sorcières

Les sorcières, la web série !

Vous avez toujours pensé que la saga Harry Potter aurait du s’axer autour d’Hermione Granger ? Les sorcières arrivent ! Une Web série faite par une équipe queer.

Depuis quelques années, le mouvement féministe et les femmes se réapproprient cette figure légendaire. Brûlées, chassées et mises a mort, le terme n’a pas toujours été revendiqué. Au-delà du côté fantasmé, l’image de la sorcière a surtout été utilisé pour les femmes indépendantes qui ne voulaient pas vivre sous l’autorité des hommes, des femmes savantes ( le parallèle entre  sorcière/potions magiques et soignante / herbes médicinales n’est pas loin). D’ailleurs on vous avait déjà concocté un article à ce sujet il y a quelque temps.

C’est donc dans cette mouvance de réappropriation du terme que la websérie “ sorcières” fait son entrée, sauf qu’elle ne se revendique pas seulement féministe, mais aussi queer et inclusive. Parce qu’autant le dire, depuis Charmed et Buffy des séries sur des sorcières ce sont vendues comme des petits pains, sans pour autant nous offrir satisfaction en terme d’inclusivité.  Personne, n’a encore pardonné la mort précoce de Tara après trop peu d’épisodes de romance. Ni même le manque de personnages racisés au centre des intrigues. C’est donc ce que nous promet la série durant 15 épisodes de 3 minutes, durant lesquels on découvrira le quotidien de trois sorcières aux problèmes bien réels.

Du coup, on a rencontré Blaise Benghiat, la scénariste et on lui à posé quelques questions !

Salut Blaise, tu peux nous en dire un peu plus sur cette nouvelle série dont tu es la scénariste ? Qu’est-ce qui t’a poussé à la créer ?

Ça existe, le burn-out militant ? Par ce que je ne devais pas en être loin. J’arrivais à un moment où j’avais envie d’un militantisme plus concret, plus construit. De fournir un travail qui serait accessible pour les personnes les moins sensibilisées. D’être le plus « entendable  » possible. Il fallait donc dire adieu aux pas de fourmi…Et une fiction, une websérie d’humour semblait être le projet le plus ambitieux et fun à mener.

Est-ce que tu peux me donner quelques thématiques, sujets que vous allez aborder dans les épisodes à venir ?

Les vulves ! Sans déconner, l’épisode 1 parle de vulves. En vrac, ça va traiter de masturbation, de fringues, de gérer des relations avec plusieurs meufs à la fois, de managers macronisés et de collègues relous.

À l’exception de quelques séries (ndlr : Dear White People par exemple) le racisme est rarement une thématique abordée de front. Or dans la série deux des personnages principaux sont racisé.es, et le premier épisode dénonce un geste raciste. C’était une volonté forte que de rendre cette série inclusive à ce niveau ?

Je vais être très honnête : à la base, pas du tout. Ce n’est pas mon vécu, et je ne me voyais pas écrire là dessus. Et c’est là que la costumière, Ines rentre dans le game ( mercuredanstavie sur instagram). Elle m’a littéralement dit : si tu me veux sur le projet, better have my sisters too. C’est la meilleure meuf, et elle m’a aidé à orienter la série dans ce sens.

Tu possèdes déjà une chaîne YouTube ( la ChroNique )  où tu abordes différents sujets féministes et queer. Est-ce que la création de cette série était une nouvelle manière de faire de la sensibilisation ?

En fait, c’est carrément l’idée derrière la série. Créer du contenu militant, c’est bien, mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt si ce n’est consommé que par des militant·es. Ici, je voulais interpeller des personnes qui ne sont pas forcément sensibilisées. L’avantage de la fiction, c’est que pour une fois, ça paraît détendu, ça rassemble plein de publics différents. C’est un chouette «  pont  » entre les mondes.
Après, faut pas forcément se dire «  it’s a trap, fuyez, série militante  ». En tant que meufs, en tant que queers, on a été dépossédées de rôle modèle et de personnages à qui s’identifier, et on est juste super heureuses de pouvoir faire une série à notre image. L’existence même de personnages comme nous à l’écran est une manière de faire de la sensibilisation.

Quel est le message que tu veux faire passer aux personnes qui regarderont ta série ?

Je veux donner du courage aux personnes dans le même bateau que nous. Tu es une meuf précaire, queer, tu détestes ton boss et tu aimes parler de sexe ? T’es pas seule, viens rigoler avec nous.
T’es un mec cisgenre et hétéro, tu ne connais rien de notre univers, mais tu aimes les vidéos sur internet ? Viens rigoler.

Le trailer sorti le 5 mai, plante le décor.  Au programme des meufs, du queer, des sorcières et des formules magiques. Un décor qui permettra à la série d’aborder des sujets plus sérieux de la vie de tous les jours : féminisme, solidarité féminine, indépendance, racisme, précarité … le tout sur fond d’humour !
Bref, on ne peut que se réjouir d’un peu plus de représentativité dans nos séries!

N’hésitez pas à aller faire un tour sur leur page pour soutenir la série qui est en crowfunding

 

Roxanne Valin

Globe-trotteuse et passionnément tête en l’air, elle adoucit son côté radical par son amour des chaussettes pilou-pilou et des macarons pistache. Elle parle genre, lutte des classes et patriarcat sans invitation. Sa devise « the personal is political »

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