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“Les méduses ont-elles sommeil?” Le récit sans détour d’une plongée dans l’addiction

Hélène a 18 ans, elle décide de quitter sa province natale pour vivre à Paris. Elle s’installe alors chez Laurine, une cousine éloignée avec qui elle s’entend bien. Mais Laurine est cocaïnomane et entraîne avec elle Hélène. S’en suivent des mois de descente dans les enfers de la drogue. Louisiane C. Dor signe ici sont tout premier roman auto-édité. Interview.

BBX : Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ce premier livre?

Louisiane : J’écris depuis des années mais j’ai décidé de m’y mettre vraiment sérieusement l’année dernière avec Les méduses ont-elles sommeil ?. Je cherchais un sujet de roman et j’ai finalement choisi celui-ci parce que j’avais des choses à dire à ce sujet et que je trouvais dommage de ne pas rendre utiles mes « mauvaises expériences ».

Il me semble que tu te définis comme lesbienne. Pourquoi avoir choisi un personnage principal hétéro si c’est en grande partie autobiographique?

Je ne me définis rien du tout, j’aime simplement les femmes et suis d’ailleurs mariée à l’une d’entre elles ! A la base, Hélène, le personnage principal de Les méduses ont-elles sommeil ? était lesbienne ! Et c’est en me relisant que j’ai réalisé une chose grotesque : le milieu lesbien et la drogue paraissaient totalement associés dans ce roman et il était hors de question que cela se passe ainsi. Je voulais parler du milieu de la nuit et en rendant Hélène lesbienne, je m’étendais d’avantage sur le milieu lesbien, ce qui faisait dériver le sujet. Je voulais vraiment focaliser le roman sur « la nuit et la drogue ». De plus, cela faisait une sacrée mauvaise publicité au milieu homo qui n’est pas forcément plus un « monde de drogués » qu’ailleurs… Dernière chose, j’avais envie qu’un grand nombre de jeunes s’identifient et forcément, comme il y a plus d’hétéros… Et je ne regrette pas du tout mon choix. Bien sûr je n’ai pas pu m’empêcher d’infiltrer des personnages homos comme Laurine et Frank, et de parler un peu du milieu lesbien. Parce que tout de même, je suis lesbienne et j’ai trainé dans ce milieu-là pendant des mois ; quitte à étaler mes souvenirs, autant tous les étaler.

Penses-tu qu’il soit plus “facile” de tomber dans la drogue à Paris ? Ou dans les milieux lesbiens ?

Je pense qu’il est plus facile de tomber dans la drogue dans les grandes villes, et d’avantage à Paris parce qu’il y a les festivals de musique etc. Je parle du milieu lesbien (enfin d’un milieu lesbien) parce que j’y trainais beaucoup mais je suppose qu’au Social Club ou je ne sais trop où, c’était exactement la même chose qu’à la machine du moulin rouge les soirs de Wet For Me. Enfin, je suppose !

Ton livre dépeint aussi le micro milieu parisien – tu parles de la Kidnapping et de la Wet For Me notamment -. Quel est ton avis sur cet univers ?

Je pense que tout le monde ne voit pas la chose de la même manière. Pour moi, c’était quelque chose de très superficiel. Quelque chose de très « Regardez-moi, moi et pas les autres. » Je pense que les vrais côtés positifs de la nuit ne se font voir que lorsqu’on sort ponctuellement. Quand on prend l’habitude de sortir trop souvent comme je le faisais, il n’y a plus ce plaisir de « cool, c’est le week end ! » c’était devenu une routine – qui n’avait au final, plus grand-chose de festif. J’ai l’impression que la nuit et la MDMA sont à la mode dans la ville de la mode. Et c’est dingue d’en arriver là. Certains jouent à « qui mieux mieux » la nuit et partent dormir au beau milieu du jour, dans un taudis cafardeux dont le frigo est vide. Pourquoi ?

Ton personnage principal vient de la province, tout comme toi… D’après toi, quelle différence y-a-t-il entre Paris et le reste de la France ?

Et bien, et c’est encore un avis personnel, j’ai l’impression que les lesbiennes de Paris sont beaucoup plus branchées milieu, vie en communauté. Je ne trainais à Paris qu’avec des lesbiennes et les lesbiennes que je côtoyais ne trainaient elles aussi qu’avec des homos. En province – dont je suis effectivement originaire – peut-être que c’était à défaut d’être l’une des seules lesbiennes du coin, mais je n’avais pas cette fantaisie de ne fréquenter que des lesbiennes. A Paris, j’ai eu l’impression qu’on se comprenait beaucoup mieux entre homos. Finalement, je trouve que ce n’est pas forcément vrai. Après, il est un peu difficile de comparer les homos de province et les homos Parisiens, parce qu’à Paris, contrairement à la province, il y a « le choix ».

Comptes-tu écrire d’autres livres qui auront lieu dans les milieux lesbiens parisiens ? Penses-tu faire une suite à ce livre?

Pour le moment ce n’est pas prévu puisque le livre que j’écris actuellement n’a pas de rapport avec le milieu lesbien (par contre il a un rapport avec la vie parisienne) En tout cas ce qui est sûr, c’est que Les méduses ont-elles sommeil ? n’aura pas de suite. En revanche, j’ai pris grand plaisir à mettre le roman en image avec la bande annonce (tournée avec la merveilleuse Lou Braunsteffer). Qui sait, peut-être qu’un jour un film verra le jour. Si cela devait arriver, je ne mettrais pas le milieu homo à l’écart. Bien au contraire !

Souhaitais-tu faire passer un message particulier sur la drogue ou ne fais-tu que décrire ce que tu as vécu ?

Déjà, je ne m’attendais pas à ce que mon livre se vende autant et en si peu de temps. Je m’attendais à en vendre quinze exemplaires à des proches et point final… Je ne pensais pas attirer autant de lecteurs en si peu de temps. De ce fait, je n’avais pas vraiment réfléchi à ce qui allait se passer ni à ce que j’avais vraiment envie de faire passer. Je crois que chacun retient ce que bon lui semble de ce roman, notamment par rapport à son propre vécu. J’en ai des retours très positifs de jeunes qui m’assurent leur « avoir ouvert les yeux » … si je m’y attendais ! J’avais envie de parler de tout ça parce que c’était un bon sujet de roman et que j’avais des mauvais souvenirs à étaler : « ce qui est dehors n’est plus dedans ».

As-tu envie d’apporter plus de visibilité aux lesbiennes par l’écriture ? T’associes-tu à une forme de militantisme en somme ?

Oui et non. Je sentais que je me devais d’en parler, non pas vraiment pour en faire la publicité ni vraiment pour blâmer ce milieu. Cela fait partie de ma vie alors j’en ai parlé. J’aime le fait qu’on puisse faire apparaitre les homos sans forcément que le livre soit consacré au sujet « homosexualité ». Comme les hétéros ! En tout cas dans ce roman-là, il n’y a rien qui puisse faire avancer les choses de ce côté-là… ils sont juste présents. Et j’espère que je ne blesserai personne. Au début du roman, il est écrit « Ce roman est basé sur l’interprétation d’une expérience personnelle. En aucun cas, il ne prétend détenir la vérité sur quoi que ce soit. » Je le pense sincèrement. M’insulte qui aura envie de m’insulter, et qui m’aime me suive.

As-tu d’autres projets d’écriture?

J’écris actuellement mon second roman, qui traite d’un sujet tout autre (bien qu’il y aient des petits clins d’œil dedans, par rapport à Paris notamment.)

Les méduses ont-elles sommeil? de Louisiane C. Dor en vente à 7,91€ et actuellement en cour de réécriture.

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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2 Comments

  1. Fafa says:

    Mais nan! Elle s’appelle Lolita Sene. C’est quoi cett histoire de recopiage ?

  2. Andrea says:

    Bouh que ça à l’air mauvais !

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