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Le coeur et le cul #2 : “J’aime une fille qui ne m’aime pas”

Nostalgiques des courriers du coeur du magazine Girls, Barbi(e)turix propose désormais chaque semaine sa rubrique conseils. Aujourd’hui, pour notre deuxième lettre, nous parlons amour à sens unique avec notre lectrice Blanche.

Chère Barbi(e)turix,

J’ai un problème que je pourrais qualifier de classique dans la vie amoureuse : j’aime une fille qui ne m’aime pas. Comble de mon malheur : nous sommes amies et elle a une copine.

Nous nous sommes rencontrées à la fac. Ca n’a pas exactement été l’amour au premier regard. Je la trouvais suffisante, sûre d’elle-même, certaine du bel avenir auquel elle s’imagine promis. Pourtant, après plusieurs mois, nous sommes devenues très proches. Elle partage mon amour de la politique, je partage son intérêt pour l’architecture. Elle est par ailleurs très drôle et bavarde, on se sent à l’aise immédiatement en sa compagnie. Elle m’a beaucoup aidé à m’assumer. Assez timide par rapport à mon homosexualité, elle m’a poussé à en parler à mon entourage, à m’accepter comme je suis.

Ce n’est que récemment que je me suis rendue compte que ce que je ressentais pour elle était probablement plus proche de l’amour que de l’amitié. Je pense presque tout le temps à elle. Les autres filles me semblent très fades à côté d’elle et quand nous nous disputons, le monde entier semble s’écrouler autour de moi.


Je crois lui avoir fait comprendre mes sentiments à son égard, enfin à ma façon, assez timidement. Elle n’a rien dit qui pourrait m’engager à nourrir des espoirs démesurés. Elle n’a rien fait non plus pour me décourager. Elle a sa copine. Cela devrait probablement être suffisant. Pourtant, elle m’envoie constamment des textos, nous nous voyons tous les jours en cours, nous allons boire des cafés après la fac… 

Bref, je ne sais que faire. Je devrais probablement arrêter de la voir. J’ai l’impression de nourrir mon addiction à chaque interaction, aussi immatériel qu’un texto puisse l’être, quand je m’adresse à elle. De l’autre côté, je ne me résous pas à laisser filer notre amitié. J’ai l’espoir, même infime, qu’elle réalise un jour que je pourrais prendre le rôle de l’amoureuse dans sa vie.

Vous l’aurez compris, mon dilemme me semble insoluble. 

Blanche

Chère Blanche,

Ton dilemme comme tu l’appelles semble cristalliser à lui seul les tourments de l’amour. De Jules et Jim de Truffaut aux chansons d’amour d’Honoré, la littérature comme le cinéma ont fait leur miel de ces trios amoureux. Leurs histoires d’amour finissent mal en général. Tu n’es donc pas seule dans ton cas. Mais tout n’est pas perdu.

Tu as deux options :

-Option 1, la plus séduisante : prendre ton mal en patience et espérer qu’elle quitte sa copine pour toi. Soyons honnête, cela semble idyllique mais pas impossible. Toutefois, elle n’a pas fait de pas vers toi pour t’indiquer que cela lui semblait envisageable. Tu pourrais toutefois me répondre qu’elle n’en t’en a pas dissuadé. Autrement dit, elle ne se ferme aucune porte. Tu peux opter pour cette voie-là. Mais rien n’est sûr et tu risques d’être fort lésée si jamais tu attends des mois voire des années sans rien voir venir, comme soeur Anne.

-Option 2, la voie médiane façon Tony Blair : tu prends tes distances, lui suggères doucement que la situation devient trop compliquée pour toi. D’accord, c’est vrai, tu risques de ne plus beaucoup la voir. En même temps, c’est une façon assez rapide de voir si tu lui manques, si elle tient vraiment à toi, si elle veut avoir sa tête entre tes cuisses. De mon point de vue, qui ne vaut que celui d’une nana comme une autre, ça me semble être la meilleure option. Ok, tu prends le risque de constater que tu ne lui manques pas tant que ça. Coeur brisé. Mais coeur assuré des sentiments de l’autre. Best thing ever.

Tu auras compris où je veux en venir. Prends ton courage à deux mains et tranche ton destin.

Bien à toi,

Marie B.

 

Illustrations : Anaïs de Sousa 

Marie B.

Accro au Scrabble, aimant les rousses façon Faye Reagan, Marie affectionne au moins autant la politique que les romans fin de siècle.

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6 Comments

  1. timide says:

    “J’AIME UNE FILLE QUI NE M’AIME PAS”

    wouai …

    ce qui n’est pas pire que d’aimer une fille qui n’existe pas.

  2. sarah says:

    L’histoire de la nana de ma fac dont je tombe très amoureuse et qui ne ferme jamais la porte, je la connais. Je sentais bien le truc toxique mais je n’arrivais pas à m’éloigner. J’ai attendu trois ans pour rien…. Un seul conseil : oublie-la.

  3. Artemisia.g says:

    Le seul bon conseil c’est en effet de mettre de la distance pendant un laps de temps (pas forcément très long, juste le temps qui tu passes réellement à autre chose). Tu dis que tu ne veux pas perdre cette amitié qui te semble précieuse. Alors c’est la seule solution: “pars” un peu (au sens figuré) pour revenir apaisée et libérée de ces sentiments non partagés. Vu comme vous êtes proches, je pense que ce sera possible ensuite de reprendre cette amitié et de la consolider sur des bases plus saines.

  4. Flutterdash says:

    Cette histoire me rappelle celle que j’ai vécu cette année! J’ai été patiente mais au final elle ne s’assumait pas… Ce qui n’a jamais été concluant… juste très blessant. Je suis d’accord avec Sarah… oublie-la!!!

  5. Squirrel4 says:

    J’ai vécu une situation similaire et j’ai été honnête en lui disant mon trouble à son égard. Ma devise étant “toujours droite dans mes bottes !”. Elle m’a gentiment dit que ce n’était pas possible entre nous car nous étions amies mais elle a fait preuve de beaucoup de subtilité dans sa façon de me le dire, elle voulait être claire mais pas brutale. Cela a permis de préserver la relation. J’ai ressenti un soulagement inouïe même si le résultat était plutôt négatif. Cela fait un poids en moins à porter seule. Il y a eu quelques semaines un peu gênées mais rien de plus parce que sa réaction avait réussi à sauvegarder la tendresse et la bienveillance entre nous. Les mois sont passés, chacune faisait sa vie de son côté en n’oubliant pas l’autre. Tout a continué ainsi jusqu’au jour où autre chose est née, nous sommes depuis ce moment en couple, cela fait 18 mois et nous sommes heureuses. L’option n° 2 me semble donc la meilleure car c’est celle qui “se coltine” au réel et évite de passer sa vie à fantasmer sur du vide. C’est toujours difficile de “se prendre une tôle” mais on n’en meurt pas et bon an mal an on avance ! Haut les coeurs !

  6. Alice au pays des merveilles says:

    Quelqu’un a-t-il pensé au Polyamour ? Parce que la fille que tu aimes peut très bien ne pas savoir quoi faire car elle éprouve peut-être des sentiments et pour toi et pour sa copine. Il y a un super site nommé “les fesses de la crémières” qui traite de ce sujet, et ça peut offrir une troisième alternative à laquelle certains n’auraient pas pensé…

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