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Lesbians Who Tech débarque à Paris!

Lorsqu’on a appris que le réseau Lesbians Who Tech se lançait à Paris, on a eu du mal à y croire. C’est un peu comme si le Dinah Shore des geeks décidait de s’installer en bas de chez nous. On ne pouvait pas louper ça. En attendant la soirée de lancement officielle, Barbieturix a rencontré la co-organisatrice du réseau Lesbians Who Tech Paris qui nous dévoile ses ambitions pour le futur.

Lesbians Who Tech (LWT), « lesbiennes dans la technologie », est une communauté regroupant des femmes queer travaillant dans la technologie ou ayant un intérêt pour celle-ci. Lancée en 2012 à San Francisco par Leanne Pittsford, entrepreneure américaine, investisseuse, UX designer et fervente activiste auprès d’Equality California, association LGBT la plus importante des Etats-Unis, LWT répond au manque de visibilité des lesbiennes dans la tech. Un comble lorsqu’on vit au cœur de la communauté homosexuelle et qu’on bosse à la Silicon Valley, Olympe des dieux GAFA : Google, Apple, Facebook et Amazon.

La tech étant un univers majoritairement masculin, où seulement 22,5% des femmes occupent des postes de direction, il n’y a pas à chercher très loin pour comprendre les raisons de ce paradoxe. Sexisme ordinaire et difficulté d’affirmer son talent en tant que femme arrivent en tête. C’est pour offrir un espace safe aux lesbiennes ainsi qu’à leurs ami-e-s, que LWT propose des événements pour développer son réseau, découvrir des start up, recruter ou se faire recruter, améliorer ses compétences lors de Tech Camps, tester des produits lors de démos et assister à des conférences tenues par des célébrités du monde high tech… Imaginez un keynote d’Apple animé par Ellen De Generes et vous y êtes.

LWT couvre aujourd’hui 22 villes à l’international et regroupe 10 000 membres. Plutôt bluffant pour un réseau lancé il y a 3 ans par une seule personne. Les valeurs d’inclusion prônées par LWT attirent un public divers et varié, le but affiché étant d’accroître le nombre de femmes, lesbiennes, trans et/ou de couleur dans le secteur tech. Pour ce faire, Leanne Pittsford peut compter sur ses city directors, des bînomes qui gèrent l’organisation de LWT et dont le rôle est d’animer les événements en fonction des besoins de la communauté d’une ville donnée. En Europe LWT a déjà investi Dublin, Stockholm et Berlin, il était grand temps que l’initiative débarque à Paris puisque la ville compte plus de 3 000 start up, soit tout autant de possibilités de croiser des lesbiennes développeuses, ingénieures, consultantes IT, graphistes, community manager, program manager… Encore fallait-il que Paris trouve ses city directors.

Marine Rome 

C’est suite à un voyage professionnel à San Francisco au courant de l’année 2015 que Marine Rome, communicaty manager chez Squid Solutions, une boîte franco-américaine, découvre et participe à un LWT. Elle est bluffée par le concept, sa capacité à déplacer les foules et à attirer de prestigieux partenaires : Google, Github, EY… et plus récemment la Maison Blanche. De retour à Paris, elle est convaincue de la nécessité de lancer LWT dans la capitale, lassée par la domination des hommes blancs cisgenres dans son domaine. Activiste chez les dégommeuses et Oui Oui Oui, Marine convainc son amie dégommeuse Cristina Arranz, ingénieure, de se lancer dans l’aventure avec la bénédiction de Leanne Pittsford. Officiellement intronisées city directors de LWT Paris, Marine et Cristina lanceront leur premier événement mardi 13 octobre à Allen’s Market. Si au départ elles s’attendaient à avoir une quinzaine de personnes à leur afterwork, l’événement affiche déjà plus de 50 inscriptions, preuve qu’il y a un réel besoin dans la communauté.

Cristina Arranz

Le but de cette première séance est de présenter le réseau mondial LWT, demander quelles sont les attentes des participantes afin d’organiser les événements à venir tout en dégustant des Brooklyn beers dans une ambiance conviviale. Un afterwork sympa et no stress. A moyen terme, Marine et Cristina aimeraient structurer le réseau parisien en proposant des séances thématiques (le Big Data…), des conférences, des outils, des méthodes de travail, des offres d’emploi sans omettre la partie réseau professionnel car c’est ce qui manque le plus aux lesbiennes par rapport à leurs congénères homosexuels. Le but étant de rendre visibles les lesbiennes dans la tech, avoir une légitimité, pour être ensuite invitées à des événements tel que le Web et de facto enfin être écoutées et entendues.

LWT Paris souhaite toucher un public différent, pas forcément militant. Si Marine et Cristina assument leur homosexualité dans le cadre de leur travail et sont ravies de partager leur expérience positive à ce sujet, elles ont bien conscience que tout le monde n’a pas cette chance et que dans certaines entreprises privées ou publiques il est encore difficile de vivre son homosexualité au grand jour. LWT Paris permet à ces personnes d’être elles-mêmes tout en respectant leur choix.

Si vous souhaitez participer au lancement de Lesbians Who Tech Paris du mardi 13 octobre, nul besoin d’être développeuse, il suffit simplement de porter de l’intérêt aux nouvelles technologies. L’événement est gratuit et ouvert aux femmes queer, aux trans et à leurs amis. L’événement sera en français, les non-francophones sont les bienvenues.

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Eventbrite

Emmanuelle

Globe-trotteuse sur-diplômée touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier). Un quart geek, un quart TDAH, un quart Taubira et un quart Ted Mosby ascendant Barney Stinson. Twitter : @emmanuellecamp0

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2 Comments

  1. timide says:

    Well well well ! :-)

    That’s kind of a web news.

    Alors, espérons au moins dans un oligo-commentaire que toutes ces solutions et ressources produites à l’intérieur du cadre aux normes lgbt puissent contribuer à “l’anti-violation” (?) des droits de l’homme au-delà du débit des réseaux sociaux militants.

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