# Trans ban 5

Trouble dans le rang : l’armée reconnaît progressivement les transgenres.

Si la politique du silence dans l’armée américaine quant à l’homosexualité a été abolie en 2011 (le fameux «Don’t Ask, Don’t Tell» «ne rien demander ne rien dire») sous l’impulsion de Barack Obama, la situation des trans dans la grande muette reste toujours très compliquée.

L’armée américaine n’est en effet pas officiellement ouverte aux transgenres. Ces derniers risquent l’expulsion s’ils dévoilent leurs identité. 15 000 trans serviraient aujourd’hui sous les drapeaux américains alors même que la transexualité reste considérée comme une maladie mentale par l’armée. Consciente de la nécessité de faire évoluer la situation, l’administration américaine, par le biais du secrétaire américain à la Défense, a lancé un groupe de travail chargé d’étudier les conséquences d’une ouverture de l’armée aux personnes transgenres. Rappelant au passage que «lors des moments difficiles de ces dernières années, en Irak ou en Afghanistan, des hommes et des femmes transgenres n’ont cessé d’être à nos côtés, en servant leur pays en silence.», le secrétaire américain a annoncé que la levée de l’interdiction devrait être promulguée courant 2016.

Deux personnes transgenres dans l’armée américaine ont marqué l’opinion ces derniers mois. Il y a tout d’abord eu Chelsea Manning, connue dans les médias sous le nom de Bradley Manning, condamnée à 35 ans de prison pour avoir fait fuiter des documents classés secret-défense dans l’affaire Wikileaks. Elle a obtenu en février dernier d’entamer un traitement hormonal lui permettant de changer de sexe alors même que Chelsea Manning est incarcérée dans un pénitencier militaire. La souplesse de l’armée garde malgré tout ses limites, Chelsea ayant le droit de se maquiller et porter des sous-vêtements féminins mais doit garder ses cheveux courts.

Shane Ortega, un jeune soldat de 28 ans, grâce à son portrait dans le Washington Post a également illustré la situation contrastée des transgenres sous les drapeaux américains. Militaire exemplaire, qui a servi dans des terrains d’opération difficile, plutôt beau gosse si on aime les garçons bodybuildés, Shane Ortega est contraint de porter l’uniforme féminin de l’armée lorsque les cérémonies officielles l’imposent. «Tout le monde sait que je suis désormais un garçon. Mais quand il le faut, je joue le jeu. C’est terriblement humiliant et inconfortable. Mais je dois suivre les ordres de mes supérieurs ».

Ayant grandi dans un environnement contraint à suivre la politique du Dont’ Ask, Don’t Tell, il a vu sa mère lesbienne souffrir de son travail dans l’armée, le poussant à vouloir agir de l’intérieur. C’est ainsi qu’il a rédigé début juin une lettre ouverte au Président Obama, en réaction aux témoignages de militaires et de vétérans transgenres qu’il a reçu de toute l’Amérique, le poussant à demander qu’on réfléchisse notamment à la neutralité des tenues et des infrastructures de l’armée.

Le chemin vers la pleine reconnaissance des transgenre dans l’armée est encore loin mais prend la bonne direction. Comme le dit Shane Ortega, «we are more than our bodies».

Marie B.

Accro au Scrabble, aimant les rousses façon Faye Reagan, Marie affectionne au moins autant la politique que les romans fin de siècle.

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One Comment

  1. Lulu says:

    L’armée a encore bien des efforts à faire pour accepter que les transgenres aussi, puissent massacrer des enfants en Afghanistan et, aujourd’hui de nouveau en Irak ! Mais ça progresse, et c’est le progrès qu’il faut viser.
    Comme il serait important que les femmes aux USA soit vraiment à égalité avec les hommes lorsqu’il s’agit de condamnation à mort, tous et toutes aux injections létales !
    Peut-être qu’un petit article aussi pourrait être servi sur l’ordination de femmes évêques dans l’Église Anglicane…

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