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Morgan Hammer, l’interview nostalgie

Morgan Hammer, c’est tout ce que la France pouvait produire de meilleur en 2015. Sorte de rêverie électronique au groove complètement dingue, sa musique, entre horror disco, synth wave et électro, fait voyager d’une galaxie à l’autre sans jamais poser les pieds sur terre. Impossible de ne pas l’inviter pour la Wet For Me Fluid Edition de demain soir. Entre Michael Jackson, Philippe Delerme, les Doc Martens et sa ville natale Biarritz, Morgan Hammer nous parle de son adolescence, de ses premiers amours, et de ses rêves de demain. Interview spécial Teenagehood.

Tu peux te présenter brièvement ? 

Je m’appelle Morgan, je suis de Biarritz, résidente à Barcelone , je suis dj et productrice.

Le titre qui a bercé ton enfance ?

Quand je pense à mon enfance le premier titre qui me vient à la tête est Walk on the wide side de Lou Reed. Mon père l’écoutait souvent à la maison, j’adore toujours autant cette chanson.

Ton premier disque ? 

Je me rappelle avoir 7,8 ans et forcer ma mère à m’acheter un CD tout ça parce que j’aimais sa pochette. J’avais du insister et faire scandale pour l’obtenir. La pochette était pleine de couleurs, avec une boule à facette et une fille afro si je me rappelle bien. Le CD s’appelait ” Géneration Disco” et c’était un mix avec plein de hits disco. Je l’ai tellement écouté que je connais encore les mixs par coeur. Il y avait Gloria Gaynor – Never can say goodbye, Bonny M - Daddy Cool , Jimmy Somerville – Mighty Real entre autres.

Sinon, quand j’ai commencé à jouer, le premier vinyl que j’ai acheté était : The MFA - The Difference It Makes. Je pense que c’est le track que j’ai le plus joué les premiers mois ou j’ai commencé !

À l’époque, tu faisais quoi de ta vie ?

Je luttais pour me réveiller le matin et aller à l’école , je rêvais beaucoup, je posais des millions de questions inutiles et impossible à répondre à tout le monde, puis de temps en temps je voyageais avec mes 7 frères et soeurs et mon père qui était pilote.

Aux pieds, Converse ou Doc Martens ?

Sans hésiter, Doc Martens.

Le premier concert qui t’a marqué ?

Mon oncle m’a emmené voir Michael Jackson au parc des princes durant sa tournée “History World Tour” , c’était en Juillet 1997 donc j’avais 9 ans. Je ne connaissais pas encore grand chose de Michael Jackson mais ce concert a été une révélation pour moi, je suis devenue complètement possédée par sa musique depuis ce jour. Je n’ai jamais revu de concert qui m’a mis dans le même état.

Et dans ta chambre d’ado, c’était plutôt murs blancs ou posters ?

J’avais des posters des Clash, Nofx, Sex Pistols, Hendrix, Depeche Mode, Joy Division, Michael Jackson bien sur, un peu collés partout et des essais de graff complètement foirés, c’était dégueulasse.

Ado calme ou rebelle ?

Je souhaite à aucun parent d’avoir un ado comme je l’ai été… Vraiment. Je faisais tout ce qu’il ne fallait surtout pas faire.

Tu avais des idoles ?

Michael Jackson, tout mon entourage savait a quel point j’étais fan de lui et on me taquinait toujours avec ça, dès que j’entendais « Michael » je me mettais à rougir. J’aimais Claude Monet par dessus tout aussi, c’est toujours le cas, dès que je vois une de ses toiles j’ai presque envie de pleurer, je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi. Et je dévorais les livres de Philippe Delerme, j’adorais sa manière d’écrire.

Tu faisais déjà de la musique ? Tu as commencé comment en fait ?

Ma mère m’a forcé à prendre des cours de piano pendant un peu plus de dix ans, dès mes 7, 8 ans environ. A l’époque j’aurais préféré apprendre à jouer de la batterie ou de la guitare mais finalement elle avait raison de son choix. Ado, je « chantais » dans un groupe Punk Rock au Pays Basque qui s’appelait Lady Kotxinas, on a juste fait quelques concerts dans des petits villages de la frontière espagnol, le public était généralement des potes qui venaient par solidarité. C’a n’a pas duré bien longtemps. C’est que vers 15, 16 ans quand j’ai découvert certains labels de musique électronique tels que Radius, Warp, Border Community, Kompakt, Monika Enterprise etc.. que j’ai su que je voulais mixer et composer. J’ai commencé vers 17 ans à organiser des soirées au Pays Basque, à Lyon puis Barcelone, j’avais un collectif qui s’appelait ” Les enfants de la crème” et une agence qui s’appelait ” Creme Booking”, et de là j’ai commencé à avoir quelques dates et plus tard à sortir des titres sur Clouded Vision, Relish, etc.

Tu définirais comment ta musique ?

C’est toujours un peu compliqué de répondre à cette question, mais je dirais que c’est un mélange de Synth Wav, Horror Disco, Post Punk , electro, indie, de vieux soundtracks 80’s, un peu de tout… Je ne suis pas très calée concernant les styles musicaux. Ce que je cherche à créer, c’est une musique un peu malsaine mais innocente à la fois.

Tu attendais quoi de la vie quand tu étais enfant/ado ?

J’ai toujours su que je voulais faire quelque chose de créatif, petite j’écrivais beaucoup et j’étais persuadée que j’allais en faire mon métier, j’ai aussi pris des cours de théâtre pendant 12 ans, j’étais très attirée par le cinéma et la comédie. En gros tout ce qui avait un rapport avec la musique, la littérature, le cinéma, l’art en général me passionnait et je voulais vraiment toucher à tout. Tout ce que je souhaitais pour plus tard c’était d’avoir le temps de rêver.

Tu en attends quoi aujourd’hui ?

J’aimerais simplement pouvoir continuer à jouer très longtemps et partager ma passion avec les autres.

Ton plus grand regret d’adulte ?

Je répondrai quand je serai adulte

crédit photo :  David Imbërnon

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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One Comment

  1. timide says:

    Pas mal !!!

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