cadre-PANDORE-2-3-

Barbie du mois : Madeleine Froment

Une esthétique brute mais gracieuse comme un animal sauvage, des traits fluides et droits à la fois, qui épousent les êtres qu’elle photographie. Le projet de Madeleine Froment est vaste, mais précis : qu’est-ce qui nous rattache à l’autre ? Comment ce sentiment s’exprime, se montre ou plutôt se dessine ?

Sa série “Le mythe des androgynes” questionne la force des liens entre les êtres. Ses photos captent l’attraction irrésistible et originelle qui relient ses modèles, transformant des cheveux en poils d’un animal indompté, les plis de la peau en recoins de la psyché. Peut-on retrouver un état presque dépourvu de culture ? Autour d’un café, Madeleine se confie. Portrait.

Plutôt université ou tuto youtube ?

J’ai aimé dessiner dès que j’ai eu l’âge de tenir un crayon entre les doigts, j’ai donc prit des cours de dessin dès l’âge de 10 ans, afin de pratiquer. À force d’éprouver différentes méthodes, j’ai acquis la mienne. Mes études d’arts appliqués m’ont permis d’avoir une production soutenue, mais la sensibilité se cultive autre part, et c’est bien là tout le travail. Il faut des clés pour ouvrir des portes de réflexion, cela arrive à tout moment et dans différents aspects de la vie. La technique, c’est juste une question de pratique.

Chômage ou CAC40 ?

J’ai entrepris de consacrer tout mon temps à mes projets artistiques, car je me suis rendue compte que j’avais des choses à dire et besoin de m’y frotter quotidiennement. Je bénéficie d’une période de chômage et j’emploierai tout ce temps à expérimenter, faire, produire, rencontrer. Si des choses doivent se mettre en place par la suite je suis prête. Je me sens encore au début, j’ai le temps….

Sport ou charcut’ ?

J’aspire à une vie saine, où l’entretiendrai une relation en toute harmonie avec mon corps. Je n’ai pas encore la bonne oreille pour l’écoute de mes sens, mais j’y travaille. C’est en étroit lien avec la critique que je peux faire de cette société qui nous dépossède de notre nature. J’ai fait le choix il y a peu du végétarisme, et j’aime l’idée qu’il nous est encore possible d’assumer nos valeurs. En revanche… je n’ai rien contre un peu d’alcool et de lâcher prise…

Chocolat ou cocaïne ?

Chocolat et sucre. L’addiction est au cœur de cette même problématique : une société qui nous rend tous un peu malades, qui glorifie nos bas instincts et nous prive de notre faculté à raisonner à l’école, à la télé, à travers la publicité… Les masses d’aujourd’hui sont de la chair à chagrin et nous tentons comme nous le pouvons d’oublier un peu cela. Mais je crois que nous avons les moyens aussi d’être des êtres sains, et de vivre dans une société saine.

Drama ou Peace & Love ?

J’ai en moi une sensibilité extrême, excessive et passionnée, alors je cultive la raison, le pragmatisme. Je tends vers plus de sérénité et je cultive la patience.

Discothèque ou plateau tv ?

J’essaie aujourd’hui de profiter de la vie parisienne pas chère voire gratuite, car j’ai toujours vécu en périphérie. Alors ciné, théâtre, projections, expo, concerts : toutes ces soirées qu’organisent les copains dans les lieux alternatifs, les squats… Ou alors on sort dans des petits bars avec les potes ou on apérote en plein air quand c’est la saison.

C’est quoi ton féminisme ?

Il me semble de plus en plus présent au sein de ma démarche qui se construit jour après jour. Je l’axe autour de la relation au corps, de la mienne, que j’estime entravée à la source. J’essaie de déconstruire pour mieux m’approprier cette relation, et faire part de ma réflexion, de mon cheminement, qui se construit au contact de l’autre, des autres. Je souhaite parler de la beauté profonde de notre nature, de nos racines, de notre animalité, afin d’effacer tout préjugé parasite et aliénant.

La vie idéale, c’est quoi, pour toi ?

Une vie proche des mes valeurs, loin de la bêtise humaine. Une vie qui s’étend, qui ne recherche pas la performance, qui s’assume, qui s’aime, et qui rayonne pour ceux qui se trouvent tout près de moi.

Et enfin, parle nous de tes projets pour les mois à venir.

J’ai entrepris un vaste projet pour lequel j’ai demandé à des personnes de poser pour moi en duo ou à plusieurs, nus et enlacés. J’ai retiré des séances photos un certain nombre de clichés que je dois maintenant dessiner. Il s’agit d’une série qui parle du “mythe des Androgynes” et qui se veut riche et complexe. J’espère pouvoir trouver un lieu pour l’exposer lorsqu’elle sera achevée. J’envisage de prolonger cette réflexion par une autre série, plus portée sur la question de la sexualité, mais c’est encore au stade embryonnaire. Et je souhaite faire un court-métrage qui aborde tous ces questionnements également…

Découvrez le travail de Madeleine Froment sur son site web : www.madeleine-latelier.com

 

 

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

Plus d'articles

Leave a Comment

*