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CLAUDE VIOLANTE : « Je suis triste pour tous ceux qui n’ont pas grandi dans les années 90 »

Vous la découvriez il y a deux ans sur la scène de La Machine du Moulin Rouge, Claude Violante, moitié du groupe Haussmann (avec Beau Travail, ndlr), revient remontée à bloc, telle une boxeuse lituanienne, la voix veloutée et le son sexy en plus, pour clôturer cette 18e édition du festival Les Femmes s’en Mêlent.

Née dans les années 80, élevée dans les années 90 et mûrie, tel un joli fruit coloré et juteux, dans les années 2000, Claude Violante, alias Camille Petitjean, est bien lotie. Avec un son sexy et smart, une fraîcheur des arrangements empêchant toute comparaison ou percée de nostalgie loufoque avec le r’n'b et des années 90, le tout assaisonné d’une sauce chili synthétique qui n’a rien à envier aux claviers des Boy Georges, des Wham ! etcetera, il semblerait que Claude Violante soit fin prête à violenter les sommets ! Ce soir, rendez-vous donc à 23 h pile poil sur le central de La Machine du Moulin Rouge pour entonner l’amour et la dance, et découvrir les extraits exclusifs de son tout premier album, attendu comme le messie, on l’aura compris. Interview de notre gros gros coup de cœur de la décennie.

Année de naissance ? Il s’est passé un truc spécial pour toi cette année là ?

1985 évidemment, c’est la meilleure année du monde. Cette année là, il a eu l’album de Kate Bush Hounds of Love et celui de The Jesus and Mary Chain Psycho Candy, ce qui suffit amplement à justifier mon propos. Avec les gens qui sont nés en 85, je sais qu’il y a une sorte de connivence inévitable, on a pas besoin de se parler pour se comprendre…

Bébé joli ou bébé moche ?

J’étais évidemment un bébé magnifique et génial.

Enfant plutôt calme ou capricieuse ?

Je pense que j’étais insupportable mais mes parents m’ont assuré du contraire donc je leur fais totalement confiance (sourire) !

Il y a une photo d’enfance que tu aimerais partager avec nous ?

Oui ma chère Adeline, je partage avec toi et le reste du monde cette photo de moi où on peut voir que mes parents aimaient beaucoup la nourriture mexicaine (je n’ai pas les droits de cette photo puisque je l’ai trouvé hier sur instagram).

The Fat Jewish

T’es une grande enfant, un peu non ?

Je ne vois pas du tout de quoi tu parles et je pense que tu confonds avec quelqu’un d’autre que tu as croisé lors des soirées que tu organises ! (sourire)

Toi qui a grandi dans les années 90, tu gardes quoi en tête de ces années là ?

Je suis triste pour tout ceux qui n’ont pas grandi dans les années 90 car il y avait beaucoup d’habits colorés et des gens très sympas. Il y avait la dance et les boys band quoi, la vie et l’amour en toute circonstance.

Musicalement il se passait quoi dans ta chambre ?

J’écoutais de la dance évidemment car c’est très bien pour danser quand on est jeune, il y avait Leonardo Di Caprio et East 17 sur les murs. Puis je ne parle pas de Gala et Mylène Farmer période “California” mais ça me semblait évident, une fois de plus.

Et les devoirs dans tout ça ?

Je ne me souviens pas avoir fait mes devoirs mais ça a dû arriver.

Et les boums ?

Quant aux boums, j’en étais et j’ai pécho plus que de raison…

Ton premier coup de cœur musique, l’inégalable, l’irremplaçable, c’est qui, c’est quoi ?

Oulalah, j’en ai eu beaucoup dans ma vie je pense mais c’est sans doute les Beatles que j’ai le plus écouté. Non aux Rolling Stones !

Un film à l’époque qui t’a marquée plus qu’un autre ?

Certainement Danse avec les loups qui m’a appris ce qu’était la loi de la jungle et comment on pleure au cinéma et tout… Dans ce film tu pleures dès les premières minutes, c’est balaise !

T’as pas fait des études de cinéma d’ailleurs ?

Si, j’ai fait des études de cinéma. Enfin vite fait parce que je n’aime pas trop les études, mais j’ai eu le temps d’apprendre quelques trucs quand même…

Pour en revenir à nos moutons, t’es sans doute une des filles les plus drôles que j’ai eu l’occasion de rencontre dans ma vie et pourtant ta musique me donne soit envie de danser langoureusement, soit envie de pleurer, tu m’expliques ?

Tu exagères un peu quand même… Je pense que je suis drôle et sinistre, mais comme tous les gens de mon espèce ! Ensuite, je t’avouerais que je trouve les musiques « drôles » très vulgaires globalement. Ce que l’on entend à la radio, sensé être amusant, est vraiment super glauque en général non ? Maintenant, je pense aussi aux autres projets de Legowelt, de type Nacho Patrol, qui sont totalement absurdes mais chanmax, alors… je ne sais pas quoi te dire du coup. La musique drôle doit être inspirée, et je ne me crois pas capable d’en faire.

Tu parles pas mal d’amour dans tes chansons, ça occupe quelle place dans ta vie ? Moteur ou complication ?

L’amour ma petite Adeline, ne m’en parle pas ! Évidemment, c’est important pour moi. Dans mon cas l’amour est soit moteur soit drame, ça dépend des gens quoi ! Par contre je crois que TOUS mes morceaux ou presque parlent de ça alors j’imagine que c’est une inspiration…

On m’a chuchoté à l’oreille que l’album que tu sortais bientôt était « super sexuel ». T’es d’accord avec ça ?

Ha c’est Baccou (Cécile, ndlr) encore ça ! Et je ne suis pas d’accord ! (sourire) Je pense que l’album qui arrive est sans doute un peu sensuel parce que j’aime bien ça, quand c’est sensuel, mais il est aussi un peu sale et un peu dramatique évidemment. Puis en même temps il est plein d’espoir, parce qu’on peut parler du pire tant qu’on peut montrer la lumière au bout du tunnel, non ?

C’est quoi la chanson la plus sexuelle du monde pour toi ?

Ça dépend, car il y a plusieurs types de chansons sexuelles. La chanson crado, de type Dj HMC Cum on, la chanson suave de type Chaka Khan Ain’t Nobody, la chanson sexy tendue de type Marvin Gaye Come get to this, tu vois ce que je veux dire ? Je suis obsessionnelle dernièrement avec le morceau Ivory de Mouvement par contre, tellement sexy.

Demain on te dit que tu pars écrire ton prochain album où tu veux, tu choisis quelle destination et pourquoi ?

J’irais sans doute dans un pays chaud où j’alternerais travail, plage et nourriture saine. Juste ça. Et parce que c’est agréable d’être au soleil et de se baigner dans la mer.

T’as réagi comment quand t’as su que t’allais faire les Femmes s’en Mêlent ?

J’ai été très contente et fière comme un petit cheval de jouer dans ce festival. J’ai peur mais j’ai hâte, tu vois le genre ? Après j’ai rencontré Stephane (Amiel, ndlr) qui organise le festival et j’ai vu qu’il était très gentil et tout alors j’étais encore plus contente.


Adeline

Journaliste musique bipolaire, Adeline est amatrice de son brut, un peu sombre à tendance viol-des-oreilles. Aime jouer sur/avec les mots, voir la vie en bleu et en points. Site pro : adeline-journet, site perso : L'amourfou

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