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What the Fuck ? Fest, un festival des sexualités dissidentes à Paris !

C’est le genre de festival qu’on attendait depuis longtemps. Pas un simple festival de cinéma porno alternatif, mais un véritable festival pluridisciplinaire sur les sexualités.What The Fuck Fest c’est trois jours d’expo, d’installations, de performances et de films sur la représentation des sexualités et des identités queer. Le festival, qui se tiendra au Cirque Électrique du 8 au 10 juillet, nous offrira l’occasion de nous interroger sur la représentation de nos sexualités, de débattre et de nous confronter à la pluralité des pratiques.What The Fuck Fest prend un pari audacieux mais clairement attendu.

BBX : Pourquoi le nom What the fuck Fest ?

Flo Playnight : What the Fuck, c’est une expression jugée assez vulgaire qui signifie “C’est quoi ce bordel? “, et nous on y répond par Fest***! C’est un peu comme les slogans et insultes que les LGBTQI détournent pour se les approprier. C’est un nom aux significations multiples, et on ne voulait pas utiliser le mot Porn, ou postporn, car certainES realisatrices-teurs que l’on présente ne se définissent pas ainsi. Donc on a élargi les champs d’expression !

Définirais-tu le festival de porno alternatif ?

C’est un festival Queer des sexualités dissidentes ! C’est à dire un lieu d’expressions plurielles et artistiques autour des sexualités, corps et genres. Nous ne souhaitons pas présenter des films mainstream de l’industrie porn ; on s’attache à montrer des auteurs qui travaillent autour des sexualités, qu’elles soient intimes, politiques, esthétiques, individuelles ou collectives. Ce qui est intéressant c’est de mettre en avant des créations qui ne sont vues nulle part ailleurs et des œuvres qui se positionnent en dehors des codes habituels dans l’optique des mouvements  queer, sexwork, féministe, “fat activist”, diversités fonctionnelles, ecosexuels… Nous avons vraiment une ligne pluridisciplinaires avec une expo photos, des performances, des spectacles vivants, du cinéma, des conférences. Il ne s’agit pas seulement de films porn mais d’expression autour des sexualités.

Comment est né le festival ?

C’est moi à la base qui ai impulsé le projet car je faisais déjà des séances au Beverley il y a quelques années et les PlayNight et j’avais envie d’aller plus loin, d’élargir les espaces de visibilité des sexualités. Marianne Chargois et Amaury Grisel se sont embarqué-es avec moi, avec Nathalie Mondot aussi. Mais ce n’est pas vraiment un festival porno.

Pourquoi un tel festival a-t-il mis tant d’années à s’organiser à Paris ?

Il y avait eu le Porn Film Festival à Paris au Brady qui a tenu trois ans ! C’est sûr que ce n’est pas facile à Paris de trouver des lieux qui acceptent de recevoir des festivals aux contenus explicites. Il n’y a pas cette culture ouverte et curieuse. Le sexe reste tabou, de l’ordre du privé, à la maison. Et il y a aussi cette législation “X-pornographique” et l’amalgame est facile dès que l’on dit “interdit au moins de 18 ans” on pense X ! Expressions et créations autour des sexualités multiples ne signifient pas pornographie et c’est dur de changer cette idée ! Il faut vraiment remercier l’audace du Cirque Électrique qui a tout de suite dit oui ! Ce sont trois jours immersifs où l’espace nous est complétement réservé.

Tu as choisi de lancer ce projet avec Amaury Grisel et Marianne Chargois… Quels ont été leurs rôles ?

Je connaissais Marianne par ses performances, et Amaury par le bondage/shibari. On se croisait dans les festivals puisque Marianne s’occupe aussi du festival Explicit à Montpellier et Amaury est souvent programmé avec ses films. Cette année à Berlin on s’est dit : allez on se lance. C’était à la fête de Clôture et portés par l’ambiance on a voulu créer cette ébullition à Paris. On travaille en collaboration et on programme ensemble. On est une team avec une grande qualité de respect et d’écoute. Et pour une fois y a plus de filles/ou genderqueer que de gars ! Marianne a mis en place la soirée Performance et les conférences, je me suis plutôt occupée de la partie cinéma mais avec des choix communs, Amaury de l’expo photos (avec Nathalie Mondot). Et je dois aussi remercier particulièrement toutes les personnes qui nous ont soutenu grâce au crowdfunding car sans eux-elles nous n’ aurions pas pu nous lancer !

Enfin, dans la programmation, y a-t-il quelque chose qui te tient particulièrement à cœur ?

Je trouve tout riche et audacieux ! Mon choix – puisque je dois en donner un – va plus particulièrement vers le film de Marit Otsberg When We Are Together We Could Be Everywhere qui se passe dans le milieu lesbien et trans* de Berlin, et la rencontre débat explicite DIY avec des réalistrices-teurs qui vont présenter et débattre avec une vraie audace de films et de création Porn autour des sexualités alternatives. Et le must du festival, une plongée en réalité virtuelle dans des films avec une vision à 360° . Et aussi la soirée Perfs’… Bon, ça y est je n’arrive plus à choisir ! Venez découvrir ! Et pour celles et ceux qui voudraient juste venir boire un verre, c’est possible puisque le bar est ouvert jusqu’à 2h avec terrasse !

 

Retrouvez le programme sur le site du festival et la page Facebook.

 

 

Crédits photos :

1ère photo: Avec toi, j’en mets pas de Bruce

2nd photo: When We are Together we can be everywhere de Marit Otsberg

 

 

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

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One Comment

  1. timide says:

    C’est curieusement intéressant.

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