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IDAHOT 2015 : La France à la traîne

Alors que nous célébrons aujourd’hui l’IDAHOT, journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, les rapports d’SOS Homophobie et de l’ILGA Europe montrent que la France a encore à faire en matière de lutte contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle. Pour preuve, les rassemblements se font rares et pâtissent d’un cruel manque de visibilité.

Si aux Etats-Unis, l’IDAHOT est l’occasion de dizaines de rassemblements et d’événements festifs à travers le pays, en France, cette journée ne fait pas grand bruit. C’est même le silence radio. Pourtant, l’homophobie est loin d’être un problème réglé, en témoigne l’infographie publiée à l’occasion du 17 mai par SOS Homophobie et L’inter-LGBT, reprenant les chiffres clés du rapport 2014. Un constat glaçant, puisque l’association a enregistré une hausse des agressions homophobes de 41% par rapport à l’année précédant le débat sur le « mariage pour tous », prouvant que, s’il est moins médiatisé, le déferlement de haine LGBT-phobe est loin de décliner.

Cliquez sur l’image pour voir l’infographie dans sa globalité

“Dans les lieux publics (18%), au travail (13%) ou dans le cadre familial (17%), les LGBT-phobies sont partout et exposent les personnes qui les subissent à une précarité et une détresse très fortes. Il faut ajouter à cela les doubles discriminations subies par les lesbiennes, à la fois en tant que lesbiennes mais aussi en tant que femmes ; 59% d’entre elles reconnaissent avoir vécu la lesbophobie entre 2012 et 2013. 29% des hommes bis et 40% des femmes bies se sentent discriminé-e-s en raison de leur orientation sexuelle. Les personnes trans subissent pour 85% d’entre elles des violences transphobes quotidiennement. Mais comme si ces chiffres accablants n’étaient pas suffisants, il faut savoir qu’une agression physique sur des personnes LGBT est signalée tous les deux jours en France !” peut-on lire sur le site de l’Inter-LGBT.

La France a encore du chemin à parcourir dans la lutte pour l’égalité des droits. Un constat confirmé par le baromètre annuel de l’ILGA, qui vient de publier sa cartographie des droits LGBT en Europe. La France, mauvaise élève, stagne à la 11e place du classement. En cause : le non-reconnaissance des droits des trans’ et le recul sur l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes, qui l’empêche de se hisser aux côtés des deux pays en tête, le Royaume-Uni et la Belgique.

Deux ans après le vote de la loi pour le mariage pour tous, la lutte pour l’égalité des droits pour les personnes LGBT est donc toujours autant d’actualité. Parmi les initiatives lancées cette année à l’occasion de l’IDAHOT, plusieurs marches (Orléans, Poitiers et Aix-en-provence organisent leur marche des fiertés aujourd’hui). A Paris, l’association AIDES, installe son village associatif à Château Rouge (plus d’infos ici) pour “opposer une dynamique collective et solidaire autant contre les LGBT-phobies et le sexisme que contre le racisme, la judéophobie et l’islamophobie”. Amnesty International invite également à venir lutter contre la pénalisation de l’homosexualité et la peine de mort, sur la place du Trocadéro (plus d’infos ici).

 

Photo de couv : le pont de Brisbane illuminé pour l’IDAHOT 2014

 

 

 

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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One Comment

  1. timide says:

    Nous ne pouvons qu’être fiers de la France qui a aboli la peine de mort en 1981 au nom de Robert Badinter !

    Selon Wikipédia, Christian Ranucci et Hamida Djandoubi sont les dernières victimes de ce terrible sort voire sortilège de justice.

    Il n’y a pas d’égalité des droits sans égalité des chances. Bon vent à SOS H et l’ILGA.

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