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Orgie queer, mohair et féminisme : Peaches est de retour !

Un cinquième album et une tournée en Europe : Peaches is back ! La reine des agitatrices et icône de l’électroclash revient avec toujours plus de transgression, de mauvais goût et d’humour ! Elle sera jeudi sur la scène de la Cigale, à Paris.

La plus barrée des Canadiennes est de retour. Peaches, de son vrai nom Merrill Beth Nisker, sortait en septembre son cinquième album, un disque brut et fracassant, accompagné d’une ribambelle de clips tous plus zinzins les uns que les autres. Si elle n’a pas sorti d’album depuis I Feel Cream il y a 6 ans, on ne peut pas dire que la chanteuse ait chômé : elle s’est d’abord illustrée par Peaches Christ Superstar, une version revisitée de l’opéra rock Jesus Christ Superstar, puis par un petit rôle dans le film de Céline Sciamma, Ivory Tower en 2010, une collaboration avec Major Lazer ou encore une comédie musicale queer inspirée de sa propre vie, Peaches Does Herself en 2013. Rien que ça.

A 47 ans, la Riot Grrrl semble atteindre l’acmé de sa notoriété. C’est sans doute le savant mélange de bizarrerie queer, de performances délirantes et de refrains savoureusement orchestrés qui fait la recette de son succès. Pour accompagner la sortie de ce cinquième album, Peaches a mis les petits plats dans les grands en sortant quatre clips à la fois cocasses et dérangeants. Pour Light in Places, le plus “esthétique”, elle met en scène la performeuse Empress Stah dans une séance de trapèze un peu particulière. Dotée d’un buttplug émettant des faisceaux lumineux, le cul de la très souple trapéziste lance des lasers à tout va. Après l’anal, place au génital avec Dick in the air. Peaches s’y promène dans Los Angeles avec sa copine Margaret Cho dans une fausse tenue d’Adam en mohair, dotée d’un pénis bringuebalant et volumineux. Pour Close Up, elle invite Kim Gordon à la coacher pour un match de catch. Avec Rub (“frotter” en français), son dernier morceau en date, Peaches monte d’un cran. “Feel free, come with me” susurre-t-elle nue dans le désert, avant de nous inviter à une orgie queer en plein air.

La provoc’, Peaches, ça la connait. C’est même son fond de commerce. Mais n’allez pas croire que la diva pisse face caméra ou cavale nue sur un étalon pour le simple plaisir de choquer le chaland. Derrière le costume de super-héroïne trash se cache un engagement réel contre les réacs de tous bords et le sexisme, véritable cheval de bataille de la performeuse.

Rub est d’abord un plaidoyer pour la différence et la liberté sexuelle. Les femmes agitent leurs seins et leurs fesses depuis des décennies dans les clips. Et si les mecs faisaient virevolter leur sexe pour changer, s’ils se baladaient la bite à l’air (Dick in the air) ? Une autre chanson dénonce la vaginoplastie : « Des jeunes femmes sont en train de détruire leur vagin parce qu’elles croient qu’il est moche. Elles se font opérer juste parce qu’un mec leur a suggéré. Bien sûr si vous avez besoin de changer de genre ou si jamais vous avez un accident, vous avez besoin de cette opération.  Mais les femmes doivent apprendre à s’accepter comme elles sont.» confiait-elle à 20 minutes en septembre dernier.

Si Peaches opte pour la dérision, son discours sur le genre, le corps et l’identité sexuelle n’en reste pas moins puissant et engagé. Cette puissance lubrique et politique fait l’essence même de Rub, album suintant le stupre et le plaisir d’être soi.

 

Peaches sera en concert le 17 décembre à la Cigale !

Billets disponible ici

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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