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L’ÉTÉ, LES SPRITZ ET LES COUPS D’CHAUD #2

Chaque semaine, Josiane aux platines du camping des Flots Gris te concocte une sélection de 20 titres bouillants pour t’accompagner le long de ton chemin de croix estival et animer tes apéros, barbecues et autres amusements de bouche en tous genres. Le tout accompagné de quelques pérégrinations philosophiques de PMU. De souvenirs de tes idoles en vacances. Arrosé d’un peu de Campari. Et d’une dose de jus d’chaton. Aïe aïe aïe, août, ça pique un peu ! PLAY !

L’été, cet instant parfait où les compteurs prennent le temps de se remettre à zéro. Deux mois, parfois plus, pour faire le vide, se prendre quelques pluies acides, et arrêter de faire sa timide. Le temps, presque indécent, de pousser quelques gémissements, soupirs exaltés, au contact de l’eau bleutée, cheveux dans le vent, croupe ondulante à disposition des mains inconnues, cœur à carapace pleine de relents, plus soluble, moins émacié, presque volage, les mains pleines de rages, au bord d’une falaise au vide ennivrant. Enfin. ENFIN ! Arrivé à son terme le plus exaltant. Le mois d’août. Pas une goutte. Puis pas un pas de plus, se sentir vaciller le temps d’un sacré coup d’chaud. L’été, l’extase, l’envol, au-dessus de tout, devenir presque fou.
Parce que les bateaux qui filent pas très droit, les glaces qui coulent le long des mentons, et les odeurs de viande un peu grillée, de patates douces à pic tombées. Parce que les corps qui s’agglutinent, les sueurs qui s’abîment, les regards qui s’échangent sans voile, parce que soudain, bim bam boum, la drôle de mise en abyme qui s’prépare à tout donner, dans un verre de Spritz, fermer les yeux, et se laisser emporter. Tout oublier, l’année passée, puis celle qu’on a d’avance tracée. Faire mine de ne rien voir, surtout. Le bloc, le mur, le vide. Envoyer valser le cuir et les lacets, se faire sucer les orteils et crier au cœur volé. Puis rire bien large. Minauder, flirter, se laisser séduire et voltiger sans réfléchir au lendemain.
Petit coup de rein, sans fléchir, feindre un non-timide « oh mon dieu », puis prendre le large. Laisser fleurir sans détruire, effleurer la peau sans mentir. Bim bam boum, le mois d’août et les coups d’chaud. Danser sans culotte, photo seins nus à Biot[e], siffler l’air d’une chanson vieillotte, et virer du printemps, sangsues et autres cloportes. L’été sans réfléchir, mais l’été sans fléchir. Le mois d’août. Le plus chaud. La vieille tante qui a besoin de câlins. « I Need Love » qu’elle répète. Le vieil oncle un peu fébrile qui encore, fait de l’humour. « Make War, not Love » qu’il s’entête. Et les Spritz qui éclaboussent à s’en fendre l’amour.

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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