Hillary Clinton

Hillary et les femmes: en route pour la Maison-Blanche?

C’était un secret de polichinelle. C’est désormais officiel : Hillary Clinton est candidate aux primaires démocrates américaines pour les élections présidentielles de 2016. Avec peu d’adversaires sur sa route, il est presque certain que les Américains devront choisir entre Hillary Clinton et le candidat républicain pour désigner le futur Commandant-in-Chief. Son adversaire sera probablement un homme. Aucune femme ne se présente pour l’instant à l’investiture républicaine et Sarah Palin est depuis longtemps sortie des radars de la scène politique fédérale. Dépassant les regrets suscités par à sa précédente campagne contre Barack Obama en 2008, Hillary Clinton va chercher à mobiliser l’électorat féminin.

Une femme pour séduire les femmes

La performance réalisée par Hillary Clinton en 2008 est restée dans l’ombre des projecteurs, tendus vers la célébration d’une Amérique supposée post-raciale après la désignation de Barack Obama à l’investiture démocrate. Hillary est la première femme à être allée aussi loin dans une campagne présidentielle. Lorsqu’elle annonce son retrait au profit de Barack Obama, et alors qu’elle a négocié avec lui sa nomination de Secrétaire d’Etat (l’équivalent du poste de Ministre des Affaires étrangères en France) en cas de victoire, elle fait ce beau discours lors de son dernier jour de campagne:

“Bien que nous n’ayons pu faire voler en éclats cette fois-ci le plafond de verre le plus haut et le plus dur, il a maintenant grâce à vous 18 millions de fêlures et la lumière brille à travers, comme jamais auparavant, nous remplissant toutes de l’espoir et de la certitude que le chemin sera un petit peu plus facile la prochaine fois (…) Si nous pouvons envoyer 15 femmes dans l’espace, nous arriverons bien un jour à lancer une femme à la Maison Blanche !”

Ce positionnement ne doit rien au hasard. L’électorat féminin constitue plus de la moitié des électeurs (53%) aux Etats-Unis et que les femmes votent plus que les hommes. Il est donc essentiel pour gagner une campagne de parvenir à les mobiliser. Compte tenu du bilan économique relativement bon de Barack Obama, il est probable que les lignes de clivage entre Républicains et Démocrates se feront sur les questions de société. Si la réforme de l’assurance-santé risque d’être être des principaux sujets de campagne, la question de l’avortement et de la contraception, des enjeux mobilisateurs pour l’électorat féminin, pourraient également faire partie des grands débats de cette élection présidentielle.

Une femme pour défendre les femmes

On le sait déjà, tous les candidats républicains à l’investiture du Grand Old Party se sont déclarés opposés aux subventions fédérales versées chaque année aux centres de planning familial. La question de l’avortement revient également sur le devant de la scène à chaque élection présidentielle. Jeb Bush, le favori du camp républicain, a déjà déclaré s’opposer à l’avortement sauf dans les cas de viol ou d’inceste. En cas d’élection à la Maison-Blanche, il tentera d’annuler la décision de la Cour suprême de 1974 qui reconnaît le droit à l’avortement en nommant des juges suprêmes très conservateurs sur le plan sociétal.

On peut imaginer qu’Hillary Clinton aura à coeur de montrer que la défense des intérêts des femmes peut également être un levier économique très puissant. Une façon de répondre à Mitt Romney, le candidat républicain en 2008 qui déclarait alors qu’il y a “quelque chose dont les femmes ont encore plus besoin qu’un avortement ou un stérilet : c’est d’un métier qui leur permet de rentrer chaque soir voir les enfants et de pouvoir les élever avec fierté.” Elle pourra par exemple souligner la très importante contribution des femmes à l’économie américaine : plus de 2 000 milliards du produit intérieur brut américain est créé par l’emploi des femmes.

On attend ainsi Clinton sur les enjeux des modes de garde, qui laissent encore une grande partie des femmes américaines au foyer. Aujourd’hui, 30% de des femmes qui ont des enfants de moins de 18 ans ne travaillent pas. C’est le score le plus élevé enregistré depuis 1999. Les femmes les moins diplômées arbitrent en effet le coût de la garde de leur enfant avec celui de ne pas avoir de travail. Cela fait sens sur un plan économique dans les familles les plus modestes de rester à la maison.

Son plus grand défaut, c’est son mari

Si Barack Obama avait pour atout d’avoir une femme très populaire auprès de l’électorat féminin, notamment grâce à son engagement dans la lutte contre l’obésité, Bill Clinton agit, lui, comme un repoussoir sur les femmes, notamment les plus âgées. Monica Lewinsky n’est jamais loin dans les esprits alors son come-back en grande pompe a levé des soupçons de manipulation de l’opinion.

Il semblerait donc, qu’une femme si indépendante et expérimentée soit-elle, reste dans les esprits encore enchaînée aux frasques de son mari. En 2007, à la question posée à Arnaud Montebourg, alors directeur de campagne de Ségolène Royal, sur les défauts de la candidate, l’avocat avait répondu : “son seul défaut c’est son compagnon”. De l’autre côté de l’Atlantique, tandis que les Républicains affûtent leurs couteaux et lèvent des sommes inimaginables en Europe grâce aux comités de soutien, les super PACS, il semblerait donc que les couples en politique restent liés, pour le meilleur et pour le pire.

 

 

Marie B.

Accro au Scrabble, aimant les rousses façon Faye Reagan, Marie affectionne au moins autant la politique que les romans fin de siècle.

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One Comment

  1. timide says:

    <3

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