couv

Au rapport avec la Brigade du Stupre

Vendredi 11 la Brigade du Stupre organise sa deuxième édition de Stupra Milita, avec un nom atout séduction, Mycose ov you. On les a rencontré pour discuter de ce jeune collectif féministe et queer. BBX au rapport pour la brigade.

Les grrrls sont cinq autour de la table, Nastasia, Géraldine, Luce, Maria et Judith. Des copines croisées sur le banc de l’école, Sciences-po, Beaux-Arts, à Bordeaux ou Toulouse. Elles ont créé en mai dernier un collectif et se sont lancées en septembre avec l’intention d’investir tous les médiums, de créer des espaces pour partager, et échanger, en bref : créer du discours.

Elles sont touchées les arts visuels, la performance, cherchent à pulvériser les idées reçues. Elles ont expérimenté les vertus de la non-mixité comme un temps de partage, limité mais crucial pour éviter l’auto-censure. Elles s’interrogent sur tous ces suffixes, préfixes qui fleurissent néo/post et privilégient finalement la pratique.

Cinq filles, cinq façons de voir le féminisme et l’engagement, cinq trajectoires pas forcément convergentes avec l’envie de faire un collectif de voies/voix plurielles, de sortir de l’individuel pour faire du collectif. Pour Nastasia, militer est venu comme un besoin personnel. Judith, qui n’est pas là dommage, est « queer avant d’être féministe ». Et pour toutes ; il s’agit de s’adresser à la plus militante comme à la moins politisée, sans trop baliser non plus.

Elles organisent des événements auto-gérés, sans subvention, avec des lieux qui leur donnent carte blanche, loin des circuits institutionnels. Des événements transversaux qui mêlent expo, ateliers et concerts. La dimension workshop leur tient à cœur, c’est celle qui permet l’échange, la création des discours, les conditions de la pratique. C’est comme ça qu’elles ont accueilli Docteure Duchesne/Pussy Draama, pour un moment pédagogique sexualité, ou le collectif F.L.U.I.D.E.S pour un atelier sur la réappropriation des fluides corporels. Elles ont aussi importé et mis à leur sauce le dispositif du Drunk Feminist Films pour une première un peu expérimentale aux Souffleurs.

Pour les concerts, elles veulent faire connaître des figures féminines de la scène alternative, musique indé, noise, bruitiste dans un milieu de mecs souvent vieux, blancs, hétéros. Aïe.

La visibilité des femmes, c’est le carburant de la brigade. Dans un monde où les noms de programmatrices, musiciennes, techniciennes, plasticiennes, tourneuses peinent à émerger. La brigade croit à l’exemplarité, rien de mieux que de voir les autres nanas pour avoir envie de se lancer et de briser l’intériorisation du manque de légitimité qui nous est renvoyé de toutes parts.

Côté financement, elles se sont lancées avec une poignée d’euros et une première levée de fonds avec la première édition de la Supra Milita : perdre, récupérer, réinjecter… et arriver un jour enfin à payer les artistes. Ouf.

La brigade rêve… d’antennes partout en France et dans les pays voisins, créer des pôles thématiques, s’associer à d’autres collectifs, des labels, bases de données à l’image de WMN ! (Women Multimédia Network) véritable repertoire quasi exhaustif de femmes artistes autour de la musique électronique.

La deuxième édition de Supra Militia, c’est ce soir, avec un line-up brûlant et une proposition stupreuse à souhait. Miam.

Suivre la Brigade

 

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

Plus d'articles

Leave a Comment

*