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Barbie du mois : Britney Fierce

Britney Fierce s’est d’abord fait connaître grâce à de chouettes autoportraits, publié sous le hashtag #bonui sur les réseaux sociaux. Puis de posts instagram en selfie, c’est toute une petite communauté qui s’est créée autour d’elle. Autodictate mais surtout sensible à l’image et au féminisme, Britney fait de la photographie argentique, prend en photo des femmes nues pour promouvoir des corps pluriels et crée des fanzines inspirés de ses voyages.

Sur sa boutique, on peut même trouver un guide pour apprendre à faire de beaux selfies de fesses. Le travail photographique de Britney, mais surtout ses autoportraits, montre que le féminisme est aussi une histoire d’empowerement personnel. Barbi(e)turix lui a posé quelques questions.

BBX: Plutôt université ou tuto YouTube?

Britney Fierce: Les deux ! Je pense que mes études en histoire de l’art m’ont beaucoup aidée à éduquer mon œil. Le fait de passer, pendant plusieurs années, mes journées à regarder des diapos d’œuvres d’art m’a donné des références pour le cadrage, les couleurs ou encore la composition de mes photos. Mais depuis que j’ai accès à internet, je regarde aussi beaucoup d’images par ce biais-là. J’ai besoin de ma dose quotidienne d’Instagram presqu’autant que j’ai besoin de manger, par exemple (bon, j’exagère un peu mais c’est important pour moi de ne rien rater).
Concernant l’aspect technique de la photo, j’ai pris quelques cours de photographie argentique et lu pas mal d’articles sur le sujet, mais ça m’ennuie assez vite. J’ai appris en essayant et en me trompant. Néanmoins, je reconnais qu’à partir d’un certain stade, ça ne suffit pas, et qu’il faut probablement en passer par l’apprentissage technique un peu rébarbatif pour pouvoir obtenir ce que l’on veut.
Quant aux fanzines, j’ai quasiment tout appris sur internet et en observant ceux des autres sur les marchés et les salons. J’ai simplement fait un workshop d’une journée qui m’a donné les outils et la confiance en moi dont j’avais besoin pour passer à la réalisation concrète de mes projets. J’avais besoin de voir quelqu’un se servir d’un cutter ou d’une agrafeuse en vrai pour réaliser que j’étais légitime et oser me lancer.

© @romv & Britney Fierce

Chômage ou CAC 40 ?

Chômage et boulot alimentaire ! Mes photos et mes fanzines me rapportent un tout petit peu d’argent mais c’est très irrégulier (et pas du tout suffisant pour vivre). Je ne suis pas très rigoureuse sur le sujet et j’ai du mal à me rendre compte de combien ça me rapporte vraiment, une fois que j’ai retiré le prix de la matière première et de la main d’œuvre. Cette façon de fonctionner me satisfait pour l’instant car je me sens libre, je n’ai aucun impératif et pas de comptes à rendre. J’ai la chance d’avoir un niveau de vie agréable et de pouvoir faire ça uniquement pour le plaisir. Je suis plus satisfaite par le fait de pouvoir partager ce que je crée et de voir que ça intéresse des gens que par celui d’en tirer un quelconque revenu.

Sport ou charcut’ ?

Plutôt healthy ! Je ne fais pas beaucoup de sport et j’adore la raclette mais j’essaye de marcher le plus souvent possible et de mieux manger. Je suis devenue végétarienne il y a un peu plus d’un an et j’essaye de manger vegan au moins quand je suis chez moi. C’est une chose dont je suis plutôt fière car j’aimais vraiment beaucoup la charcuterie et je ne m’en pensais pas capable au départ.

film par La fille renne
Sabrina Sako , Britney Fierce & Romuleald

//Pentacon Six TL //80mm f/2.8 //Lomography 400

Chocolat ou cocaïne ?

Ma drogue c’est le fromage, surtout quand il est fondu. C’est une chose très réconfortante pour moi, même si j’essaye d’en abuser moins qu’avant (où je transformais n’importe quel plat en gratin au cheddar). Le fromage évoque pour moi plein de choses belles et agréables. Par exemple, j’ai rencontré certaines de mes amies les plus proches autour d’un Mont d’Or gratiné au Comté 24 mois.

 

Drama ou peace & love ?

J’aurais aimé répondre « peace & love » mais je suis quelqu’un d’hypersensible alors en réalité, la moindre chose peut vite prendre des proportions dramatiques pour moi, même si je le montre très rarement. Peace & love en façade et drama à l’intérieur ☺

Discothèque ou plateau tv ?

Quand je sors, c’est surtout chez des ami-e-s ou dans des bars. Je préfère les endroits où on s’entend parler. Je trouve les endroits trop bruyants très frustrants car j’adore écouter les autres parler et essayer de participer aux conversations, même si c’est quelque chose de pas évident pour moi. J’allais voir beaucoup de concerts avant (j’étais photographe de concert) mais je me suis un peu lassée. Et j’aime bien aller en club une fois de temps en temps mais pas à Paris. Je dis souvent que ce n’est pas trop mon truc parce qu’en réalité, ça me fait un peu peur, mais j’ai appris à apprécier ça en sortant avec des personnes avec qui je me sentais en confiance.
Mais souvent, ma soirée idéale, c’est plutôt sous la couette avec Netflix.

La vie idéale, c’est quoi pour toi ?

C’est une question difficile. J’aimerais bien trouver un boulot qui me plaît vraiment, mais pas travailler à plein temps pour autant. J’ai vraiment besoin de temps pour faire des choses à côté et je refuse que mon boulot soit mon seul objectif dans la vie. J’ai besoin de gagner de l’argent pour vivre, si possible en faisant quelque chose qui me plaît ou qui ne m’emmerde pas trop, mais ça s’arrête là. Je n’ai pas de plan de carrière de dingue et je ne sais d’ailleurs même pas ce que je veux faire. Enfin tout ça pour dire que j’aimerais que le boulot ne représente qu’une toute petite partie de ma vie idéale.
À côté de ça, je voudrais continuer à faire des photos et des fanzines, à en parler, à partager mon savoir, à faire du bénévolat, à lire, à regarder des séries. Je ne sais pas si j’ai envie de continuer à vivre à Paris et en même temps je n’ai pas envie d’être isolée de mes amies. J’ai vraiment du mal à savoir ce que je veux, je pense que ça dépend beaucoup (trop ?) des personnes qui m’entourent !

C’est quoi ton féminisme ?

Je crois que j’utiliserais deux mots pour définir mon féminisme : « écoute » et « partage ».
« Écoute » parce que s’il est bien entendu important de partager son expérience avec d’autres femmes, je trouve qu’il est aussi primordial d’apprendre à écouter et à réfléchir avant de parler, surtout pour moi qui suis blanche (entre autres). Il y a des oppressions que je ne connaîtrai jamais, comme le racisme, et j’essaye de relayer la parole des afroféministes plutôt que de parler à leur place.
« Partage » parce que le féminisme m’a appris à partager. Avant, je me sentais en concurrence avec les autres femmes. Je pensais que pour être la meilleure, il fallait apprendre, savoir et posséder des choses que les autres n’avaient pas, et surtout les garder pour soi pour ne pas se faire piquer sa place de Meilleure Femme (c’est-à-dire celle que les hommes convoitent). Aujourd’hui, même si je ne me suis pas totalement débarrassée de ma misogynie intériorisée, j’ai compris à quel point partager ce que je savais et apprendre des autres pouvait être enrichissant. C’est ce que j’aime dans les fanzines : il s’agit de partager ce que l’on sait ou ce que l’on produit gratuitement ou à moindre prix.
Enfin, mon féminisme ne serait rien sans mes amies et toutes les femmes que j’ai la chance de croiser ou de fréquenter. Il est devenu vital pour moi de favoriser les femmes dans tous les domaines de ma vie (des livres que je lis à la médecin que je choisis d’aller consulter) et de les faire passer avant tout le reste.

Tes projets pour les mois à venir ?

Je voudrais continuer à faire des fanzines ; j’ai quelques idées mais rien de concret pour l’instant. J’aimerais arriver à travailler sur un projet en commun avec d’autres filles, ce qui n’est pas un truc très naturel pour moi.
Récemment, j’ai commencé à collaborer avec Cluny Braun pour la Newsletter de ma chatte qu’elle vient de lancer ; c’est un super projet et je suis très fière de pouvoir y contribuer.
J’aimerais aussi continuer à prendre des femmes en photo, et pourquoi pas recommencer à poser.
Et puis voyager !

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Crédits photo de couv’ : La fille Renne

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

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