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Journée de la bisexualité : pour que cesse la biphobie !

En ce 23 septembre, nous fêtons, en France, la septième journée de la bisexualité. Lancée aux Etats-Unis en 1999 par trois militants bisexuels, elle permet de rappeler au monde l’existence de cette sexualité, fréquemment oubliée, occultée, moquée ou suspectée. Pourtant, les différentes marches des fiertés se targuent de fêter toutes les sexualités LGBTQI+++. Que représente donc cette journée ?

D’où vient la journée de la bisexualité ?

En 1999, trois militants bisexuels américains, Wendy Curry, Michael Page et Gigi Raven ne supportent plus l’incompréhension et les interrogations dont ils font l’objet en raison de leur orientation sexuelle. Ils décident de créer la journée de la bisexualité en marge des manifestations destinées à l’ensemble des LGBTQI et +++ desquelles ils se sentent exclus. Effectivement, si depuis peu on parle de Marche des fiertés, ne dit-on pas couramment “Gaypride” pour évoquer ces grands défilés présents dans le monde entier et censés donner la voix à l’ensemble des sexualités dites minoritaires ? Depuis 16 ans, cette journée a pris ses marques. Depuis 2004 au Canada, en Australie, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande, en Suède puis en Allemagne avant, enfin, d’arriver en France en 2009 sous l’impulsion de la seule association française de bisexuels, Bi’Cause.

Biphobie ordinaire et fantasmes en tous genres

Instables, amateurs de plans à trois, phénomènes de mode/ de société, les bisexuels font l’objet d’une multitude de fantasmes, malheureusement relayés par les médias. Régulièrement, les hebdomadaires les plus sérieux s’adonnent à des unes racoleuses du type “Mais qui sont donc les bisexuels ?” jusqu’aux pathétiques classements des “bisexuelles les plus sexy” dans les torchons les plus crasses.

La biphobie ordinaire est une vraie plaie. Nymphomanie, tendance à l’adultère ou à la dissimulation, immaturité… La liste des stéréotypes est longue. Mais, qu’ils soient soumis à des questions grotesques ou salaces, les bisexuels sont immanquablement qualifiés d’instables. Parce qu’il faudrait choisir. Ou parce qu’une fois en couple, on ne les considère plus comme bisexuels mais comme homosexuels ou hétérosexuels. Le bisexuel subit les préjudices de toutes parts, toutes sexualités confondues. Car la méfiance est le sentiment le plus courant vis-à-vis des bisexuels.

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Mais de quoi faudrait-il se méfier au juste ? Accusés de tenir le beau rôle puisqu’ils peuvent mener une vie paisible avec des personnes du sexe opposé, ils sont souvent perçus comme une escroquerie par les membres de la communauté LGBT, qui leur témoigne défiance et a tendance à les exclure de leur cercle solidaire. A l’opposé, les hétérosexuels les perçoivent comme une frange déviante (en particulier les hommes bisexuels) ou des individus sexuellement frivoles. A chaque nouvelle rencontre, c’est un véritable défi d’éducation qui se joue.

Même au sein du milieu LGBT, les bisexuels restent un point d’interrogation. Et c’est à cet égard que la journée de la bisexualité existe. Pour que les bisexuels puissent être entendus comme les homosexuels le sont lors de la marche des fiertés. Pour mettre fin à la biphobie. Mais aussi pour expliquer ce qu’est réellement la bisexualité, la faire entendre et prendre le temps d’ouvrir un peu plus les esprits.

 

A l’occasion de la journée de la bisexualité, l’association Bi’cause prévoit une soirée le vendredi 23 septembre 2016 à 20 heures au Centre LGBT Paris-IDF et une marche le samedi 24 septembre 2016, à 14 heures, rendez-vous place du Colonel Fabien. Plus de détails directement ici, et là.

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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One Comment

  1. timide says:

    @BBX : Mais, à quand une journée de la biphobie : pour que cesse de DID ? (discours interprétatif dominant) ?

    #QueerestoftheQueer

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