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7N : une marche contre les violences machistes en Espagne

7N, c’était samedi. La première marche nationale contre les violences machistes en Espagne a rassemblé à Madrid des dizaines de milliers de personnes venues de tout le territoire, à l’appel de 380 organisations féministes, de certains syndicats et partis politiques.

« Quand nous les femmes nous sommes dans la rue, le patriarcat tremble » peut-on lire sur la page d’accueil du site de l’événement. Les collectifs réunis exigent que la lutte contre le terrorisme machiste devienne une priorité de l’Etat. Ils souhaitent le développement et l’application de la convention d’Istanbul (la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, ratifiée par l’Espagne et la France en 2014), l’application des recommandations de la CEDAW (la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1979).

crédit photo : Mercedes Domenech 

La loi espagnole de protection des femmes contre les violences de 2004, une loi pionnière en Europe, est aussi dans le viseur. Elle doit être réformée pour que toutes les violences soient concernées, et non plus seulement celles qui s’exercent dans le cadre des relations de couple.
D’une façon générale, il s’agit de dénoncer toute forme de violence, agressions sexuelles, viols, mais aussi harcèlement au travail ou au sein de la famille, ainsi que la mythologie sexiste véhiculée par les médias qui discrédite et dévalorise les femmes. Depuis le début de la crise en Espagne en 2008, les moyens alloués à la lutte contre les violences et à la promotion de l’égalité n’ont cessé de baisser dans un contexte de sévères coupes budgétaires.

La marche de samedi a emboité le pas au Train de la liberté de 2014 qui a réuni des milliers d’Espagnoles pour dénoncer le projet de loi contre l’avortement d’Alberto Ruiz Gallardón, abandonné depuis. Elle a suivi le collectif Ni una menos contre les violences machistes en Amérique du Sud en juin dernier. Les violences à l’encontre des femmes dans le monde restent, selon l’OMS qui commentait une série d’études l’an dernier, à un niveau « inacceptable ».

En Espagne, depuis plusieurs années déjà, les violences subies par les femmes font l’objet d’une couverture médiatique difficile à imaginer depuis la France. Les cas sont suivis par les journaux télévisés nationaux. Les campagnes et les débats sont renouvelés. Dans Les violences contre les femmes (2011), Maryse Jaspard commente la réception dans la presse française de Te doy mis ojos (Ne dis rien) de Icíar Bollaín, sorti en 2003, un film didactique qui montrait l’engrenage de la violence dans un couple et les stratégies de l’héroïne pour échapper à son bourreau. Les médias français furent alors promptes à brandir le fantôme du macho ibérique… La chercheuse précise dans son étude: « l’Espagne est ainsi fantasmée comme le pays de toutes les violences alors que le phénomène présente la même ampleur dans les deux pays. »
La même ampleur ? En France en 2014, 118 femmes ont été tuées par la violence conjugale, en Espagne, 51. No comment.

Lire le manifeste de la marche 7N :
http://marcha7nmadrid.org/manifeste-en-francais/

Isabelle

Isabelle aime les cabinets de curiosité et la vieille techno hardcore, la confusion des sens et les concentres Harley au clair de lune.

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