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Consentement et empathie avec Les culottées du bocal

Dans notre ligne de mire depuis sa création en 2015, la compagnie Les Culottées du bocal mêle déconstruction du patriarcat, rires et musique. On a fait d’une pierre deux coups, en allant voir leur nouveau spectacle Contes qui guérissent, contes qui aguerrissent et en discutant avec Anne, l’une des deux comédiennes sur scène.

BBX : Comment est née la compagnie ?

Elle est née à l’initiative de Laura, autrice de la conférence gesticulée sur le consentement, notre première proposition. La compagnie est une association créée autour de cette conférence. Il s’agissait de trouver un outil d’éducation populaire efficient et fonctionnel pour parler de la culture du viol. On propose aussi des ateliers autour du consentement, certains faits à la suite de la conférence et d’autres sont pensés de manière autonome pour des interventions en milieu scolaire ou auprès de personnels éducatifs

 

BBX : Pourquoi cette compagnie ?

C’est une nécessité politique au vu du monde dans lequel on est. La compagnie est aussi née du croisement de nos histoires interpersonnelles, d’une volonté de changement structurel. Malheureusement la culture du viol c’est ce qui fait le ciment de l’oppression patriarcale, c’est ce qui nous connecte les unes aux autres dans nos expériences vécues, on avait besoin de parler de ça, de comprendre, de comprendre que c’est aussi structurel, c’est une structure sociale, on peut la déconstruire pour en faire autre chose.

BBX : Les spécificités de vos propositions ?

Laura a été formée aux outils du théâtre de l’opprimé et du théâtre forum, qui sont des outils d’éducation populaire, comme biais pour à la fois expliquer, fournir des outils de lutte et des outils d’expression qui passent par l’émotionnel et où l’on peut quand même faire rire. Et nous avons par la suite développé de nouveaux outils comme la justice transformatrices ou les contes.

 

 

BBX : Contes qui guérissent, contes qui aguerrissent est un nouveau spectacle, comment l’avez-vous monté ?

C’est le premier spectacle jeune public qui a un peu évolué au départ il y avait deux versions, une version plutôt ado-adulte autour de la sororité, ce sont les contes que l’on a publiés, et une version plutôt jeune public, qui est celle du spectacle.

On avait écrit des contes sans forcément le savoir. Le mien, c’est une histoire que j’ai écrite depuis le Guatemala, où je faisais des ateliers avec des enfants dans les communautés mayas. J’avais monté un spectacle sur l’oppression des travailleurs sur l’oppression des travailleurs agricoles avec les ados, et pour le groupe d’enfant de 8-9 ans, j’avais écrit cette histoire là. Et c’est après cela que nous avons repris ce matériel, que nous l’avons re-travaillé, ré-écrit, et au fur et à mesure on a décidé de mettre en commun nos contes, en plus sans trop le savoir on avait toutes écrit des histoires connectées avec l’univers, les étoiles, la terre.

BBX : C’est un spectacle jeune public mais pas seulement !

Oui il est né de la volonté d’avoir desoutils éducatifs pour les plus jeunes, et des outils de guérison pour les plus anciens.nes. Moi j’ai été très impresionnée, on a joué ce spectacle en Bretagne devant des femmes âgées et elles étaient très émues, certaines ont pleuré en écoutant les contes.

On présente ces contes comme « féministes, thérapeutiques et émancipateurs », ce sont des grands mots, ça fait peut-être un peu peur, mais il y a cette volonté, ouvrir des imaginaires, nommer autrement la réalité, pour pouvoir réinventer, reconstruire et réparer.

BBX : Vous avez d’autres projets ?

La conférence tourne beaucoup, on aimerait aussi faire des ateliers autour du consentement et de l’empathie en milieu scolaire avec des jeux de société, des clips, pour fournir des outils de prévention contre les violences pédocriminelles et intrafamiliales. Nous commençons aussi à travailler autour de la charge mentale et la charge émotionnelle.

 

Contes qui guérissent, contes qui aguerrissent au théâtre La Croisée des Chemins à Paris, tous les dimanches du 11 novembre au 30 décembre.

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

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