3 - The Wildrose

Lesbiennes d’Ailleurs : Seattle / Portland

Hello again ! Barbi(e)turix part en voyage ! Et comme vous êtes des petites chanceuses, on vous emmène avec nous et on vous fait vivre les contrées lointaines comme si vous y étiez. «On » c’est en fait Hannah, qui, ayant à peine rejoint la team, a décidé de partir à l’autre bout de la planète, pour vous faire découvrir des lesbiennes d’ailleurs, rencontrées sur internet ou dans le monde réel, via des récits palpitants et quelques photos (pour un portfolio plus extensif, rendez-vous sur Dailimages).

Pas trop froid dans la soute ? Prêtes à découvrir le Pacific North West des USA ? Je vous préviens, on y fait juste un passage éclair ! A Seattle, je suis logée chez une amie géniale, Bonnie, militante féministe qui travaille au planning familial, qui décide de me trimbaler dans toutes ses soirées du week-end. Il faut savoir que ma méthode pour essayer de comprendre la vie lesbienne locale consiste entre autres à passer des heeeeuures sur Tinder pour trouver de braves volontaires voulant bien me parler et poser pour moi –sauf si parfois j’ai de la chance et les rencontre par contact. Si mon weekend a été très straight, il a aussi été très Seattle : visite des premier et dernier Startbucks, car la sirène du café est née ici, dégustation de bière locale (les microbreweries sont légion), et visionnage d’un match des Seahawks (foot américain) dans un sports bar. Ma tentative de sortie dans le seul bar lesbien de Seattle fût un échec, nous nous sommes retrouvées face à une porte close pour cause de coupure de courant.

C’est donc grâce à Tinder que je booke une séance interview/photo avec Cristeena dans le café où elle travaille. Après des regards insistants suivis d’un « Are you Hannah? » , je m’installe et début la conversation avec l’ une de mes participantes les plus sympas jusqu’ici. Cristeena est ultra ouverte, noire, très féminine et préfère les femmes un peu tomboys et blanches –bien plus vieilles qu’elle en général, remarque-t-elle alors qu’elle me fait son historique ! Ces précisions sont pertinentes parce que bien qu’elle me dise, comme tout le monde, que Seattle est super queer, les rares exemples d’homophobie auxquels elle s’est trouvée confrontée sont dus au fait qu’elle sorte avec des filles blanches garçons manqués. Avec son ex, des taxis les ont jetées, des mecs se permettent de la draguer ouvertement en sa présence, et le pire, ce sont les hommes noirs qui lui disent « Qu’est-ce que tu fous avec elle, il te faut un mec noir ! ». A part ça, aucun problème, et elle est du genre à rouler d’énormes pelles sur le trottoir apparemment ! Mais cette différence d’apparence la laisse songeuse : quand les gens la voient elle, ils ne pensent pas vraiment à grand chose, qu’elle travaille, a sa petite vie, peut-être un mari, un chien… Mais quand ils voient son ex, très masculine, ils se disent automatiquement « Hide your wives, hide your girlfriends! », alors qu’elles sont toutes aussi « dangereuses » l’une que l’autre, Cristeena est une tombeuse !

 

Cristeena

D’ailleurs en parlant de tombeuse, elle me confirme qu’il n’y a bien qu’un seul bar lesbien dans la ville, et vu que c’est mon dernier soir ici, je m’y dirige. Quand j’arrive à 19h30, le Wildrose est littéralement vide (bon, c’est lundi aussi), mises à part la patronne et une employée. La seconde s’appelle Tiffanie et est aussi agréable que la première est antipathique. On discute un peu et elle me laisse la photographier, puis deux autres filles arrivent et s’installent chacune à un bout du bar. S’ensuit une conversation à quatre voix assez irréelle où j’écoute plus que je ne parle et les deux autres racontent leurs récents déboires en tous genres. Pendant ce temps j’organise mon dernier rendez-vous de la journée, avec Karen. Celle-ci finit par me rejoindre au Wildrose, et donc quand elle s’éclipse aux toilettes, Tiffanie et un client me demandent tous deux si je viens de m’organiser un petit hook up Tinder rapide, haha ! En lieu et place on mange une part de pizza juste à côté, et on papote. Même si elle trouve un peu triste qu’il n’y ait qu’un bar lesbien à Seattle, ça s’explique parce que la ville est si ouverte… Un mal pour un bien en somme.

Tiffanie

Le lendemain je décolle –enfin, je monte dans un Bolt Bus, pour Portland. J’arrive sous des trombes d’eau, ça fait 3 jours que je suis trempée et le climat du PacWest commence à me taper légèrement sur le système. En bonne lesbienne, je me retrouve à squatter le canapé de l’ex de mon ex, Micaela. Je n’ai qu’une journée dans cette ville paradis des hipsters, donc j’enchaîne les coffee shops et j’achète des livres d’occasion. Je conclus mon après-midi avec Gabby, born and raised à Portland. Selon elle, l’extrême ouverture de la ville aurait carrément freiné son coming out ! Quand vers 17 ans elle avoue à l’une des ses sœurs « Je crushe sur une fille », celle-ci a répondu « Mais c’est pas grave on a toutes des crushs sur des filles ! ».Ici, pas besoin d’un bar gay spécifique, donc bonne chance pour trouver la femme de tes rêves un samedi soir, elles sont toutes éparpillées. Il y a quand même des lesbian nights dans certains endroits mais bon… Elle mentionne également ce qu’un homme gay un peu âgé ayant vécu dans de nombreuses villes Américaines pense de Portland : les gens sont tellement ouverts et l’homosexualité y est tellement acceptée, que la communauté homosexuelle y est la moins solidaire, faute d’ennemi commun pour rassembler. De retour chez Micaela, je dîne avec elle et son ex du lycée, donc une de ses meilleures amies, Cassidy. Les deux sont bi et me confirment le niveau de queer de Portland, l’absence de bar… Mais je ne fais pas d’interview formelle, l’ambiance ne s’y prêtait pas vraiment.

Cassidy

Je décolle –pour de vrai cette fois, à l’aube, donc pas le temps de voir grand chose d’autre, et j’en suis un peu déçue, parce qu’a priori l’atmosphère de cette ville me plaisait plus que celle de Seattle. Là-bas une voiture est indispensable, alors que Portland, en bonne hipster, est bien plus accessible aux piétons et vélos. Mais quoi qu’il en soit, dans les deux il pleut beaucoup trop à mon goût, et je suis enfin prête pour le sud ! Hola Mexico !

A la prochaine les loulous ! Et comme d’habitude, portfolio extensif sur Dailimages.

 

Hannah

Hannah est myope et adore la photo (elle en prend même), le ciné, et lire des livres. Elle admet sous la torture une faiblesse pour Gromit et Federer mais fond devant du Lindt aux noisettes.

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