l’a poussé à à me faire confiance en retour. Toujours est-il que nous nous sommes revus plusieurs fois. Je me souviens de l’exemplaire du Bleu qu’il avait sous le bras: il ne restait pas un cm2 de place dans les marges, tout était griffonné de ses notes. On a beaucoup parlé des personnages, d’amour, des douleurs, de la vie en somme. On a parlé de la perte du Grand Amour. J’avais perdu le mien l’année précédente. Lorsque je repense à la dernière partie de La vie d’Adèle, j’y retrouve tout le goût salé de la plaie.

Pour moi cette adaptation est une autre version / vision / réalité d’une même histoire. Aucune ne pourra annihiler l’autre. Ce qui est sorti de la pellicule de Kechiche me rappelle ces cailloux qui nous mutilent la chair lorsqu’on tombe et qu’on se râpe sur le bitume.

C’est un film purement kéchichien, avec des personnages typiques de son univers cinématographique. En conséquence son héroïne principale a un caractère très éloigné de la mienne, c’est vrai. Mais ce qu’il a développé est cohérent, justifié et fluide. C’est un coup de maître.

N’allez pas le voir en espérant y ressentir ce qui vous a traversés à la lecture du Bleu. Vous y reconnaîtrez des tonalités, mais vous y trouverez aussi autre chose.

Avant que je ne vois le film à Paris, on m’avait tellement prévenue à coups de « C’est librement adapté hein, ohlala c’est très très librement adapté », je me voyais déjà vivre un enfer… Chez Quat’Sous Films se trouvait tout le découpage des scènes filmées, épinglé au mur en petites étiquettes. J’ai battu des paupières en constatant que les deux-tiers suivaient clairement le cheminement du scénario du livre, je pouvais même en reconnaître le choix des plans, des décors, etc.

Comme certains le savent déjà, beaucoup trop d’heures ont été tournées, et Kechiche a taillé dans le tas. Pourtant, étant l’auteure du Bleu j’y retrouve toujours beaucoup du livre. C’est le cœur battant que j’en reconnais tout mon Nord natal tel que j’avais tenté de le retranscrire en images, enfin « réel ». Et suite à l’introduction de ma déclaration ici je vous laisse imaginer tout ce que j’ai pu ressentir en voyant défiler les plans, scènes, dialogues, jusqu’aux physiques des acteurs et actrices, similaires à la bande dessinée.

Donc quoi que vous entendiez ou lisiez dans les médias (qui cherchent souvent à aller à l’essentiel et peuvent facilement occulter certaines choses) je réaffirme ici que oui, La vie d’Adèle est l’adaptation d’une bande dessinée, et il n’y a rien de mal à le dire.

Quant au cul

 

Quant au cul… Oui, quant au cul… Puisqu’il est beaucoup évoqué dans la bouche de celles et ceux qui parlent du film… Il est d’abord utile de clarifier que sur les trois heures du film, ces scènes n’occupent que quelques minutes. Si on en parle tant c’est en raison du parti pris du réalisateur.

Je considère que Kechiche et moi avons un traitement esthétique opposé, peut-être complémentaire. La façon dont il a choisi de tourner ces scènes est cohérente avec le reste de ce qu’il a créé. Certes ça me semble très éloigné de mon propre procédé de création et de représentation. Mais je me trouverais vraiment stupide de rejeter quelque chose sous prétexte que c’est différent de la vision que je m’en fais.

Ça c’est en tant qu’auteure. Maintenant, en tant que lesbienne… Il me semble clair que c’est ce qu’il manquait sur le plateau: des lesbiennes.

Je ne connais pas les sources d’information du réalisateur et des actrices (qui jusqu’à preuve du contraire sont tous hétéros), et je n’ai pas été consultée en amont. Peut-être y’a t’il eu quelqu’un pour leur mimer grossièrement avec les mains les positions possibles, et/ou pour leur visionner un porn dit lesbien (malheureusement il est rarement à l’attention des lesbiennes). Parce que – excepté quelques passages – c’est ce que ça m’évoque: un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn, et qui m’a mise très mal à l’aise. Surtout quand, au milieu d’une salle de cinéma, tout le monde pouffe de rire. Les hérétonormé-e-s parce qu’ils/elles ne comprennent pas et trouvent la scène ridicule. Les homos et autres transidentités parce que ça n’est pas crédible et qu’ils/elles trouvent tout autant la scène ridicule. Les seuls qu’on n’entend pas rire ce sont les éventuels mecs qui sont trop occupés à se rincer l’œil devant l’incarnation de l’un de leurs fantasmes.

Je comprends l’intention de Kechiche de filmer la jouissance. Sa manière de filmer ces scènes est à mon sens directement liée à une autre, où plusieurs personnages discutent du mythe de l’orgasme féminin, qui… serait mystique et bien supérieur à celui de l’homme. Mais voilà, sacraliser encore une fois la femme d’une telle manière je trouve cela dangereux.

En tant que spectatrice féministe et lesbienne, je ne peux donc pas suivre la direction prise par Kechiche sur ces sujets. Mais j’attends aussi de voir ce que d’autres femmes en penseront, ce n’est ici que ma position toute personnelle. Quoi qu’il en soit je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l’adaptation d’une œuvre est à revoir, selon moi. Car j’ai perdu le contrôle sur mon livre dès l’instant où je l’ai donné à lire. C’est un objet destiné à être manipulé, ressenti, interprété.

Kechiche est passé par le même processus que tout autre lecteur, chacun y a pénétré et s’y est identifié de manière unique. En tant qu’auteure je perds totalement le contrôle sur cela, et il ne me serait jamais venu à l’idée d’attendre de Kechiche d’aller dans une direction ou une autre avec ce film, parce qu’il s’est approprié – humainement, émotionnellement – un récit qui ne m’appartient déjà plus dès l’instant où il figure dans les rayons d’une librairie.

La palme

 

Cette conclusion cannoise est évidemment magnifique, à couper le souffle. Comme évoqué dans mon introduction, tout ce qui me traverse ces jours-ci est tellement fou et démesuré que je ne saurais vous le retranscrire. Je reste absolument comblée, ébahie, reconnaissante du cours des événements. Cette nuit j’ai réalisé que c’était la première fois dans l’histoire du cinéma qu’une bande dessinée avait inspiré un film Palme d’Or, et cette idée me laisse pétrifiée. C’est beaucoup à porter.

Je tiens à remercier tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écœurés que Kechiche n’ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu’il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j’avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir – même une heure – sur le tournage du film, de n’avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod’ entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n’avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011. Mais à ceux qui ont vivement réagi, je tiens à dire que je n’en garde pas d’amertume. Il ne l’a pas déclaré devant les caméras, mais le soir de la projection officielle de Cannes il y avait quelques témoins pour l’entendre me dire « Merci, c’est toi le point de départ » en me serrant la main très fort.

Julie Maroh

Son blog

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23 Comments

  1. “Total respect”, comme dit Kantchev. OK.

    Mais de ne garder aucune amertume, je vous trouve d’une rare grandeur d’âme …

  2. timide says:

    “Surtout quand, au milieu d’une salle de cinéma, tout le monde pouffe de rire.”

    l-o-l !

    sinon, bien ! je viens de télécharger la version numérique de la b.d de julie maroh pour 9 euros sur le web. #c’estmacontributionactiveartisteL

    @julie maroh,

    quelle rencontre humaine extraordinaire entre vous et ce cinéaste, c’est rare, voire unique la b.d au cinéma !!! je vous remercie d’avoir partagé vos impressions directes.

    et je ne saurais jamais assez remercier les barbi(e)turix qui (dans leur propre bulle) savent si bien prendre le temps de libérer les expressions de la “diversité militante”, cela avec authenticité, patience, modestie et endurance.

  3. Léo ... says:

    bravo D’ju !!!

  4. Le Veilleur says:

    “Les seuls qu’on n’entend pas rire ce sont les éventuels mecs qui sont trop occupés à se rincer l’œil devant l’incarnation de l’un de leurs fantasmes.”

    Et oui, évidemment, on s’en serait douté, si les gens rient pas c’est que forcément ce sont “d’éventuels mecs occupés à se rincer l’oeil”, l’hétéro ce salopard, et pas du tout soit que la scène est appréciable donc pas objet de rire ou encore que ce sont des lesbiennes occupés à se rincer l’oeil devant leur quotidien mais interprétés par des trés jolies jeunes filles…

    Car l’auteure en plus d’être écrivain, a aussi le don d’ubiquité qui lui permet d’être dans tous les sièges à la fois, et donc de voir qui parmi les spectateurs de la salle s’esclaffent ou pas et bien sûr le genre de la personne qui s’esclaffe…. Affligeant d’hétérophobie (oui je l’ose, ça me gonfle de voir des gens se poser en victime en établissant un procès d’intention à un autre genre que le leur, je le dis tout net, ça me les brise :) )

  5. Francis van den Heuvel says:

    Chere Julie Maro,

    J,ai lu votre lettre avec des larmes aux yeux….Je compatis avec vous. Je compatis également a la frustration de tout l’équipe technique de ce film absent du générique….C’est le comble de l’odieux….Et je demuere poli.!!!!

    J’avais lu votre livre Le bleu est une couleur chaude en 2011 et je me suis dit un jour j’en ferai une adaptation cinématographique….Hélas d’autres projets m’ont retenu et j’ai appris que Kechiche en faisait un film….Il a du talent ce Monsieur mais a mes yeux c’est un ignoble ”trou du cul”…. Voila c’est dit!!!

    Francis van den Heuvel
    Producteur/Réalisateur

  6. Tomate Verte says:

    A. Kechiche “un ignoble trou du cul” ???!!!!! Je suis choquée et sidérée. Mais c’est quoi ça “Francis van den Heuvel” ? ce mec c’est une joke ou quoi ??!!!

  7. timide says:

    c’est un ignoble ”trou du cul”….

    en québécois, ben ça doit donné tiens !

    “Tabernacle” mdr ! “ostie” !!!

    Francis van den Heuvel … just gô hôme !!!

    …. boît’ à suc’ !

  8. timide says:

    … tête à clak !!!

    hu hu hu !

  9. J’aimerai bien avoir les cheveux bleus. :)
    Merci.
    SB

  10. J’aimerais bien avoir les cheveux bleus. :)
    Merci.
    SB

  11. crashtest says:

    Renseignez vous plutôt sur la facon dont Kechiche travaille avant de crier au scandal. Oui, c’est un enfoiré. Avec du talent, mais un enfoiré.

  12. FranK says:

    Superbe démonstration de ce qu’est un “trou du cul”, probablement une personne qui s’imagine que seul Scorsese peut juger Kechiche et qu’il faut être “quelqu’un” pour pour avoir l’outrecuidance de dire ce qui, selon toutes probabilités, est une réalité.
    Ça n’en fait pas moins un grand réalisateur, doublé d’un sociopathe et d’un trou du cul accessoirement….
    Quoi qu’il en soit, merci Julie pour ce billet. C’est la chose la plus juste et mesurée que j’ai entendu (ou lu) sur ce film.

  13. “C’est un processus à propos de l’idée de prendre la parole et transmettre sur la Vie, l’Amour, l’Humanité en tant qu’artiste, de manière générale.”
    Bravo, c’est exactement ça, dit comme ça. Aujourd’hui, on croit qu’il faut faire toujours plus gore, plus trash, plus violent ou haineux pour être reconnu en tant qu’artiste, avec en plus le prétexte cache-misère que “la société est comme ça, alors je crée comme ça”.
    Pour que la société ne soit plus “comme ça”, il faut justement que des artistes comme vous et d’autres prennent le risque d’imaginer le monde et la vie autrement, le risque de transmettre sur la Vie, l’Amour, l’Humanité. Et parfois, ce risque paye : bonne Palme à l’auteur !

  14. timide says:

    “un enfoiré” maintenant !!! … de l’usage d’internet chez la plèbe non romaine …

    #delahontepaganisteenpagaille
    #jen’adhèrepasdutout

    #jepréfèrelabeauté
    #musickeepsuswarm
    #Ilovebarbi(e)turix.com

    http://www.barbieturix.com/2013/02/05/3654/

  15. Céline says:

    Bonjour Julie,

    Je viens de lire votre article et je suis émue de tant de générosité et d’humanité. vous avez tout compris de la vie et des relations humaines.

    Je n’irais pas voir ce film malgré sa palme car je ne veux cautionner les conditions de travail scandaleuses pratiquées sur le tournage. Je suis moi-même costumière et j’ai vécu ce genre de brimades et harcèlement moral et on se reconstruit très difficilement après….
    Je peux vous confirmer que certains réalisateurs oublient trop souvent qu’au delà des comédiens, il y a des techniciens, talentueux, près à suivre leur metteur en scène jusqu’au bout du monde pour faire exister une oeuvre!
    Je n’irai donc pas voir “La vie d’Adèle” mais je vais m’empresser de lire ” Le Bleu d’Adèle”, votre livre Julie .

    Toutes mes amitiés,
    Céline

  16. camille says:

    Très belle article et 100% d’accord avec Francis van den Heuvel sur le réalisateur. Quand on voit sa façon honteuse de traiter les intermittents du spectacle et de se gargariser de succès pré existants pour s’en huiler. Enfin ouais ce mec est un trou du cul.

    Sinon sublime bd, sublime article et très bon film pour avoir eu la chance du pass noir et de l’accès à la projection.

  17. timide says:

    moi, j’suis trop d’accord avec les inrocks.

    http://yagg.com/2013/05/29/les-inrocks-disent-stop-au-kechiche-bashing/

    “stop bashing kechiche” ! ça sonne trop bien, et c’est vraiment trop good.

    #touchepasàmontrouducul
    #ettouchepasàmonpotenonplustiens !
    #tantqu’onyest.

  18. Loisvaine says:

    Julie,

    Encore bravo pour votre tribune et article, votre humilité, votre humanité et votre douceur… Et surtout votre BD magnifique !
    Je remercie ce film pour le simple fait de m avoir fait connaître votre “Le Bleu est une couleur chaude” et votre talent.
    Je vous souhaite une excellente continuation et une belle carrière artistique à venir pour vous, gardez cette bonté, cette générosité et cet Amour que l on sent dans vos propos et dessins.
    Cordialement.
    Manon Loisvaine

  19. Chère Julie…
    je peux vous garantir que dans la séance de presse à Cannes, où il y avait environ 800 journalistes, personne n’a rigolé pendant les séquences “de cul”…
    Amitiés!

  20. Bill says:

    Attention ! Il est impossible de lire un e-pub illustré sur ordinateur, il faut une tablette ou un i-phone, ex…

  21. smile says:

    Je déterre… à propos du film …”quant au cul”…

    Qlq années ont passé et j’ai re-regardé le film.
    Histoire de ne pas rester sur une très mauvaise impression…
    Il n’y a pas à dire, la scène de cul me met mal à l’aise … c’est une scène de cul et non une scène sur la sexualité lesbienne. Ça ne semble pas « jouir » du côté de la spectatrice lesbienne, c’est même le contraire, on ressent une sorte de malaise en visionnant cette scène…
    Je me suis donc demandée pourquoi ?
    N’ayant aucun problème avec ma sexualité (lesbienne)…

    Le désir me semble absent de la scène, à croire que la sexualité lesbienne ne serait que purement mécanique avec un enchainement de positions, une sorte de performance porn.
    J’ai eu l’impression d’être mise dans une position de spectatrice un peu spéciale, dans la position du « pervers »… du “voyeur”, plutôt que de m’identifier aux protagonistes…
    Avec aucun appui possible dans ce qui m’était proposé (imposé) à voir, à part me dire … ho ! Elles ont un beau cul ! Ho ! épilation ! Ho ! C’est direct l’orgasme ! Ho ! ça recommance ! Ho ! Vivement que ça termine… un peu plus on avait le droit au fist …

    Si c’est de la passion amoureuse qu’il voulait traiter, à mon avis, le réalisateur s’est carrément lourdé !
    Montrer des corps « jouir » comme de la viande, ça n’a rien de la passion charnelle !
    Cette scène me fait penser à 2 hétéros qui tenteraient de se prouver qu’elles peuvent essayer d’avoir des orgasmes… sorte de performeuses du porn (ça a du être violent pour les actrices ce truc à tourner) , des corps objets excités qui ne cherchent à « décharger » sans partager… bref c’est réaliste comme du porn et c’est ce qui me dérange dans ce film… c’est ce coté obscène, ce côté graveleux et cette façon pervers de représenter les choses…

    En fait, Je crois que je me suis sentie trahit de voir comment Abdellatif Kechiche a traité de la sexualité lesbienne… ( parce qu’il a beau dire ce qu’il veut… c’est avant tout un film « gay »)

    Oui, parce que ça me dérange (en tant que lesbienne) qu’un hétéro se permette de traiter la sexualité lesbienne de la sorte et qu’on crie au génie en lui donnant une Palme d’or !
    Je me demande si le film aurait eu sa palme sans cette scène de cul … j’en doute !
    Et pourtant, cette scène est loin d’être «génialissimement » traitée !
    … cherchez l’erreur …
    :)

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