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Jane, figure de la nuit bruxelloise

Depuis 13 ans, elle fait vibrer la nuit bruxelloise. Jane, flamande distinguée à l’accent chantant, est partout et surtout là où on ne l’attend pas. De sa fameuse Catclub, soirée gay-friendly et hautement prisée, à la Blackout, son pendant underground, en passant par le festival d’art contemporain Art Brussels, Jane prend à coeur de surprendre son public en investissant à chaque fête des lieux aussi surprenants que monumentaux. Rencontre.

Tu mixes, tu programmes, tu diriges… Comment as-tu vu évoluer la nuit Bruxelloises depuis tes premières soirées ?

Quand j’ai lancé la Catclub, il y a 13 ans, tout était possible. On faisait des soirées dans des grands appartements, dans des salles pas du tout aux normes de sécurité. La police laissait tout passer. Maintenant ils vérifient tout , autorisation pompiers, ville, sorties de secours etc. Alors c’est vrai que ça limite les accidents en soirée… En terme de public en revanche, rien n’a changé, les Bruxellois aiment toujours autant faire la fête !

Qu’est-ce qu’il te tient particulièrement à coeur lors de tes évènements ?

Le plus important, et c’est d’ailleurs le concept de la Catclub, c’est de ne jamais faire une soirée dans un club. On préfère voyager d’un lieu à un autre, faire découvrir des bâtiments, se les approprier pour une nuit. On installe tout nous-mêmes, bars, dj boot, son, lumière, scéno… La plupart du temps on construit même les bars et le dj boot. Chaque soirée est différente, il faut toujours surprendre ! Je ne supporterais pas de faire chaque soirée dans le même lieu avec les mêmes lumières, la même scéno, ça me semble tellement BORING !

À Bxl, vous avez la chance de pouvoir investir des lieux aussi improbables que magiques, tu peux nous en dire plus ?

Proposer à chaque soirée un nouveau lieu improbable et dingue, c’est loin d’être évident. Les gens oublient que ça demande énormément d’investissement, de préparation et du “know how”. Pendant ces 13 ans, j’ai développé des bons contacts avec la ville et des promoteurs immobilier qui sont prêts à mettre à disposition des bâtiments qui attendent par exemple un permis de construction ou de démolition. On a fait une soirée dans la salle de guichets d’une banque art déco, dans une salle des coffres, un ancien supermarché GB, on a dansé dans une église, à l’Opéra La Monnaie, dans un royal yaght club au bord de l’eau, dans de vieux immeuble de bureaux… J’ai encore le Palais de Justice à mettre sur ma liste et je suis contente !

Parle-nous de ta prochaine soirée, le soir de la Pride.

Alors, ça se passe dans le fameux ancien supermarché GB58, dans les anciens rayons fruits & légumes pour être précise, et aussi une partie dans la poissonnerie ! Il y aura la Dj Virginia du Panorama Bar ainsi que Funkineven. C’est la troisième fois qu’on organise une Catclub pendant la Pride, et les Catclubs Pride sont généralement de grands moments de folie. Ça promet ! (pour plus d’infos, c’est par ici)

La Belgique autorise le mariage entre personnes du même sexe depuis 2003, la PMA depuis 2007. Quelle fût ta réaction en tant que lesbienne belge flamande lorsque tu as appris les évènements hostiles au mariage pour tous en France ?

L’image que j’avais de la France a complètement changé. J’ai trouvé ce déferlement de haine incompréhensible et du coup j’étais très contente de vivre ici. On a eu un premier ministre gay pendant quatre ans et aucun média ne s’est permis de commenter sa sexualité. Par contre, on s’est un peu moqué de ses petits noeuds papillon…

Enfin, raconte nous une anecdote absurde sur tes soirées ?

Ouf, j’en ai tellement ! C’était quand je faisais des soirées à Imal en 2007, un centre culturel audiovisuel qui est situé au deuxième étage d’un immeuble à côté du canal de Bruxelles. C’était quand tout était encore possible à Bruxelles. Il était 6h du matin, l’espace était encore bondé, il faisait au moins 40° à l’intérieur, il y avait 800 personnes dans une espace de 350m2 avec juste un petit escalier pour faire sortir tout le monde. J’étais en train de mixer et tout d’un coup je vois la police approcher le dj boot. Je me dis, ça y est, ils vont fermer la soirée. Le policier m’approche et il me demande un micro. Je baisse la musique et je réalise qu’ils étaient juste gentiment venu nous annoncer que le marché allait bientôt commencer et qu’il fallait déplacer nos voitures garées devant, sous peine de les voir mises à la fourrière. Je trouvais ça tellement surprenant et gentil. C’est du Bruxelles à 100% !

CATCLUB THE PRIDE EDITION, l’event.

photo : Romain Hayat

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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