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Pour les Prud’hommes, “sale pédé” n’est pas une insulte homophobe…Chez les coiffeurs !

L’homophobie n’existe pas dans le milieu de la coiffure, c’est bien connu ! C’est en tout cas sur cette idée reçue que le Conseil de Prud’hommes de Paris s’est permis de rendre un jugement… Pour le moins dérangeant.

En effet, saisi par un coiffeur d’un salon de la capitale pour une affaire de licenciement abusif, le conseil a estimé « qu’en se plaçant dans le contexte de la coiffure, (…) le terme “pédé” employé par la manager ne pouvait être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes. »

Début 2015, le coiffeur en question affirme avoir reçu sur son téléphone portable un texto envoyé par mégarde par sa manager : « je ne le sens pas, je ne le garde pas, c’est un sale PD, ils ne font que des tours de pute ». Le lendemain, la manager avait annoncé à son employé la rupture de sa période d’essai, pour « insuffisance professionnelle ». Certain de subir une discrimination liée à son orientation sexuelle, ce dernier a aussitôt saisi le défenseur des droits, pour lancer une enquête. Le salon de coiffure s’est alors défendu de toute homophobie.

Traiter quelqu’un de “sale pédé” ne semble pas, pour ce salon de coiffure et son avocat, constituer une discrimination liée à l’orientation sexuelle. Selon Slimane Laoufi, chef du pôle emploi privé au Défenseur des droits, le Conseil s’est rangé à l’avis de l’avocat du salon de coiffure et dénonce une décision rendue « dans la précipitation ».  Si le Conseil estime qu’il ne s’agit pas là d’un « élément caractérisant une discrimination », il considère bien que « ce sont des propos injurieux ». Autrement dit, “Pédé” est bien une injure, mais dans le milieu de la coiffure, elle perd son caractère homophobe. C’est bien connu, la plupart des coiffeurs sont gays, il ne peut donc pas y avoir de discriminations. On croit rêver !

L’affaire ne devrait pas en rester là. Car si le caractère abusif du licenciement a bien été reconnu ; l’employeur ayant été condamné à 5000 euros de dommages et intérêts ; le coiffeur et son défenseur comptent bien faire appel. On espère que le salarié débouté obtiendra, enfin, justice.

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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2 Comments

  1. anaelden says:

    Gorafi ? Ah ben non !

  2. timide says:

    …. C’est pas beau la Politique.

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