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Barbie du mois : Romy Alizée

Romy, c’est un univers foisonnant de détails, une photographie chargée en regards et en intentions. A travers son travail photographique, Romy manifeste son féminisme, plus radical qu’auparavant, mais aussi ses émotions, parfois débordantes, toujours spontanées. C’est dans un café de place de Clichy que je lui ai posé ces quelques questions. Rencontre.

BBX : Plutôt université ou Tuto youtube?

Romy : Les études, ça n’a jamais été mon truc. J’ai étudié dans deux écoles de théâtre, dont une où j’ai été virée en me faisant traiter de folle. J’ai ensuite tenté de rejoindre une école d’art, mais en vain, toutes mes candidatures ont été rejetées. Pour autant, je n’ai pas renoncé, et j’ai trouvé d’autres moyens pour développer ma démarche artistique. J’ai surtout beaucoup appris en observant les photographes pour qui j’ai posé. Quant à ma culture de l’image, je l’ai acquise dans les livres, en découpant des photos de magazines et en observant tout, tout le temps.

Chômage ou CAC 40 ?

J’ai plusieurs jobs que je cumule pour payer mon loyer, mes voyages et mes pellicules. Ce sont des jobs qui demandent peu d’implication et qui ne nuisent pas à ma création, au contraire. Vivre de la photo me semble totalement utopique, on est tellement nombreux-ses à en faire. Tout ce qui m’importe pour l’heure, c’est d’avoir assez d’argent pour mener mes projets personnels et voyager.

Sport ou charcut’ ?

Je suis végétarienne depuis six ans, je ne fume pas, je bois très peu mais je hais le sport. Par contre, je me dépense sur les pistes de danse, au pieu, et sur mon vélo rose.

Chocolat ou cocaïne ?

Ma vraie drogue c’est l’amour. J’y pense tout le temps. Je suis une salope romantique !
Drama ou peace&love ?
J’arrive plutôt bien à gérer mes émotions et je m’énerve très rarement. Pourtant, je suis une hypersensible donc souvent, à l’intérieur, c’est le chaos émotionnel. Mais je ne montre pas, ou peu, et puis j’ai horreur des conflits mais j’apprends aussi à m’y confronter.
Discothèque ou plateau tv ?
J’allais très souvent en club avant (La Java <3), mais désormais je préfère dépenser mon énergie dans les concerts punk.
La vie idéale, c’est quoi pour toi?
C’est une vie qui me surprendra jusqu’à la mort. On ne peut pas tout contrôler, mais être bien entourée, avoir de l’inspiration, un toit, c’est le plus important.
C’est quoi ton féminisme ?
Je me sens beaucoup plus affirmée et radicale qu’il y a quelques années. J’ai compris ce qu’était le féminisme en me retrouvant au tribunal pour une agression sexuelle sur un shooting, il y a six ans. Ça a été la révélation parce que je commençais tout juste à poser nue et d’un coup, bim, je prends ça dans la gueule. J’ai gagné le procès et quand mon entourage m’a conseillé d’arrêter de poser nue, j’ai répondu qu’il était hors de question d’arrêter, que ça donnerait raison à ce type. Tout le monde m’a littéralement conseillé de me rhabiller, c’est dingue ! Bien sûr, j’ai fait le contraire et j’ai continué à poser pour beaucoup d’artistes sans jamais censurer mes envies. Passer de modèle photo à photographe est aussi un acte fort en tant que femme, surtout quand tu fais de l’autoportrait et du nu. Mon féminisme est totalement sex-positive et body-positive. Je n’ai pas honte de mon corps ni de le montrer via des images parfois crues. Je n’ai jamais eu envie de choisir entre la mère ou la putain. Je veux pouvoir travailler avec mon image et mon corps sans être stigmatisée. Maintenant ce qui me touche le plus, c’est que les femmes puissent vivre en sécurité. Je me bats pour ça. Écouter, partager, soutenir les filles qui se font harceler, agresser, violer. Sensibiliser les mecs. La culture du viol, je la ressens tous les jours, et ça me fout la rage.
Tes projets pour les mois à venir ?
Je viens de sortir un livre avec la petite maison d’édition Les Crocs Électriques. Il contient les images de ma série Nuits Blanches. J’édite aussi mes propres fanzines, le deuxième vient de sortir. Il y a également la sortie imminente du court métrage porno Je m’excite, réalisé par Poppy Sanchez et produit par Lucie Blush, sur la musique de Jardin, ainsi que le long métrage d’Emilie Jouvet My Body My Rules qui sortira cette année. Et j’ai deux projets d’expos, fin avril, une avec All Mecen qui aura lieu à La Compagnie, un lieu de co-working dédié à l’art, et une avec Scampi Club autour des sexualités plurielles. Enfin, mon prochain objectif : la réalisation.
Pour la suivre:

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

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