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Ivan Smagghe : “J’ai parfois l’impression que si tu es une fille DJ, il faut que tu sois lesbienne”

Cela fait un moment que l’on se croise avec Ivan, de soirées en soirées en passant par le bureau du label KTDJ à Paris dont il est l’un des fondateurs…. Lui, l’une des figures de feu le Pulp, dj, producteur et programmateur talentueux suivi par une génération de clubbeurs. Punk et gouin à la fois, il sera l’invité d’honneur de notre prochaine Wet For Me, le 12 septembre à La Machine du Moulin Rouge. Entretien en sept questions.

BBX : Où tu te trouves en ce moment ?

Ivan : Je suis en “break” dans les Cévennes, un de mes endroits préférés.

J’ai l’impression que de plus en plus de djs français s’exilent à l’étranger … Comment expliques-tu cela ? De ton coté pourquoi avoir choisi Londres comme lieu de résidence ?

La notion d’”étranger” m’échappe un peu… Vivre à Londres, c’est résider à deux heures de Paris. Ceci dit, à Londres, le “fond de l’air” est différent. Je dirais parfois plus agréable (c’est que ça pue un peu beaucoup en France), parfois plus dur (un premier ministre à flinguer, une apathie politique de principe). Londres est une ville dure, de type “marche ou crève” mais c’est aussi la ville la plus tolérante du monde (si on atomisait la City ça serait parfait), et les gens de mon quartier (mon Londres, c’est mon quartier, le reste, je n’y vais jamais) sont vraiment bizarres. Un mélange d’hyper-branchés sans fric, quelques bobos, des vieux dealers, la mafia turque, le marché africain etc… Londres, c’est la cohabitation permanente. Les Autres DJs? Je sais pas, ils vont encore à Berlin?

Les femmes sont encore très peu représentées dans la musique électronique, tout le monde le sait. Dans une interview donnée à BBX, Matias Aguayo affirmait que « les hommes font tout pour garder le pouvoir et leurs privilèges ». Qu’en penses-tu ?

Oui, les femmes sont sous-représentées. La faute à plein de gens ( les programmateurs en particulier).. C’est toujours plus compliqué qu’on ne veut bien le dire. Nina Kraviz en a pris plein la gueule parce qu’elle faisait la conne dans son bain mais TOUT LE MONDE SE MET EN SCENE, tout le temps. Moi, toi, tous. En plus, elle est sincère je pense musicalement même si elle peut aussi se montrer insupportable… J’ai parfois l’impression que si tu es une fille DJ, il faut que tu sois lesbienne, si possible choupinette (je pense à voix haute).

Tu as été un membre actif des années de feu le Pulp. Le 12 septembre pour la WET FOR ME tu reviens jouer parmi les lesbiennes. Alors, heureux ou nostalgique ? 

Ce n’est pas un secret que “une certaine frange de la coterie lesbienne parisienne” (rires), ben c’est ma famille. Ce sont mes amies et les gens avec qui je me sens bien. C’est comme ça, ça ne changera jamais. Je ne sais même plus pourquoi. La nostalgie, je ne l’ai que pour des trucs que je n’ai pas vécu. Oxymore.

En parallèle de Kill The Dj, tu as crée ton propre label « Les disques de la Mort » , peux-tu nous le présenter en quelques mots ?

C’est une extension de la famille dont je parle au dessus. C’est moi mais pas seulement. C’est comme LUMIERE NOIRE, la “collection” de Chloé. On est pas loin, on s’étend. Après, la musique, c’est toujours la même histoire: the rule of no rule.

Que nous prépares-tu pour la Wet For Me ? 

Je vous renvoie la question.

Enfin, ton anecdote la plus absurde en tant que dj ?

Certainement le fait que je ne m’en rappelle plus?

 

 

 

Rag

D.A et programmatrice des soirées Wet For Me et Barbi(e)turix, Rag manie les platines aussi bien que les mots. Twitter : @Raagg

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