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Plus de libido?

Il y a trois ans, dans une édition du fanzine de Barbi(e)turix, je vous parlais déjà de la libido dans le couple, ou du moins, de sa perte. Il y a trois ans, je vous disais presque que c’était une histoire de lesbian bed death, mais pas que pour les lesbiennes. J’affirmais qu’il arrivait un moment dans la relation où le désir pour l’autre était moins présent, que c’était une histoire de durée de la relation, de  cette complicité fortement installée.  Aujourd’hui, après d’autres expériences et la lecture de cet incroyable bouquin L’intelligence érotique*, je peux vous dire que j’ai dit des conneries. Non pas que j’avais tellement tort à l’époque, mais que je ne voyais cela que sous le spectre du deux, du couple.

Certes, le désir pour l’autre prend racine dans son inassouvissement, et dès lors que la distance entre les deux personnes se resserre, la sécurité, la stabilité prennent place, au détriment du désir. C’est un fait. Cela arrive à de nombreuses personnes. Mais aujourd’hui, je veux parler de cette perte de libido qui n’est pas une simple histoire de fréquences,  qui n’est pas liée à la stabilité du couple ou à la fatigue due à une surcharge de travail. La perte de la libido, elle peut durer des mois, et elle est, bien souvent, peu liée à l’autre. Alors, qu’est-ce qui fait que l’on peut perdre la libido, celle par laquelle on peut être tentée de se définir, parce que bon, désirer, c’est aussi un peu exister.

J’ai toujours cru que le désir était l’essence même de l’existence, que sans ça, on ne pouvait pas vivre. Mais la perte de la libido n’est pas seulement une perte de désir (pour autrui), elle est une perte intime, liée à nous, à notre histoire, nos hormones, notre transit intestinal, notre santé mentale ou bien même notre santé tout court. Alors, oui, on peut vivre sans libido, on peut même apprécier de vivre sans libido, puisque je l’ai fait pendant des mois. Alors, qu’est-ce que c’est la perte de la libido ? Ca vient d’où ? Ca veut dire quoi sur nous ?

En 2013, Laci Green publie une vidéo sur le sujet.

Il est certain qu’il n’y a pas de normes en ce qui concerne la fréquence des rapports sexuels ou même du désir, mais parfois, çe peut venir d’ailleurs. Bref, voici une liste de tout ce que vous devez vérifier avant d’affirmer qu’il s’agit du lesbian bed death (un cliché qui a la vie dure) ou encore que vous n’avez plus envie de votre copine.

L’estime de soi : il arrive parfois que l’on se sent tellement peu désirable (malgré tous les compliments de notre copine), qu’on ne se sent plus non plus désirante.  La confiance en soi et l’estime de soi peut mener à une perte de votre libido. Peut-être faut il alors se demander d’où vient cette perte d’estime et comment l’améliorer. Souvent, l’insécurité que l’on éprouve vient de soi, et assez rarement (relativement), de l’autre.

Pas besoin d’être experte quand on a été directement concernée, mais la libido est intrinsèquement liée à comment on se sent. Parce que oui, le désir, c’est dans la tête que ça se passe en premier. Parfois, on va tellement mal que l’idée même de faire l’amour nous paraît…lointaine. La dépression peut provoquer une perte de votre libido, ainsi que la prise d’antidépresseurs.

« Bien dans son corps, bien dans sa tête ».  Ce n’est pas un dicton à la con que j’essaie de placer dans un article de cul, mais notre corps et notre esprit ne font qu’un. Ainsi, les hormones ont un rôle important dans vos humeurs et votre libido et un dérèglement hormonal peut vous jouer des tours. Tout comme…un mauvais transit intestinal. Non seulement on se sent mal, parce que oui, un mauvais transit intestinal nous met dans un inconfort absolu (enfin si vous écoutez votre corps comme moi), mais aussi parce que ce qui se passe dans vos intestins a une influence directe sur ce qui se passe dans votre tête. Tout comme enfin, toute carence forte ou anémie en fer ou en vitamine b12. Cela peut paraître bête comme ça mais le corps est une machine, étroitement lié à l’esprit. Tout fonctionne ensemble. Quand quelque chose ne va pas, il faut regarder partout avant d’affirmer que votre couple est mort.

La libido n’est parfois pas une chose anodine, elle peut être un symptôme parmi tant d’autres d’un mal être ou d’un mal tout court. Mais, croyez en moi son expérience, il faut essayer de ne pas se focaliser là dessus. La perte de la libido peut être quelque chose de très mal vécu ou alors un tremplin pour se prendre en main quand ça va mal. Bien sûr, si vous pensez que votre perte de libido n’est pas exclusivement liée à vous, il faudra vous pencher sur la lecture de L’intelligence érotique, ou attendre mon prochain article là dessus.

 *L’intelligence érotique d’Esther Perel

**Photo de couv’: Ramona Deckers

PS: si vous avez des questions à ce sujet, mon compte Twitter reste ouvert.

 

 

 

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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3 Comments

  1. Bbx ' Veterante says:

    très intéressant merci !

  2. Rosa says:

    Merci pour cet article!

  3. Cassie says:

    Salut ! Juste pour rajouter mon grain de sel et dire qu’il y a plein de raisons de ne pas avoir de libido et que pour moi ça n’est pas forcément un problème (qu’il faudrait alors résoudre). Ça dépends pour qui vous me direz, ce à quoi je répondrais “Oui!”. Ça dépends :) La culture collective (y compris entre lesbiennes) nous enjoint à être sexuellement disponibles ou actives. Fichtre, mais quand on a pas envie, est-ce qu’on devrait vraiment se mettre la pression et se sentir anormales ? Moi je dis non, libido ou pas, c’est okay si ça me va :)

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