push-cover-the-handmaid-tale-saison-2-numero-magazine

Hâte ! The Handmaid’s Tale : saison 2

On l’attend tou.te.s, elle sera bientôt là. La deuxième saison de The Handmaid’s Tale sera diffusée à partir du mois d’avril prochain. Les premières images circulent, de quoi nous mettre l’eau à la bouche. Focus.

 

La première saison de la série The Handmaid’s Tale, tirée du roman de Margaret Atwood publié en 1985, a remporté un vif succès avec une audience planétaire et une folle quantité de prix. Parmi les clés de la réussite, entre autres, une photographie impressionnante et le jeu de l’actrice principale, Elisabeth Moss , qui donnait déjà vie au troublant personnage de Robin Griffin dans la série réalisée par Jane Campion et Garth Davis, Top of the Lake et dans sa séquelle Top of the Lake: China Girl.

De quoi faire oublier l’adaptation au cinéma de Volker Schlöndorff en 1990, qui avait quand même réussi à en traumatiser plus d’un.e (bibi included). Et aussi, certainement, l’étonnante résonance de cette dystopie, pensée il y a quelques décennies, dans notre monde ici et maintenant.

The Handmaid’s Tale, c’est l’univers d’un état théocratique totalitaire façon Amish -avec le côté écolo-friendly- team récup en moins-, la république de Gilead, où les femmes sont dépossédées de toute substance pour intégrer trois catégories : les épouses, les Marthas et les servantes écarlates. En gros donc, les « femmes de », les « bobonnes » et les « reproductrices » avec un code-couleur.

[SPOILER]

La première saison s’est terminée sur un merveilleux morceau de sororité, où les servantes, ensemble, refusent de participer au lynchage punitif d’une des leurs. La série, comme le roman, nous livre un espace d’évasion pour penser que, OLALA OUF !, on ne vit pas dans ce monde terrifiant. Elle permet aussi de mesurer les forces en présence pour faire en sorte qu’il advienne : Gilead construit pour nous jusqu’au bout les fantasmes de certain.e.s… S’il y a un épisode qui marque particulièrement, qui bouleverse même, c’est l’épisode 3, lorsque le second personnage principal voit son amante tuée par la république de Gilead. Dans les flashbacks, il résonne aussi  quelque chose de terriblement actuel : les manifestations qui terminent en bains de sang, les CRS qui tirent dans la foule, la fin de la liberté de manifester, la fin de la liberté tout court donc.  L’horreur en images dans une dystopie si proche. Si proche même que Margaret Atwood n’a parlé que de choses qui ont déjà existé dans son livre. Comme une dystopie du passé, du futur et du présent. La saison 2 sera sans nul doute surprenante puisque la série s’engage dans de nouvelles directions en laissant de côté le roman originel.

On est loin de la photo de l’adaptation cinématographique de Volker Schlöndorff qui jouait sur des filtres vomitifs verdâtres et bleutés, désormais datés, mais assez efficaces en leur temps. Dans la série, l’ordre fasciste éclate avec son agencement plastique parfait pour peser encore davantage sur celles qui questionnent la quadrature du cercle.

La diffusion de la première saison a coïncidé avec l’élection de Trump et sa cohorte de sous- entendus et principes nauséabonds. L’année dernière, les actrices se sont faites quelques peu épingler car elles refusaient de parler d’une série « féministe » dans leur traditionnel pitch promotionnel. Prudence du VRP qui veut vendre au plus grand nombre et pour lequel, cliché monumental, le mot « féministe » brûle des fumées de l’enfer. De notre côté, on se réjouit plutôt de la réserve à prononcer le mot, qui renforce encore sa force subversive -

Merci les meufs.

Il y a quelques jours Margaret Atwood se dépatouillait avec les commentaires suscités par sa tribune « Am I a bad feminist ». Un faisceau de tirs supplémentaires dans un débat passionné, et sans aucun doute passionnant, tant il fait émerger arguments, lectures et relectures, quand d’aucun.e se plaignent et dénoncent de façon étonnante qu’on ne « peut plus rien dire ».

On concèdera à la frilosité des actrices en quête d’audience que la série met en scène un couple dialectique décisif dans les moments que nous vivons, nous, hommes et femmes : l’obéissance et la résistance, c’est le côté « humaniste » … Et on soulignera que, lorsque les personnages masculins de cet univers imaginaire investissent des espaces illégaux en marge, des espaces de « bon plaisir » à la mesure de leur appétit caricatural, ce sont les personnages féminins qui  luttent frontalement et résistent au prix de leur propre vie.

Conclusion : The Handmaid’s Tale, vas-y, y’a des vrais morceaux de badasserie.

Merci à Sarah de Vicomte

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

Plus d'articles

Leave a Comment

*