Les Îles Ordinaires

HEU et les îles ordinaires

Lou, aka Heu, membre du crew Barbi(e)turix, est également un artiste de talent. Vous le lisez régulièrement, on vous propose à présent de l’écouter avec la sortie de son EP, les îles ordinaires. Lou fait de la musique depuis 15 ans et m’a confié avoir écrit sa première chanson il y a 3 ans. Son projet Heu est né au bord de la mer et s’est construit en voyageant outre-Atlantique, entre les ciels d’Islande et la pluie de Lille.

Il nous présente son premier EP Les Îles Ordinaires, sorti le 21 Mars dernier; un très beau disque de quatre chansons sans artifices dans lesquelles la nature se mêle aux sentiments. Une musique qui n’est pas sans rappeler celle de PJ Harvey mais aussi celle de l’artiste Suédois José González, artiste qui fait d’ailleurs partie de ses influences, tout comme Big Thief, Laura Gibson, Klô Pelgag, Philémon Cimon ou encore Bob Dylan.

Accompagné de sa guitare acoustique et de quelques notes d’Harmonica, Heu chante une folk douce-amère dans un français plein d’images. Il se veut barde, tel un passeur de mots et de silences. En effet, c’est avec une poésie rare que Heu nous raconte des histoires et chante la mélancolie avec l’eau comme fil conducteur. Son titre “Les Saisons Distraites” parle du temps qui passe, de l’été à l’automne, des ombres qui la nuit viennent nous jouer des tours, se demandant même s’il a connu un jour le doux bruit des vagues: “Je n’ai jamais vu la mer, ou bien je l’ai oubliée”. S’en suit “Averse à mi-nuit” qui décrit avec pudeur et finesse l’agitation provoquée par une insomnie durant laquelle quelques larmes seront versées.

De toutes ces belles lignes, je retiens celle-ci: “Bordée de roses, l’aurore se lève derrière ton lit”.

Les deux autres morceaux La Planche et Rivière, donnent à voir sans difficulté les beaux et froids paysages de l’Europe du Nord : “Sur des eaux de glace au goût d’acier”, décrivant des scènes de vie aussi belles qu’ordinaires: “Certains vont pêcher à pied ou à voile, d’autres les regardent faire”.

 Dans ce monde à cent à l’heure, sa voix paisible et sa plume nous donnent l’impression de pouvoir arrêter le temps.

Comme il le dit lui-même, “Heu est l’onomatopée du doute, de l’indécision. C’est le goût pour les moments de suspension, où l’on ne sait pas trop quoi ressentir, pas trop quoi penser”. Pourtant, c’est sans hésitation que le chanteur nous émeut. C’est tout-à-fait le genre de chansons qu’on aimerait entendre dans un beau film, une B.O rêvée pour des moments intemporels.

À écouter sans modération.

Blandine

Sosie non officielle d'Ellen Page avec la coupe de Tegan et Sara. Artiste en musique électronique et apprentie rédactrice web. Aime l'eau gazeuse et les pâtes au pesto.

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