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Photographies entres nos corps et nos genres

From the top down” est un projet photographique basé à Paris et lancé en mars dernier pour donner de la visibilité aux personnes ne se définissant pas comme homme ou femme cisgenre (où la perception du genre d’une personne par elle-même correspond au sexe dont elle a été dotée à la naissance):  genderfluid, non-binaire… Une multitude de termes existent pour définir, ou non, le spectre des identités d’aujourd’hui. Rencontre avec l’esprit libre derrière cette initiative : Ten Harber.


Ten

Ten est d’origine anglaise et vit sur Paris depuis 1 an, après avoir passé 2 ans à Montpellier. Manager d’un pub de jour et photographe de nuit, Ten se définit comme agenre, c’est-à-dire ni homme, ni femme, ni entre les deux.

Lors de son arrivée en France, Ten a constaté qu’il n’existait aucun projet en rapport avec le corps et l’identité de genre, alors que c’est légion en Angleterre. En tant que personne suscitant régulièrement des regards interrogateurs sur son identité de genre, Ten a souhaité lancer un projet photographique pour donner de la visibilité aux personnes qui ne sont pas forcément représentées : les non-binaires, les genderqueers…

Ce projet a d’autant plus d’importance quand on connaît le projet personnel de Ten qui compte avoir recours à une chirurgie du torse dans quelques semaines. Cette opération ne redéfinira pas pour autant son identité. Ten ne se considère pas comme trans. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’opération se déroulera dans un pays qui n’assimile pas une mastectomie volontaire non curative à un projet de transidentité contrairement à la France.


Kiswendsida

Les clichés du projet “From the top down” sont en portrait, sur fond blanc et de face. Le but étant de présenter les personnes le plus fidèle à elle-même, telles qu’elles sont vues par les personnes qu’elles croisent. Le nom du projet fait référence au fait que lorsque l’on se questionne sur l’identité de genre d’une personne on a tendance à scruter d’abord son visage, puis son torse/sa poitrine, puis plus bas… L’inspection se fait donc “From the top down”, de haut en bas.

Ten souhaitait aussi se focaliser sur le torse/la poitrine car il s’agit de la partie du corps qui nous permet d’interagir avec le monde, qui nous permet de respirer, qui nous permet de ressentir les émotions lorsque les pulsations de notre cœur s’accélèrent…

Le projet photographique vise à explorer, célébrer et documenter les relations entre le corps et l’identité du genre. Ces expériences étant différentes d’une personne à l’autre, “From the top down” encourage les participant-e-s à partager une partie intime de soi, par la rédaction d’un témoignage écrit, dans le but de montrer la diversité des rapports entre corps et identité de genre.


Tom

“From the top down” a pour but de rappeler que le sexe biologique tout comme l’apparence corporelle ne déterminent pas le genre.

Ten considère chaque participant-e-s comme co-créateur/co-créatrice du projet collaboratif “From the top down”. Ses premier-e-s modèles sont surtout des hommes blancs trans, des non-binaire ou des AFAB (Assigned Female At Birth, assignée femme à la naissance), Ten espère avec le temps avoir plus de diversité de profils : personnes de couleurs, femmes trans, AMAB (Assigned Male At Birth, assigné homme à la naissance), personnes handicapées, etc.

Ten veut photographier tout le monde, peu importe le temps que cela pourra lui prendre.

A chaque collaboration Ten échange en amont avec le/la modèle en lui envoyant un document expliquant le contexte du projet et un questionnaire permettant la rédaction du témoignage. Le jour de la session photo, Ten prend le temps de connaître son modèle et de la/le mettre à l’aise. Ten explique comment se déroule la séance et commence par le premier cliché “habillé”. Pour le deuxième cliché devant mettre plus en avant le corps, c’est au modèle de décider jusqu’où il/elle souhaite se mettre à nu : soutif, binder, mains sur les seins, tout est possible. Le choix final des photos se fait ensemble.


Lucie/Ray

« J’ai répondu à l’annonce de Ten sur les réseaux sociaux car c’était la première fois que je voyais ce type d’initiative à Paris – alors qu’il y en a plusieurs à l’étranger – et dont le but est de visibiliser les personnes genderqueers, non-binaires… Je voulais me rendre visible, montrer qu’on existe, qu’on est des gens normaux. Ma façon de m’habiller et de me comporter fait que les gens ne savent pas comment me genrer. Cela les met dans l’embarras mais moi ça m’a fait du bien de brouiller les genres. Pendant la séance photo, Ten m’a dit que je pouvais aller jusqu’où j’avais envie d’aller. J’aurais pu garder mon soutif, c’est moi qui ai voulu être poitrine nue. »

☞ Si comme Lucie/Ray vous souhaitez participer au projet “From the top down” vous pouvez contactez directement Ten par mail (tenfromthetopdownproject@gmail.com) ou via la page Facebook du projet.
A noter : Une première exposition est prévue en amont de la Marche des Fiertés de Paris, vernissage le 29 juin aux Jacasses, 5 rue des Ecouffes 75005. D’ici là n’hésitez pas à suivre le projet sur Instagram.

Emmanuelle

Globe-trotteuse sur-diplômée touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier). Un quart geek, un quart TDAH, un quart Taubira et un quart Ted Mosby ascendant Barney Stinson. Twitter : @emmanuellecamp0

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4 Comments

  1. Lucie/Ray says:

    Merci pour l’article Emmanuelle, et surtout merci Ten pour le projet ! Je ne peux que vous encourager à participer les ami.e.s !

  2. “[...]Lors de son arrivée en France, Ten a constaté qu’il n’existait aucun projet en rapport avec le corps et l’identité de genre” … Aucun projet sur cette thématique ? Vraiment ?
    Concernant cette thématique en France, voir en particulier le travail de Cathy Peylan, Naïel, Adam.M et moi-même !

  3. Bonjour,

    C’est intéressant je mène un projet similaire depuis décembre 2015.

    Allez voir mon site !

    http://garyemmanuelle.wix.com/emma#!blank/suqb3

    Cordialement

  4. Seudo says:

    Bonjour,

    Je ne savais pas qu’il existait des gens qui ne s’identifient pas à un genre.
    C’est étrange…

    Si nous avons été créés avec un genre, ce n’est pas pour rien. Et c’est pour justement qu’on puisse identifier le genre de chacun.

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