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Festival Trans-Form #1: du queer à Marseille

Performances, DJ sets, concerts. Un nouveau venu dans le paysage des festivals des cultures queer : le festival TRANS-FORM qui aura lieu à Marseille les 27, 28 et 29 novembre. Un festival « hors normes et hors sol » né de la volonté de construire ensemble et de représenter la richesse de la création artistique qui sort des standards hétéronormés.

A la fin de la semaine se tiendra la première édition du festival des créations queer contemporaines de Marseille, à la Villa Alliv, une résidence d’artistes, très orientée street art. Cette grande maison qui devait faire l’objet d’un grand chantier dans le 8ème arrondissement de Marseille est régulièrement habillée et graffée par toute sorte d’artistes. C’est dans ce lieu a priori très masculin, très hétéronormé mais qui a tout de suite accepté de s’ouvrir à d’autres perceptions du corps, du genre, du désir et de la sexualité que Trans-Form entend faire bouger les lignes.

I Apologize, en concert le vendredi 27 novembre à 20h30 

C’est d’un constat simple qu’est né le projet porté par le collectif d’associations IDEM (pour Identités – Diversité – Egalité – Méditerranée) : l’absence de reconnaissance des créations queer à Marseille et dans les alentours. A l’inverse d’autres villes, comme Bordeaux par exemple, il n’y a pas d’espace dédié à la visibilité queer. Pourtant les contenus sont là, et les organisateurs et organisatrices ont bien perçu qu’ils répondaient à une attente. Quand on l’interroge sur ce que veut dire « création contemporaine queer » pour eux, Valérie nous explique qu’il s’agit avant tout de sortir des standards d’une culture hétérocentrée. Tous les artistes programmés travaillent sur les questions de genre, ils font tous des propositions artistiques qui interrogent le rapport à la sexualité, qui cherchent à brouiller les frontières, les codes.

Pourquoi Trans-Form ? Parce que la création artistique est une transformation : c’est par exemple le sens du travail d’Hugo Bo Chanel, un artiste pluridisciplinaire qui proposera une performance autour d’un lap dance transformiste. Mais c’est aussi parce qu’il s’agit de permettre aux participant.e.s de ressortir de l’expérience transformé.e.s. « Il s’agit d’ouvrir une petite fenêtre » explique Valérie. Ce que souhaitent les organisatrices et les organisateurs de Trans-Form c’est de permettre un questionnement.

Les Platonnes, performance et musée rétro-futuriste, dimanche 29 novembre de 13 à 16 heures

Deux soirées sont prévues durant lesquelles se succèderont des concerts ceux de I Apologize de Jean-Luc Verna ou encore du groupe féministe à l’ironie misandre Emasculation qui vient de sortir un nouvel album, des performances et des DJ sets. Sarah, du collectif IDEM, explique que c’est amusant de voir à quel point les gens remarquent le nombre de femmes dans la programmation. Mais la simple présence de tant de femmes suffit à déranger tant on n’a pas l’habitude de leur donner de la visibilité. « Ce qui fait le plus peur, c’est la soirée où viennent les filles [d’Emasculation] » Effectivement, la programmation est paritaire, autant de femmes que d’hommes. La portée féministe des choix est très nette, et on retrouve d’ailleurs les Platonnes, qui présenteront leur réécriture du Banquet de Platon.

BadBad, en concert le 28 novembre à 23 heures

On pourra également découvrir ou redécouvrir le travail de Rébecca Chaillon et Elisa Monteil de la compagnie Dans le Ventre qui, après avoir présenté Monstres d’Amour au 104 il y a quelques jours, proposeront leur performance Cannibales spécialement imaginée pour l’occasion, autour de la violence du sentiment amoureux. Du côté du dancefloor aussi, la parité sera respectée puisque vendredi soir, c’est le DJ Lotic qui quittera la scène berlinoise le temps d’une soirée, lui qui évoque « la frustration ressentie en mixant dans des festivals européens principalement peuplé par des hétéros blancs plutôt fermés en musique, et mon incompatibilité avec la culture club et l’industrie musicale » tandis que samedi c’est BadBad qui proposera ses expérimentations musicales aux sonorités très punk.

DJ Lotic, résident du JUNUS de Berlin, DJ-set le vendredi 27 novembre à 23 heures

Les organisatrices insistent sur leur volonté d’éviter l’entre-soi, de permettre une approche ouverte à 360°, notamment lorsqu’elles nous parlent de la programmation de la journée de dimanche : un brunch, un atelier de maquillage ouvert aux enfants par Hugo Bo Chanel, le spectacle de Gulko transformiste. De quoi venir en famille interroger les frontières des genres et la pluralité des identités. Il s’agit de faire naître la discussion et l’échange et « que chacune vienne avec sa bande, quelle qu’elle soit. En famille, avec des ami.e.s…» comme l’explique Valérie. Trans-Form souhaite s’ouvrir au plus grand nombre tout en proposant une programmation queer pointue.

Plus d’informations sur www.collectif-idem.org/trans-form

Leslie

Leslie aime les paradoxes, les gens curieux et la grammaire mais aussi le reblochon et le rugby. Elle écrit sur la vie des gens et les livres. Twitter : @LPreel

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