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Mandy et Eva, le récit photo d’une adolescence transgenre

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Si la souffrance de certain(e)s adolescent(e)s vis-à-vis de leur genre est encore considérée comme une dépravation mentale dans certains pays, Willeke Duijvekam, une photographe Néerlandaise, plus ouverte d’esprit que certains de ses contemporains, livre dans une série de portraits, la transition de deux enfants qu’elle a suivi pendant 6 ans, jusqu’à ce qu’elles deviennent Mandy et Eva.

Si beaucoup de photographes s’intéressent à la jeunesse et à l’adolescence en général, peu d’entre eux dirigent leur travail sur la transition de jeunes enfants transgenres. Dans son livre, la photographe Willeke Duijvekam retrace le parcours de deux MtoF, Mandy et Eva, de leur pré-adolescence à l’orée de l’âge adulte. Une croisade.

A l’origine de ce projet, sa rencontre, il y a de cela plusieurs années avec une jeune transgenre, dont la solitude et la détresse face au rejet de ses pairs lui rendait la vie impossible. Une rencontre marquante et déstabilisante qui donna l’idée à Willeke Duijvekam de sensibiliser à son échelle des populations peu enclines à s’intéresser au sort des jeunes trans. Des enfants et adolescents qui pourraient potentiellement être leurs progénitures…

C’est par le biais d’une association d’enfants Transgenres située aux Pays-Bas, que Willeke Duijvekam a pu entrer en contact avec deux couples de parents d’enfants transgenres. Si Mandy, 11 ans, – dont la transition était déjà en cours lors de sa rencontre avec la photographe – est de nature extravertie, Eva, 13 ans, est quant à elle beaucoup plus réservée.

C’est donc avec une série de photographies intimistes – mais jamais intrusives – que Willeke Duijvekam suit la transition de ces deux jeunes filles pendant une durée de 6 ans. Des clichés qui montrent bien, malgré leur différence de personnalité, cette ressemblance qui les lie l’une à l’autre malgré elles. Des moments d’intimité et de recherche d’elles-mêmes qui prouvent définitivement qu’un changement d’un sexe, aussi déstabilisant soit-il, tient davantage de l’éclosion que de la transformation.

Plus d’informations sur Mandy et Eva sur le site de  Willeke Duijvekam

An Si

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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3 Comments

  1. Anna says:

    L’expression “la transition de deux garçons” utilisée dans l’introduction de l’article me gêne un peu; pourquoi utiliser le mot “garçon” qui ne reflète pas du tout l’identité de ces deux jeunes filles ?

  2. Lubna says:

    Effectivement Anna, il serait plus correct d’utiliser le mot “enfant”. On s’occupe de la correction.

  3. V13 says:

    Oui, enfin ça dans l’idée un peu essentialiste, je trouve, selon laquelle “on aurait déjà toujours été”, voire carrément nietzschéenne qu’on “devient ce qu’on est appelée à être” (!) – mais on ne pense pas toutes ça. Pour ma part, je pense qu’on change de sexe social (pléonasme du reste, je ne crois pas au “sexe naturel”, voir N. Cl. Mathieu). Et bref qu’on est bien à un moment donné, socialement et donc réellement, ne croyant pas à un “être au delà du social”, vieille lubie de droite, qu’on est donc alors un homme ou une femme qui transitionne. Et qu’on change. C’est un point de vue sur la transition comme mouvement et glissement dans le rapport social de sexe. Et une dénaturalisation radicale de ce dernier. Il est dommage que cette perspective ne soit que peu ou pas évoquée dans la “question transse”.

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