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The Infinite Loop : coup de foudre lesbien et science-fiction

Aventure, science-fiction, romance… The Infinite Loop raconte l’histoire d’une jeune femme qui tombe follement amoureuse de celle qu’elle doit supprimer. Un bon moment pop corn plein d’aventures, mais pas que !

Ne jamais juger un livre à sa couverture, dit-on. Quand je commence la lecture du tome 1 de The Infinite Loop, j’ignore complètement de quoi parle ce récit, si ce n’est qu’il s’agit de Science-Fiction. Surprise complète : je découvre que l’intrigue se concentre sur l’histoire d’amour de deux femmes et sur leur combat contre un monde qui considère leur relation comme anormale. Les deux premiers tomes, L’éveil et La lutte, sont disponibles et édités par Glénat Comics.

L’histoire se passe dans un univers futuriste dans laquelle l’héroïne, Teddy, doit corriger les anomalies pour le compte d’une organisation gouvernementale. Son quotidien ? Voyager dans le temps pour corriger les bugs temporels. En d’autres mots pour supprimer les anomalies : les objets et être vivants n’étant pas censés exister dans telle ou telle époque. Exemples : tyrannosaure, sèche-cheveux, sabre-laser, un phonographe… Jusqu’ici, nous sommes clairement dans de la science-fiction pure, et non sur un récit militant. Jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que ce cadre sert un plus grand but : défendre le droit d’aimer librement.

Elsa Charretier (illustratrice) et Pierrick Colinet (scénariste), les deux auteurs de ce comic, ainsi que les contributeurs (Kelly Thompson pour la préface, Katchoo Scarlettinred pour le dossier sur l’évolution des représentations des gays et lesbiennes dans les comics) rappellent la difficulté de s’épanouir lorsque la société ne cautionne pas certaines histoires d’amour.

Quand Teddy, l’héroïne, tombe folle amoureuse d’une « anomalie » à forme humaine, le récit prend une autre ampleur, au point d’en oublier quasiment le cadre. Car The Infinite Loop a, dès le départ, été voulue comme une œuvre célébrant la tolérance et le militantisme. L’histoire, toute bête en somme, met la liberté d’aimer au cœur du débat.

Kelly Thompson écrit dans la préface, « L’enjeu réel, ce sont les libertés fondamentales dissimulées […] C’est la liberté pour le monde de former une tapisserie composée d’innombrables fils et couleurs, changeant et évoluant en même temps que ses habitants. » Au fil du comic, des clins d’œil et métaphores ponctuent intelligemment l’histoire. Tandis qu’une héroïne veut rester dans son nid douillet, métaphore du placard (« Tu es en train de me dire que tu t’es fabriqué un placard géant, pour ne pas avoir à en sortir ? »), l’autre veut s’engager, militer et vivre au grand jour leur amour (« I feel good, lesbian and alive ».)

Une question posée à Pierrick, le scénariste de The Infinite Loop, par le site Unificationfrance.com en décembre 2015, confirme le militantisme de cette histoire :

« C’est peut-être parce que c’est une thématique de société depuis quelques années, peut-être parce qu’en tant que jeune de la nouvelle génération, c’est un sujet qui nous paraît plus naturel. Ca devient vraiment difficile pour moi de comprendre pourquoi on en est encore là, pourquoi les homosexuels doivent encore se battre pour s’aimer librement, pour pouvoir se marier ou tout simplement pour se tenir la main dans la rue. Malheureusement, c’est encore le cas, et avec nos propres armes, on essaie de faire avancer les choses comme on peut. »

 

 

Charlotte

Quand elle n'écrit pas sur ses coups de <3, Charlotte tente de progresser en skateboard et d'arrêter de se perdre dans Paris. Vainement.

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One Comment

  1. Jéromine says:

    Comme bien souvent, on est é-pa-tée par l’absence de norme physique et comportementale contraignante (et de modèle complètement hétéra !) assignée aux personnages qui doivent paraît-il nous faire rêver et nous identifier.

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