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Sélection Série : Fleabag

Si vous êtes comme moi et que l’actualité vous file la sinistrose au point de passer le restant de vos jours sous la couette à regarder des séries… Fleabag est faite pour vous !

Je m’y suis mise grâce aux commentaires dithyrambiques d’une amie et je ne regrette pas, car Fleabag est bien l’une des meilleures séries que j’ai vues récemment. La série tire son titre de son personnage principal (dont on ne connaîtra jamais le vrai nom), une british trentenaire, complètement paumée, qui nous narre sa vie en brisant le quatrième mur.

Elle nous invite notamment à la suivre lors de ses coups d’un soir. Oui, notre anti-héroïne est ce que l’on pourrait décrire, si l’on se sentait l’âme puritaine, comme une fille de petite vertu. Ici on dira simplement qu’elle prend son pied. Enfin parfois. Normal, quand on surconsomme du sexe pour fuir ses problèmes, de ne pas toujours gagner le gros lot. Heureusement qu’elle arrive à en tirer des remarques cinglantes et sarcastiques.

Mais que fuit-elle au juste ? Elle-même et ses problèmes, les deux étant inextricablement liés. Coincée toute la journée dans un café légèrement sordide dont elle est la propriétaire, elle doit faire face à une faillite imminente et n’a personne sur qui compter. Sa relation avec sa sœur est glaciale, son père est distant, ç’en est fini avec son ex pour la quinzième fois (raison : il la surprend en train de se masturber devant un discours d’Obama), mais surtout, sa meilleure amie, celle avec qui elle avait ouvert le lieu, n’est plus là, suite à un suicide accidentel (oui, oui, vous avez bien lu).

Cette mort hante l’héroïne, qui a déjà perdu sa mère, sous forme de flashbacks : d’un côté des moments de tendresse avec sa meilleure amie, la seule dose d’amour inconditionnel dans sa vie, et de l’autre, un mauvais souvenir qu’on ne découvre que bien plus tard, dans un twist scénaristique. Or, ce n’est pas au dénouement que la série doit son intérêt, mais plutôt au quotidien de cette femme moderne qui galère, au suivi de son évolution personnelle et de celle de ses relations (tout particulièrement celle avec sa sœur), et les dialogues ciselés qui nous les font vivre avec elle. On rit, mais on cogite aussi énormément.

Fleabag se compose de six épisodes, visibles sur Amazon. On ignore pour l’instant si une deuxième saison est prévue, mais en attendant, Phoebe Waller-Bridge, qui a écrit la série et joue le rôle principal, a signé pour développer un thriller 100% féminin sur BBC America.

 

Hannah

Hannah est myope et adore la photo (elle en prend même), le ciné, et lire des livres. Elle admet sous la torture une faiblesse pour Gromit et Federer mais fond devant du Lindt aux noisettes.

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One Comment

  1. Artemisia.g says:

    assez contente d’avoir découvert cette série grâce à cet article, merci! En revanche, j’ai pris une claque en voyant la misère sexuelle de l’héroïne qui se préoccupe relativement peu de son plaisir à elle, elle baise avec des mecs qui ne lui plaisent pas, elle se met en quatre pour leur plaire et les rassurer même quand le sexe est à chier, elle accepte de se faire sodomiser sans en avoir envie parce qu’elle est bourrée et “parce que quand même le mec a fait tout le trajet pour venir”… Les mecs passent leur temps à la retourner comme une crêpe sans lui demander son avis. Le consentement, le désir, tout ça, connaît pas. Wow, c’est vrai en tant que gouine je suis loin de tout ça et quelle claque, ça m’a paru assez juste et ça m’a appelé combien on est loooooin de l’égalité en matière de sexualité… Plutôt déprimant au final!

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