Courrier #3

Le coeur et le cul #1 : “J’ai envie d’elle mais je bloque”

Nostalgiques de la rubrique sexo du magazine Girls, Barbi(e)turix propose désormais chaque semaine son courrier du cul. Aujourd’hui, pour notre première lettre, nous parlons vaginisme avec notre lectrice Antonia.

Chère Barbi(e)turix,

Très amoureuse depuis six mois de ma copine, nous partageons les mêmes passions et le goût immodéré pour les reportages animaliers. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si notre sexualité n’était pas un problème. Nous faisons l’amour plusieurs fois par semaine, j’ai envie d’elle à chaque fois que nous dormons ensemble. Bref, la belle vie.

Malheureusement, je “bloque”. Ce n’est probablement pas le terme approprié mais je ne sais pas comment décrire autrement le fait que rien ne rentre en moi : ni ses doigts, ni les miens et encore moins des tampons. Bien sûr, cela ne m’empêche de prendre beaucoup de plaisir mais je vois bien qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas chez moi. Ma copine m’assure que cela ne la gêne pas mais je sens bien qu’elle n’est pas 100% honnête…

J’ai été voir un gynécologue qui a évoqué le vaginisme en me conseillant d’utiliser du lubrifiant et de me détendre. Exactement le genre de propos qui ne change rien à la situation et qui m’amène à penser que j’ai un vrai problème. En un mot comme en mille : je suis perdue. Auriez-vous des conseils, des crèmes, des mots tendres à me glisser à l’oreille pour que, moi aussi, j’arrive à pouvoir sentir enfin ma copine en moi?

Antonia

 

Chère Antonia,

Merci de ton témoignage qui reflète une réalité vécue par 2 à 3% des femmes en France. Le vaginisme se manifeste par des contractions incontrôlées du vagin qui peuvent se produire lors d’un rapport sexuel, d’un examen gynécologique, de l’introduction d’un tampon ou d’une cup. Souvent taboue, il est compliqué d’aborder la question du vaginisme avec son/sa partenaire de peur que ce dernière/cette dernière se sente responsable. Au sujet de ta copine, elle aussi doit sentir ton malaise.

Tu as eu la bonne réaction en allant voir un médecin pour parler de ton problème. Malheureusement, beaucoup de professionnels de la santé ne connaissent pas ou mal le vaginisme et ne savent que rarement bien orienter les patientes. Certains soupçonneront un traumatisme sexuel comme explication du vaginisme. C’est parfois le cas mais il arrive également très souvent qu’une femme atteinte de vaginisme n’ait pas été agressée et se sente à l’aise avec sa sexualité. D’autres conseilleront un travail quotidien avec un écarteur au début très petit puis de plus en plus large pour habituer le vagin à être pénétré. C’est oublier que le principal problème n’est pas de forcer son corps mais plutôt de comprendre cette réaction de “fermeture”.

Pour faire face à cette situation, une association a été créée : les clefs de Venus. A la fois lieu d’écoute et de conseils, les clefs de Venus ont été lancées par des femmes lassées des médecins peu à leur écoute. Elles y proposent une liste de soignants qui comporte bien évidemment des gynécologues mais également des kinésithérapeutes, des sexologues et des psychologues.

J’aimerais donc te donner deux conseils : d’abord celui de te rapprocher des femmes de cette association qui t’expliqueront leurs parcours vers la guérison. Parce que oui, avec de la patience et de la bienveillance, on guérit du vaginisme! Je pense également que, quand tu t’en sentiras prête, il faudra mettre des mots sur ton malaise pour en parler avec ta partenaire. Le travail sur soi passe aussi par le couple et je suis certaine que si vous êtes très amoureuses, vous pourrez ensemble en discuter, peut-être dans la gêne d’abord puis dans la confiance ensuite.

Bien à toi

Marie B.

 

 

Pour nous adresser vos courriers du cul/coeur, contactez nous à l’adresse bbxcommunity@gmail.com, objet : courrier du Q.

Marie B.

Accro au Scrabble, aimant les rousses façon Faye Reagan, Marie affectionne au moins autant la politique que les romans fin de siècle.

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2 Comments

  1. My paradise says:

    Salut antonia,
    Ca fais bizarre de lire cet article car je suis dans le meme cas que toi…
    Perso j’ai toujours été honnête avec mes partenaires avant de faire quoi que ce soit pour eviter un gros cri de douleur pendant l’acte..
    J’ai egalement eté voir un gynéco qui m’a foutu son speculum et a forcé ce qui n’a pas arrangé les choses… Ce pb est avant tout psychologique je te conseil d’aller voir un gyneco ou sexologue pour en parler tranquillou avant d’essayer quoi que ce soit

  2. Lucie says:

    Merci Barbi(e)turix de parler de ce sujet que beaucoup de filles voient comme honteux. Pour ma part, c’est une sexologue qui m’a aidé à comprendre mon problème. Et en effet, avec de la patience et une partenaire amoureuse, on guérit!

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