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“Dyke Hard”, une série B lesbienne trash et déjantée

Il y a les séries B, et puis il y a les séries Z : zéro budget, zéro technique, zéro esthétique. Quand on pense à Dyke Hard on se dit qu’il n’y a pas assez de lettres dans l’alphabet. Le synopsis tient sur un ticket de métro : une bande de lesbiennes, issues d’un groupe de rock raté, défient tour à tour ninjas, fantômes, cyborgs, joueuses de roller derby, dangereuses motardes et même un boxeur thaï, dans une guerre des gangs sanglantes. Le tout dans la Suède des années 80, histoire de rajouter à l’absurdité de l’histoire une bonne dose de kitsch cheesy.

Le film, financé grâce à une campagne participative, a été réalisé par Bitte Andersson, réalisatrice amateure mais ancienne maîtresse es. effets spéciaux de la société de productions Trauma Entertainment, spécialisée dans les films de genre. Autant vous dire que le ketchup, ça l’a connait. Fan invétérée de John Waters, Bitte rêvait de réaliser un film réunissant ses différentes passions : l’horreur, les arts martiaux, les comédies musicales, le camp… Après tout pourquoi choisir ? Dyke Hard est donc un concentré de n’importe quoi surexcité, joué avec les pieds, mixant les références et les univers.

On y retrouve donc Riff, Dawn, Peggy, Scotty, Bandito et Moira, chacune affublée d’une coupe de cheveux à faire trépasser un coiffeur parisien, ambitionnant de remporter un concours de musique. Le souci, c’est que sur leur chemin, rien de va se passer comme prévu, et qu’à vrai dire, on perd le fil du récit dès les 10 premières minutes pour se faire embarquer dans un délirium d’actions et de rebondissements absurdes. La fine équipe va alors révéler des talents inédits, notamment pour écraser des couilles et fracasser des crânes.

Vous l’aurez compris, Dyke Hard ne fait pas dans la finesse, et c’est justement ce qui fait tout son intérêt. Loin des bluettes romantiques et des drames psychologiques habituels, le film frappe fort côté adrénaline et décrochage de mâchoires. Les héroïnes du film, plus préoccupées par leur survie que par leurs histoires de coeur, célébrent la badasserie lesbienne dans ce qu’elle a de plus sexy.

Patchwork halluciné et délirant, Dyke Hard est surtout un film de potes, célébrant la culture queer, la solidarité et l’esprit de communauté, mais aussi la diversité et la tolérance. Loin des normes hollywoodiennes, le film présente un éventail d’acteurs amateurs aux origines et aux physiques divers, comme l’explique Bitte Anderson au micro de l’émission Tracks d’ARTE :

“Le cinéma et les médias de masse fabriquent une sorte de monde parfait en pâte à modeler peuplé de jeunes gens beaux, minces, blancs et hétérosexuels qui réussissent dans la vie. C’est un univers normé à l’extrême, auquel nous sommes quotidiennement exposés. Le problème, c’est qu’on finit par se détester et se considérer comme des loosers, gros, moches et bêtes. Regarder des films trashs plus réalistes, c’est aussi une façon de s’émanciper et de reprendre confiance en soi.”

Dyke Hard débarque bientôt en France ! Rendez-vous au Festival Loud And Proud, à la Gaité Lyrique, le 5 juillet à 17h00. Get on the bike, dyke !

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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2 Comments

  1. timide says:

    Lol + good stuff.

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