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Lasseindra Ninja : Paris is Voguing !

Il y a quelques mois, BBX vous avait raconté la petite histoire du voguing. Depuis 2009, cette danse prend son essor en France. Dans le cadre de notre carte blanche à la Gaîté lyrique, nous avons décidé d’organiser un atelier d’initiation au voguing pour les enfants, animé par la célèbre Lasseidra Ninja, figure de proue du voguing dans l’Hexagone. Portrait.


crédit photo : Jacob Khrist

Lasseindra Ninja – Xavier à la ville – est originaire d’Amérique du Sud, elle a 28 ans et la danse est son métier. C’est la mother de la House of Ninja. Une référence à qui l’on doit l’importation du voguing en France. Avant d’intégrer sa house, Lasseindra s’est fait un nom toute seule en étant une des premières à faire du Vogue fem. Elle a participé à d’innombrables battles et a souvent été la seule travestie. C’est une inspiration pour la nouvelle génération de vogueurs.Vous ne saurez pas sa vie en détails, car elle sait rester discrète. Il est d’ailleurs rare que les danseurs se confient sur leur vie en dehors des balls. On ne voit qu’une facette, celle du show et des paillettes. L’important c’est la danse et son pouvoir d’expression à travers l’enchainement de poses suggestives, les figures, la gestuelle stylisée récupérée des papiers glacés. C’est à la croisée entre un défilé de mode et un concours de danse.


Photo tirée de la série Vogue ! Paris

Faisons une piqûre de rappel. C’est quoi le voguing ? Pour le comprendre, il faut déjà adopter le langage adéquat. Chaque danseur appartient à une House, une (seconde) famille dans laquelle on trouve une mother, dirigeante essentielle, et un father, qui s’occupe des childrens. La hiérarchie s’organise en fonction des compétitions gagnées et de l’ancienneté. Ils s’affrontent lors des balls, entre maisons concurrentes. Lorsque l’on demande à Lasseindra ses modèles elle répond : « Ma mère Courtney Balanciaga, ma mère biologique, ma Big sister la mother Steffie Mizrahi, mon frère Alex Mugler ainsi que mon father. » Vous suivez ?


crédit photo : Guillaume Murat 

Le Voguing, ce n’est pas une simple danse, c’est un état d’esprit et une culture complexe et codifiée qui prend ses racines dans la culture noire gay américaine. C’est d’ailleurs dans un club new-yorkais que Lasseindra découvre le voguing pour la première fois : « C’était au début des années 2000, dans un club de Harlem. Ce qui m’a plu, c’est la grâce, la féminité et la liberté d’expression à travers cette danse. » Le pouvoir du voguing ? Jouer sur les stéréotypes de genre. Quand on vogue, on est libre de devenir qui on veut. Le voguing offre un espace de liberté : « La ballroom scene française permet aux gens de s’épanouir car ils ont la possibilité de s’inventer, de jouer des normes, de s’amuser avec leur corps, d’être fier, d’être différent. » explique Lasseindra.

Mais ne se décrète pas vogueur qui veut. C’est une identité qui a ses structures, sa grammaire sociale, un langage et une gestuelle précis, ce n’est pas qu’un divertissement qu’on peut se réapproprier pour en faire n’importe quoi. « L’esprit Vogue, c’est un patrimoine à protéger » dit Lasseindra. « Il y a eu trop de dérives. »

Carte blanche Barbieturix à la Gaîté Lyrique du 21 au 24 janvier

☞ Rendez-vous samedi 23 janvier à partir de 15 heures pour l’atelier “éveil au voguing” animé par Lasseindra, suivi d’une boum avec Dj Betty
A partir de 6 ans
Sur réservation à cette adresse 

A voir : le court-métrage Realness with a Twist réalisé par Romain Cieutat pour la Red Bull Music Academy. Une fiction de six minutes sur la double vie d’un vogueur contraint de se cacher à son entourage.

Chloe

Caution geek de BBX, Chloé écrit sur l'art, le théâtre et le cinéma. Passion fast-food, salopettes et nuits blanches. Toujours OK.

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3 Comments

  1. timide says:

    …. Pump up the jam …

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