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Vers des jouets moins stéréotypés ?

Un rapport du Sénat, qui n’est pas connu pour ses prises de position très progressistes, faisait déjà état le 11 décembre 2014 de « l’importance des jouets dans la construction de l’égalité entre filles et garçons ».

Nous avons récemment évoqué la disparition du personnage de Rey dans le jeu de Monopoly : Star Wars. Le jouet avait été violemment critiqué en raison de la faible représentation des personnages féminins et la marque avait finalement choisi d’ajouter la figurine à la nouvelle édition du jeu. Pour changer les choses si on changeait d’abord les jouets ?

Plusieurs avancées récentes. La marque Mattel qui commercialise la fameuse poupée Barbie a annoncé l’arrivée de trois nouveaux modèles de poupées, trois nouvelles morphologies disponibles dans l’année. Après s’être attaquée aux stéréotypes de genre dans une publicité, la marque Mattel fait une nouvelle avancée, ne pas proposer qu’une seule et unique image des femmes. Quatre catégories donc : curvy (avec des formes), tall (grandes), petite et bien entendu, l’originale. Le tout décliné en 7 tons de couleur différents, 22 couleurs pour les yeux, 24 coupes de cheveux et de nombreux accessoires.

Dans la foulée, la marque a fait part de son intention de commercialiser des poupées Superman et Wonder Woman, une figurine qui évoque, selon la marque, à la fois la beauté et la force. Pourquoi ces évolutions sont-elles si importantes ? Depuis longtemps critiquée pour proposer des modèles trop éloignés de la réalité, la marque a choisi de répondre à la demande des adultes lassé.e.s d’acheter sans cesse le même modèle. D’autant que, dans le même temps, Mattel a vu ses ventes chuter au profit notamment de la marque Lego, dont les résultats ont été boostés par l’engouement suscité chez les enfants par le film « La Grande Aventure Lego ».

Et la société danoise alors ? Du côté de Lego, les choses avaient pourtant bien commencé. Une note de 1974, qui a circulé sur internet il y a quelque temps et qui avait été authentifiée par la firme, évoquait la même envie de création chez tous les enfants, filles comme garçons, et encourageait les parents à les laisser construire vaisseaux spatiaux et maisons de poupées selon leur envie et non leur genre. Pourtant, la sortie de la gamme Lego Friends avait relancé les débats : un univers tout rose et mauve, où les filles se maquillent et font du shopping. Les réactions ne s’étaient pas fait attendre et la marque avait rectifié le tir avec la collection Research Institute et des figurines de femmes scientifiques. Mais il suffit de se pencher sur les sites de magasins de jouets pour voir que la partition est assez claire, non seulement les filles ne jouent guère aux Lego mais en plus elles ont des produits bien à elles, par exemple les Lego Disney Princess, dans un joli univers féérique tout rose.

A quand des jouets qui ressemblent vraiment aux enfants qui y jouent ? Peut-être pour bientôt, à en croire l’annonce faite par la firme danoise d’intégrer à une nouvelle boîte de jeu une figurine en fauteuil roulant. La marque répond ainsi à l’appel de la campagne #ToysLikeMe qui demandait l’intégration de figurines représentant les corps handicapés pour enseigner la tolérance aux enfants et ne pas générer un sentiment d’exclusion auprès des enfants différents. Il est essentiel pour le développement des enfants de faire entrer la diversité dans les coffres à jouets. C’est le parti pris de la marque britannique Makies qui propose des poupées auxquelles il est possible d’ajouter un fauteuil roulant ou encore un appareil auditif, afin de représenter l’ensemble des enfants, y compris les handicapé.e.s.

L’objectif de ces démarches ? Sensibiliser les plus jeunes à toutes les formes de beauté et permettre ainsi d’inculquer l’acceptation de la différence. Les choses avancent, mais la route est encore longue vers plus de diversité, et on ne peut qu’espérer que bientôt nous n’accueillerons plus les annonces des fabricants de jouets avec de telles scènes de liesse. Ce jour-là, nous verrons enfin la ligne d’arrivée.

 

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    Leslie

    Leslie aime les paradoxes, les gens curieux et la grammaire mais aussi le reblochon et le rugby. Elle écrit sur la vie des gens et les livres. Twitter : @LPreel

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