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Grimes, on t’aimait bien….

Non, cette semaine, côté musique, nous ne vous parlerons pas de l’insoluble Art Angels et du retour de Grimes. Non non non. Hors de question. Grimes, le pendant extra et pas terrestre du tout de la pop actuelle. Actuelle ? Enfin, de la pop d’avant quoi. Grimes. Tu m’entends ? « La petite Claire Boucher est demandée au rayon Indé !». Plus personne à l’adresse, numéro non attribué, y’a plus qu’à zapper.

Voilà, c’est arrivé. La petite Boucher s’est faite avaler par l’usine bouchère de la musique industrielle. Mince, et merde ! Et par « industrielle », nul minimalisme berlinois, nul barre de fer à faire clinquer contre le cylindre de la tôle majestueusement abîmée des bagnoles de l’ex-RDA, rien de tout ça ne sera ici abordé. Non non non. Par « industrielle », du côté de Grimes, il faudra entendre, cochons, mulets et truies à gogo, sciés par machines, cris strident, dans la nuit, encore crispant.

Aie ouille aie

Voilà, c’est arrivé, Grimes nous a quitté. Pourquoi t’édulcorer de la sorte, pourquoi toutes ces façons ? Tes bulles de savon ont perdu la raison mon enfant. Industrie chevaline, moulin à synonymes, commerce de gros ; instinct passé au crible, beauté grisée, friche frisée, superficialité en porte-à-faux, le pur, l’unique, l’incroyable, lamentablement gâché, passé à la moulinette, s’il-te-plaît, je t’en supplie, arrête arrête ! Trop tard. Mince. Et merde ! Ta gueule l’enfant, qu’ils ont dit. Consommation, consommation, consommation, je te somme de stopper net ! Trop tard. Masse moutonnière et dans les poches plein de pépètes ; oui oui ; à se planter des couteaux dans l’dos (pas forcément) toute seule, loin d’être la première, et sûrement pas la dernière.

Grimes tu étais le jour, tu étais la nuit et dans le ciel, le soleil d’or resplendissant. Nous t’aurions épousé, dans le soleil couchant. Tu étais amour, tu étais douceur, l’espoir retrouvé d’une année 2012 qui agitait les Internets, tu étais l’avenir déjà rayonnant d’une golden génération de « pop artists » bien lotis. Perchés, décalés, barrés, Mars n’avait qu’à bien se tenir, Neptune vous ouvrait les bras, vous étiez rois, vous étiez lois ; oui oui ; souviens-toi ; Austra, Future Islands, Blood Orange, Twin Shadow, WhoMadeWho ; mais toi, toi, notre enfant chéri, pour toi c’est trop tard ; oui oui. Digérons donc nos perles ; Rosa, ne pleure pas. Avi, s’il-te-plaît, allez, souris. Oblivion, c’était bon, c’est con mais c’est fini. Vanessa, s’il-te-plaît, lui en veux pas, allez. Puis Weregild le si beau, vite vite, bouche-moi ces oreilles. Aujourd’hui, c’est l’oseille. Plus rien qu’l'oseille.

Nostalgie

Voilà, c’est arrivé. La couronne flamboyante de la pop qui s’enterre. Grimes, tu t’es plantée. C’est le 2e album qu’il faut rater ! C’est notre fierté, notre amour de la musique, que tu assommes avec tous tes manqués. Grimes & co. Notre force à nous de vous porter, vous. Vous les artistes qui flanchent pour que dalle. Vous les petits génies mal compris qui se plantent, le cœur sale. Vous qui nous prenez pour des arbitres. Confusion à profusion. C’est pour des cons que l’on passe, pardon. Je te somme de t’arrêter. Tu peux jouer dans le gore. Le sanguinolent. Le punchy, le catchy, montre nous tes fesses ça ne marche pas. C’était bien pourtant nous deux, avant, qu’est-ce que c’était bien BON DIEU. Allez, cesse donc de t’agiter. C’est fini. Fini fini. On te quitte.

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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5 Comments

  1. Naud says:

    Yes. Please. Casse-toi. Article lolesque, entre le basic berlinois et le gros méchant capitalisme. Qu’elle produise tout elle-même et s’affranchisse enfin de tous ce que les bouseux hype lui ont foutu dans la gueule pendant des années, ça compte pas? Cette première chanson vous est pourtant destinée, idiots du bon goût. Stay basic, luv.

  2. timide says:

    Oh pis quand même,

    …. Sagrad Прекрасный ….

    belle éternelle.

  3. Lana says:

    Alors je suis d’accord pour dire que ça a changé, le son n’est pas le même, l’instrumentation etc. Mais peut-être reviendra-t-elle à ses bon sons plus tard. Peut-être aussi a t-elle cherché à toucher un public différent. Puis si on prend l’exemple de IZIA qui en a outré plusieurs d’avoir fait un album moins rock et “oh mon dieu” en français, elle a tout simplement eu envie de chanter dans cette langue et a cherché à être sincère. Je ne pense pas qu’elle ait à obéir à des désirs de producteurs de booster les ventes, elle n’en a pas besoin. Grimes a donc peut-être eu envie de faire une chanson dans ce style. D’accord je ne suis pas fan mais c’est dansant.

  4. Perry Ferry says:

    c’est vrai que cette grimes d’antan me permettait de patiner avec des souliers brillants
    quand je me soûlais de mes plus beaux rêves d’enfant
    quoique…
    je n’aurais jamais osé la laisser accompagner mes troubles résolutions courbes d’adulte
    mais l’anglais est une si belle énigme
    qu’il m’a accordé l’ultimatum de l’espoir des balançoires
    en matière de musique il faut se méfier des notes un peu en avance
    qui souvent masquent des paroles en forme de vieilles rengaines d’imposteur
    qui presque á chaque fois heureusement se dévoilent de bonne heure
    nous le savions: jamais des punks enrobés en robe de bonbons n’existeront.
    et je prie les déesses comme une tigresse pour que lydia lunch et brigitte fontaine
    continuent de nous assainer leurs vaines obscénités;.

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