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Grenoble Mixing Girls Club : Plus de visibilité aux femmes DJs !

La domination masculine, c’est aussi derrière les platines. C’est à partir de ce constat qu’est né le Grenoble Mixing Girls Club lancé officiellement le 13 octobre, avec pour principale ambition de donner de la visibilité aux femmes dans le monde du DJing. A l’initiative, Rescue, que les adeptes des Wet for Me connaissent bien puisqu’elle a officié en juin dernier pour la Pride Edition et avec elle, une dizaine de femmes de tous âges et de tous horizons. On a rencontré ces femmes qui contribuent à faire bouger concrètement les choses pour l’égalité femme-homme.

Rescue

BBX : Comment est né le Grenoble Mixing Girls Club ?

Rescue : D’un constat : ça fait 12 ans que je mixe et je suis bien trop souvent la seule fille dj dans les soirées grenobloises. J’ai lancé un appel cet été sur ma page Facebook, ça a répondu mollement… Tout s’est un peu précipité et concrétisé grâce à l’invitation de La Bobine, le bar associatif où j’ai une résidence depuis 2011, qui m’a demandé de proposer quelque chose pour la Quinzaine de l’égalité HF en octobre. J’ai dit ok, ce sera la soirée de lancement du collectif. J’ai contacté Solutricin que je connaissais déjà, on en a parlé autour de nous, le bouche à oreille a fonctionné et pour notre première réunion à la fin de l’été on était déjà 7.

Qui sont les membres du GMG Club ?

Marcello Rompivetro : Aujourd’hui on est 12 : Annie Wolf, DJ Brindille, Cholette, Mag, Odessa, Queen Kang, Rescue, Shin, So So Klectik, Solutricin, Steff et moi. 6 Djs et 6 selectors d’âges, d’horizons, de styles, de niveaux différents ! C’est ce qui fait la richesse du club, qui s’agrandit sans cesse : on sera bientôt une quinzaine.

Marcelo Rompivetro

Vous rejetez le mot « djette », pouvez-vous nous rappeler pourquoi ?

Rescue : “Ette” est un suffixe diminutif… Un camion > une camionnette. Une vache > une vachette. Une bûche > une buchette. Donc non : la DJ n’est pas une version miniature du DJ !
D’ailleurs DJ c’est une abréviation donc c’est doublement absurde d’y ajouter un suffixe.

So So Klectik : Le métier reste le même, est pratiqué de la même manière, pourquoi féminiser le mot si on part sur des bases égales ? La seule inégalité dans le fait d’être une femme dj, c’est le nombre de femmes… Ce collectif peut permettre à certaines qui mixent dans leur coin de nous rejoindre et de partager leur passion pour la musique.

So So Klectik

Est-ce qu’on peut parler de démarche féministe ?

Rescue : Je suis féministe. Et même si toutes les filles du collectif ne se définissent pas comme telles, je crois qu’on peut dire que de fait le GMG Club part d’une démarche féministe puisque son but initial est d’œuvrer pour apporter plus de visibilité aux femmes DJs qui sont sous-représentées, de contribuer à susciter des vocations afin d’équilibrer le ratio hommes / femmes DJ dans les soirées. Ça correspond pas mal à une définition du féminisme !

Le GMG Club est un collectif récent, quel accueil vous a été fait lors de sa création ?

Rescue : J’ai été surprise de voir l’enthousiasme que suscite ce projet ! On a eu le soutien de quasi tous les médias locaux, beaucoup de monde à la soirée de lancement, des réactions positives de partout…

Solutricin

Quel est votre mode de fonctionnement ? Concrètement, ça va se passer comment ?

Rescue : C’est super open… On est un collectif et pas une asso, on n’a pas de structure légale. Je n’avais pas envie de fermer le truc par trop de lignes directrices, mais plutôt de casser les barrières des affinités, des styles, du niveau technique, des crews… Bref de rassembler. Tu t’identifies comme fille, tu es dj ou selector ou tu veux te lancer dans cette voie, tu vis dans la région grenobloise ? Tu es la bienvenue. Il n’y a pas de chef, même si de temps en temps il faut quand même un peu canaliser les énergies et rappeler les principes fondateurs pour que ça ne parte dans tous les sens ! Mais l’idée est de parvenir à faire un truc ensemble à partir de ce qui nous rassemble (le DJing, la musique) et malgré tout ce qui peut nous séparer. C’est pas évident, mais c’est assez excitant ! Il y a des propositions, des projets… Une émission de radio est en cours de création, toutes les filles ne participent pas forcément. On ne mixe pas forcément toutes ensemble, chacune garde son autonomie, on peut proposer ou se voir proposer des soirées labellisées GMG Club en petits groupes de 2 ou 3… Bref c’est très libre.

Comment fait-on pour vous rejoindre ?

Annie Wolf : Vous pouvez nous envoyer un petit mot à gmgclub38@gmail.com ou sur notre page Facebook. On se réunit plus ou moins régulièrement pour des mix sauvages ou débattre autour de questions féministes, on s’échange des romans par mail (Woolf et Sackville-West en seraient presque jalouses ;) Bref, rejoignez-nous, vous allez voir c’est super :)

Quelles sont les prochaines dates, les prochains rendez-vous où l’on peut vous découvrir ?

Solutricin : Je serai en duo electro mix / impro piano avec Flowlite pour un concert à la Soute, Chambéry le 6 novembre, dans le cadre de la soirée Tous créatrices. Rescue sera l’invitée de l’asso Only Girls à Annecy le 21 novembre pour la soirée Be My Drag. On la retrouve aussi chaque 3e mardi du mois à la Bobine à Grenoble pour sa résidence Go Bang!. Et une autre date avec tout le crew se prépare à La Bobine pour le 1er trimestre 2016.

Toutes les infos sont à retrouver sur la page Facebook du Grenoble Mixing Girls Club 

crédit photo : Pascale Cholette

Leslie

Leslie aime les paradoxes, les gens curieux et la grammaire mais aussi le reblochon et le rugby. Elle écrit sur la vie des gens et les livres. Twitter : @LPreel

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2 Comments

  1. timide says:

    Merci Rescue @BBX.

    Genres et choix. La confusion n’est pas une fatalité.

    Après tout, Gouine comme un camion, nous te voulons toujours à la marche des fiertés de Paris !

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