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On a regardé pour vous : Anatomy of a love seen

Si les (bons) films lesbiens semblent devenir une espèce en voie d’extinction, en fouillant dans les dernières productions saphiques du cinéma par delà le monde, Barbi(e)turix a dégoté une petite crème glacée US estivale, de celles qui se mangent toute seule un soir de grosse chaleur…

Comme son nom l’indique, Anatomy of a love seen, prend la forme d’une “inception cinématographique”. Le film relate l’histoire du tournage d’une scène d’amour, saupoudrée d’un peu de sexe, entre deux jeunes femmes, Zoe (Sharon Hinnendael) et Mal (Jill Evyn) qui tomberont par la suite éperdument amoureuses l’une de l’autre, après avoir fait semblant de s’ébattre gaiement devant les caméras. Pas très professionnel tout ça, on ne vous le fait pas dire.

Bon, jusqu’ici, pas besoin d’un scénario à la N’oublie jamais pour créer de toute part une histoire d’amour sensée et sensible, mais par moments on se dit qu’il serait de bon ton de donner un peu d’ampleur à certains personnages en les sortants des sempiternels clichés de la femme douce comme un agneau, un peu perdue, un peu bécasse, qui s’amourache d’une autre, plus dark, plus bordeline, plus casse-pieds.

Vous l’aurez compris, Anatomy of a love seen, n’est pas un chef d’œuvre, mais vaut largement toutes les comédies niaiseuses hétérosexuelles qui s’accumulent sur les écrans. Si la romance entre Zoe et Mal flirte parfois avec le pathos, le scénario, qui n’est pas sans rappeler la saison 5 de The L Word, reste rafraichissant et le jeu d’actrice, porté par plusieurs séquences improvisées, électrise une mise en scène assez classique.

C’est donc mignon ce genre de films. Mignon, dans le sens où même si l’enjeu est de faire ressortir le côté fleur bleue de notre personnalité à grand coups de violons guimauve, on reste toujours sur notre faim. Celle d’attendre désespérément le film lesbien qui révolutionnera le genre. Parce qu’au bout d’un moment, être lesbienne ce n’est pas uniquement s’infuser des séries avec des nanas qui se font tirer dans des prisons ou d’autres qui ont le cœur brisé sur 1H30 de bobine, c’est aussi apprécier des films comiques, légers où des personnages heureux vivent leur homosexualité sans complexes.

Anatomy of a love seen, ne compte pas révolutionner quoi que ce soit. Simplement retracer une histoire tortueuse entre deux actrices qui par le biais d’une scène de sexe pourront, peut-être, arriver à sauver leur histoire. On s’immisce dans un tournage, autant que dans leur intimité afin de suivre d’un regard curieux le pourquoi du comment du début d’une histoire d’amour. Elément non-négligeable, on voit leurs seins. Oui, oui, les films US proposent des scènes de sexe toujours aussi courtes, mais au moins les nanas n’ont plus besoin de le faire en soutif. Pour le reste, préparez le pop-corn.

 

An Si

Sbire candide de BBX, An Si s'intéresse à la culture queer, porn et mainstream. Ré-invente la langue française avec ses fautes d'orthographe.

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3 Comments

  1. timide says:

    Le titre est très beau et ce film est étonnant. (20è festival Chéri-Chérie) On reconnait très bien le style filmique propre à Elena Undone d’ailleurs.

    Marina Rice Bader est une productrice et photographe lesbienne, voilà qui fait office d’explication.

  2. atchoum says:

    moi j’ai trouvé ça complètement naze

  3. Antigone says:

    Sinon, vous avez Summer of Sangailé et La belle saison qui vont sortir…

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