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La fièvre Burning Man

Si vous faites partie des personnes à la recherche d’expériences sortant de l’ordinaire, inutile de vous présenter Burning Man. Vous êtes probablement déjà “burner” ou vous rêvez de fouler Black Rock City. Mais si vous ignorez tout de ce phénomène annuel attirant le monde entier dans le désert du Nevada en plein mois d’août, Barbieturix vous entrouvre les portes de ce festival hors du commun.

L’Utopie devenue réalité

Imaginez une ville en plein désert dont la culture serait celle du possible, peuplée d’habitants se définissant « rêveurs et personnes d’action ». Ajoutez à cela une seule règle : celle de n’en avoir aucune. Bienvenue à Burning Man.


crédit photo : Trey Ratcliff

Votre place du village se nomme la Playa, votre toit dépend de ce que vous avez apporté pour vous protéger, vos moyens de transport sont le vélo ou les véhicules mutants, votre horizon est constitué de corps déguisés, dénudés, d’installations artistiques, de musiques conceptuelles et des caprices de Dame Nature. De la poussière, du sable, un froid glacial, des nuées d’insectes, des tempêtes… Inutile de compter sur du réseau ou du wi-fi. Les sept plaies d’Égypte version moderne.


crédit photo : Aaron Feinberg

Pendant une semaine il vous faudra (sur)vivre comme vos prédécesseurs depuis 1986 dans cette ville temporaire baptisée Black Rock City. Parce que Burning Man abat toutes les barrières aussi bien à l’intérieur de soi qu’entre les individus de la communauté, vous pourriez y croiser des milliardaires (Bill Gates, Mark Zuckerberg…), des célébrités (Paris Hilton, Will Smith, Susan Sarandon…), y rencontrer l’amour de votre vie… ou votre ex. L’Enfer et le Paradis, on vous a dit.

Avec 70 000 burners au compteur cette année, le festival ne désemplit pas grâce à ses principes qui séduisent le monde entier : intégration et respect de tous – ce qui en fait le festival le plus queer friendly possible au monde –, importance du don, prohibition du commerce, autogestion (à vous de gérer votre eau et nourriture), dépassement de soi (les journées torrides et les nuits glaciales dans le désert font passer Koh Lanta une partie de plaisir), libre expression poussée à son paroxysme, implication dans la communauté, responsabilisation de tous, respect de l’environnement… Libre à vous d’adapter cette philosophie à votre sauce, avec ou sans alcool/drogues/teuf/habits.

Ce que la plupart des burners retiennent est l’amour qu’ils ont reçu lors du festival. L’excentricité et le “show” retenus par les médias n’arrivent qu’ensuite.


crédit photo : Victor Habchy

Le quotidien d’un burner

A Burning Man, vous êtes participant puisque vous avez une utilité au sein du festival, que ce soit dans la construction d’œuvres d’art ou l’organisation de la vie de la communauté. Ici pas d’agenda, pas d’a priori ni de jugements sur ce que vous souhaitez faire ou savez faire. Le but étant de donner de soi-même à la collectivité, à vous de choisir comment.


crédit photo : Fabrice Florin

Black Rock City fonctionne à la manière d’une cité nomade. Vous pouvez rejoindre les centaines de camps regroupés par thématiques ou activités. Parmi les queer camps on retrouve « Comfort and Joy » dont le but est (comme son nom l’indique) d’apporter confort et joie à ses occupants. Au programme : gym, yoga, douches, plats chauds, course nue à vélo et performances queer. « Astropups » est réputé pour sa convivialité, sa nourriture et ses matchs de lutte gréco-romaine nue. « Camp Beaverton » (le camp des foufounes)  accueille les lesbiennes, bi, trans, queer, curieuses ou femmes hétéro-flexibles de Burning Man, tout en questionnant le sex(e) de façon ludique. Un documentaire sur ce camp a d’ailleurs remporté le prix du jury au dernier festival du film LGBT à Rio, Camp Beaverton : Meet the Beavers. « Camp Gender Blender » regroupe les personnes non-binaires, propose les meilleurs smoothies du festival, des workshops trans et des soirées jeux. Enfin,« Camp Stella » invite les LGBT et leurs amis souhaitant rester sobre pendant le festival en proposant des soirées sans alcool et sans drogues.


crédit photo : Ana Grillo

Être LGBT à Burning Man n’oblige en rien, on peut rejoindre un queer camp ou vivre par ses propres moyens. Tout dépend de l’expérience qu’on souhaite y vivre. Sensorielle, sexuelle, spirituelle, tout est possible peu importe où l’on se situe dans le festival puisque tout est fait pour se rencontrer.

La parenthèse se conclue par la cérémonie du Burning Man, statue de bois que l’on brûle à la fin de l’événement comme toutes les œuvres d’art, pour que la ville redevienne poussière…


crédit photo : Arton Playa

Laboratoire d’expériences pour les uns, catalyseur d’une culture créative mondiale pour les autres, Burning Man est impossible à imaginer si on ne le vit pas. Déconnecté du monde dans lequel nous vivons, cet exutoire est le lieu idéal pour découvrir qui l’on est. On dit qu’on y trouve ce qu’on était venu chercher sans le savoir… Vous pouvez tenter l’expérience par vous-même à partir du 28 août 2016 pour les 30 ans de Burning Man et rejoindre l’association française des French Burners pour préparer votre départ.

Aperçu de l’édition 2015  :

Emmanuelle

Caution militante et intersectionnalité de la team, hyperactive touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier), co-fondatrice des soirées Peaches & Cream, DJ à ses heures perdues.

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2 Comments

  1. timide says:

    Wouaw ! Encore un truc de ouf ! Avec une B.A entre M.M Fury Road et Priscilla princesse du désert, c’est un truc pour SdV de la Wet ça …. ;-)

  2. Lauréline says:

    Une des premières phrases que m’a dit une des premières personnes que j’y ai rencontrées: “normal is just a setting on washing machines”.

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