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Skate girls in Kabul

En Afghanistan, parmi les multiples interdictions que les femmes doivent affronter depuis l’arrivée au pouvoir des Talibans dans les années 1990, il y a celle de ne pas pouvoir travailler, de ne pas pouvoir aller à l’université, et bien sûr l’obligation de porter la burqa recouvrant intégralement le corps. Parmi ces restrictions très sévères, il y a également celle de ne pas pouvoir faire du sport. Pourtant, on voit aujourd’hui des fillettes et des jeunes filles faire du skate dans les rues de Kaboul. Récit en images.

Quand Olivier Percovish est arrivé en 2007 en tant que travailleur humanitaire à Kaboul, il avait dans son sac à dos son skate. Rider aguerri, il a rapidement sillonné les rues de la capitale à skate. Très vite, les enfants, curieux de le voir sur cette planche à roulettes, eux qui n’ont pas le droit de faire du vélo, lui demandent de leur fabriquer des skates et de leur apprendre à s’en servir. Personne parmi les talibans ne songe alors à interdire la pratique du skate pour les enfants et les adolescents. Trop nouveau, trop compliqué, la pratique du skate n’est pas sur les radars des fondamentalistes.

Quelques mois plus tard, en 2008, Olivier Percovish décide de lancer une école de skate, le Skateistan, à Kaboul et de construire dans la foulée un skatepark de 2000 mètres carrés. Au-delà du plaisir de la glisse, l’objectif d’Olivier Percovish est de développer l’autonomie des enfants et des adolescents, tout particulièrement celle des filles.

Quand la photographe anglaise Jessica Fulford-Dobson, pourtant plus habituée à la photographie intimiste qu’à parcourir les pays en guerre, entend parler de partir du Skateistan, elle décide d’en faire un sujet qu’elle intitule Skate girls in Kabul. Elle part donc en 2012 photographier ces filles, parfois fillettes, parfois adolescentes, avec leurs skates à la main. Ses très belles photos sont rapidement remarquées et lui permettent de gagner le Prix Taylor Wessing puis d’être actuellement exposée à la National Portrait Gallery à Londres.

Skateistan est désormais présent dans plusieurs autres pays et permet à plus de 2 000 enfants de faire du skate.

 

Marie B.

Accro au Scrabble, aimant les rousses façon Faye Reagan, Marie affectionne au moins autant la politique que les romans fin de siècle.

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