XVM894eb306-a82e-11e6-9c99-b1f71e963387

“Présumées coupables” aux Archives nationales : les derniers jours !

L’événement « Sabbat Queer » à La Colonie (rebaptisée « Club Lilith » pour l’occasion) tentait d’expliquer les raisons de l’actuel engouement pour la sorcellerie – outre les 20 ans de Buffy contre les vampires-. Et si, comme moi, vous n’avez pas encore lu Les sorcières de la République de Chloé Delorme, vous pouvez toujours vous rendre jusqu’au 27 mars aux Archives Nationales visiter l’exposition « Présumées coupables ».

« Puis le diable la frappa sur la hanche droite, ce qui lui fit grande douleur l’espace d’environ huit jours, et en la frappant, lui dit : ‘Tu es mienne’ » (Catherine, 60ans, Montbéliard, 1621)

Du Moyen-Âge à la Libération, des grands procès faits aux femmes sont exposés chronologiquement et retracent une histoire de la persécution féminine à travers l’image de la sorcière, de l’empoisonneuse, des communardes ou encore des tondues. Cette femme dont on redoute le pouvoir de la beauté – symbolisée par la chevelure que l’on cachera, que l’on tondra – et que l’on considère peu à peu comme maligne. Cette femme qui est accusée de s’emparer du pouvoir des hommes (comme on a pu le reprocher à Jeanne d’Arc ou Marie-Antoinette). Cette femme que l’on punie d’avortement suite à des viols ou des incestes. Cette femme que l’on humilie publiquement à la Libération. Élisabeth Badinter, qui ouvre la préface du très riche catalogue présente la présumée coupable comme « celle dont on parle, non seulement dans les affaires judiciaires, mais aussi dans les pamphlets, les salons ou le village, parce que d’une façon ou d’une autre elle a défié la norme. »

On ne peut que saluer l’immense travail de recherche qu’il a fallu mettre en place pour rassembler ces témoignages. Eve, Esmeralda, Violette Nozière, une certaine Germaine V. 26 ans, fichée pour infanticide, Louise Michel, Christine Dargent ou encore Corinne Luchaire, l’exposition présente un choix de documents filmiques et de reproductions iconographiques vastes et pertinents. On regretterait peut être la basse luminosité des salles, faite pour protéger livres et manuscrits, mais masquant certains éléments scénographiques. Et le silence qui s’installe parmi les visiteurs tout au long des sections est manifeste : cette exposition interpelle. Puis il y a toujours le reste du bâtiment – plutôt époustouflant- des Archives Nationales à visiter, avec à la clef les décors de la Chancellerie d’Orléans, la chambre d’apparat de la princesse, les huit toiles de Natoire consacrées au mythe de Psyché ou encore, le testament olographe de Louis XIV et la dernière lettre manuscrite de Marie-Antoinette à Madame Élisabeth.

A ce sujet, on pourra continuer à s’instruire avec les documentaires d’Amy Ziering, The Invisible War, sur les abus sexuels au sein de l’armée américain, The Hunting Ground, ou encore Audrie et Daisy de Bonni Cohen and Jon Shenk sur les viols et humiliations que subissent les adolescentes américaines au lycée et sur les campus scolaires.
Présumées coupables 14e-20e siècle
Du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017 : Site de Paris – Hôtel de Soubise

Aurélie

Be Sociable, Share!

Leave a Comment

*