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Tribune : Dérives LGBT-phobes… Arrêtons le massacre !

A chaque jour son lot de violence LGBTphobe. En ce moment, c’est la chaîne TF1 qui dérape, à deux reprises en moins de deux semaines. Si elle n’est pas la seule coupable, il y a quand même de quoi lui décerner un 7 d’Or de l’homo- et transphobie et de hurler au visage des intolérants de tous bords de nous laisser vivre, aimer et coucher tranquilles.

Rappelons les faits, le rugbyman Gareth Thomas, ancien joueur de l’équipe du Pays de Galles et du Stade Toulousain et star d’un milieu qui n’est pas réputé très friendly, a été le premier à faire son coming-out. Dimanche dernier, pour l’émission de TF1 Sept à Huit, il est revenu sur son parcours en tant qu’homo dans le monde du rugby à l’occasion de la sortie de son livre Fier. Et là, surprise, rage et désespoir : une question sur les « pulsions homosexuelles » du joueur. Le registre psychanalytique est posé, et Tonton Sigmund n’était quand même pas le plus grand défenseur de la cause homosexuelle. Le journaliste s’est excusé, en expliquant qu’il avait choisi ce livre-là justement pour dénoncer l’homophobie. Quid alors du discours homophobe tellement répandu qu’on ne le perçoit plus ? La question se pose en effet, puisque, quelques jours plus tôt, la même chaîne diffusait le clip « Travelo » de Florent Peyre. Là encore, personne ne semble s’être rendu rendu compte que l’on répandait un peu plus qu’une insulte : un message qui, de nos jours encore, tue. Littéralement. L’association SOS Homophobie a d’ailleurs saisi aujourd’hui le CSA dénonçant les deux dérapages. Même si son audience est en recul, TF1 est toujours une des chaînes les plus regardées en France.

Le climat ces temps-ci semblent particulièrement nauséabond : deux lycéennes de 17 ans qui s’embrassaient agressées à Bordeaux à la fin du mois d’août, un couple de lesbiennes victime d’une agression lesbophobe dans un magasin à Valence peu après. Les exemples se multiplient. Des insultes proférées à l’encontre de Jean-Luc Roméro, conseiller régional d’Île-de-France aux menaces de mort qui visent Vincent Boileau-Autin, le président de la Lesbian and Gay Pride de Montpellier en passant par les dégradations des locaux de l’association Le Refuge et par ces deux évangélistes qui s’appuient sur la Bible pour prêcher la haine des homosexuels en leur promettant une mort certaine, les exemples se multiplient.

Ces agressions, ces insultes semblent en hausse mais l’homophobie, la biphobie ou la transphobie ordinaires se nourrissent de tous ces dérapages, notamment au sein des médias. La lutte contre les LGBTphobies devrait être l’affaire de tous et toutes. Les médias, encore une fois, mais également les pouvoirs publics ou l’école. La haine et le rejet sont inacceptables et intolérables, qu’il s’agisse de racisme, de sexisme ou de discrimination en raison de l’orientation sexuelle. Il ne se passe pas un jour sans que les réseaux sociaux, la presse écrite, la télévision, la radio nous renvoie en pleine tête la violence de l’homophobie.

Comment aujourd’hui peut-on se complaire dans un discours de tolérance et d’ouverture de surface sans prendre de réelles mesures éducatives ? Combien d’enseignant.e.s abordent ces thématiques en classe ? Combien de documentaires sur le service public ? Combien d’hétéros qui n’ont pas conscience de la souffrance et de la douleur qu’engendrent ces comportements de haine ? Combien de jeunes et moins jeunes qui découvrent leur orientation sexuelle et en même temps la violence avec laquelle est accueillie dans notre société ?

 

 

Leslie

Leslie aime les paradoxes, les gens curieux et la grammaire mais aussi le reblochon et le rugby. Elle écrit sur la vie des gens et les livres. Twitter : @LPreel

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