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La Jeune galerie expose Bethany Makes Poetry

La Jeune Galerie, web galerie, a ouvert ses portes sur Internet, le mois dernier. Le concept est simple, chaque semaine, sont mises en vente les oeuvres d’un-e jeune artiste qui n’a pas la possibilité d’exposer au sein de galeries physiques. Pour y avoir accès, il suffit juste de s’inscrire gratuitement. Créant ainsi un circuit parallèle de la vente d’art, La Jeune Galerie donne également à voir le quotidien d’un jeune talent en 2015 via l’intermédiaire d’un portrait. Dès demain, Bethany Makes Poetry exposera sept de ses collages sur le site. Nous avons pris le thé et découvert son oeuvre dans son studio-atelier.

Le premier grand soleil de l’année 2015 a enfin pointé son nez, ce samedi après-midi. J’ai rendez-vous chez Bethany Makes Poetry afin de découvrir ses collages, les détailler et mêmes les toucher ! Elle m’a fait découvrir avec passion les techniques, anecdotes et grandes histoires dont sont chargés ses oeuvres. Mais pour Bethany Makes Poetry, c’est l’émotion qui prime. Les images imbriquées les unes aux autres lui permettent d’exprimer un ressenti, de raconter un souvenir, d’évoquer un sentiment.

oh please – Bethany Makes Poetry

Lorsqu’elle a commencé à découper, assembler et unifier des images -entières ou non-, en 2007, c’était tout d’abord pour renforcer les mots qu’elle étalait dans son journal intime. L’image prenait part au texte et le mettait en relief. Collées au carnets Moleskine, elles permettaient d’exprimer correctement un sentiment “lorsque les mots ne suffisaient pas, comme un truc en plus” précise l’artiste de 26 ans. Afin de pouvoir les montrer d’abord à des amis puis à un public plus large, elle retire peu à peu le texte, n’en conservant que l’essentiel. “Je souhaitais mettre plus d’intention dans les images et que mes oeuvres ne mettent pas complètement à nu mes sentiments les plus profonds.” Désormais, ce sont les mots qui font partie de l’image et non l’inverse.

drag my heart – Bethany Makes Poetry

L’iconographie de Bethany Makes Poetry est amplement ancrée dans l’univers de la mode. Des images qu’elles pioche dans sa pile de magazines internationaux. “Mais désormais” précise-t-elle, “ce n’est pas uniquement le type d’images que je veux utiliser.” Ses derniers collages témoignent de son envie de prises de vues de paysages d’ailleurs, d’éléments naturels etc.

Meet me – Bethany Makes Poetry

Intitulée Diptyques, la première série qu’elle expose “hors-carnets” est entièrement composée de modèles féminins et travaillée, non plus uniquement avec des ciseaux mais à l’aquarelle. “Chaque série est l’occasion de mettre en oeuvre une nouvelle technique, d’essayer un nouveau format ou encore d’appréhender de nouveaux matériaux.” À la suite de cette exposition dans une faculté parisienne, les séries de collages de Bethany Makes Poetry s’enchaînent avec plus ou moins de régularité.

Au fur et à mesure, ses oeuvres se précisent, évacuant toute notion illustrative pour exprimer des sentiments via l’intention mise dans la découpe. Les papiers peuvent être soigneusement découpés, des figures détourées mais encore déchirées, tranchées au milieu. “J’aime, parfois, maltraiter mes matériaux. Ce qui compte le plus est le lien entre mes images et la façon dont elles se fondent ou au contraire, sont séparées brutalement.”

brokenheartbeat – Bethany Makes Poetry

Tambour, une série de huit collages reflète d’une période plus difficile où les mots percutent autant que l’aquarelle qui s’étale sur la feuille, inondant les visages, les costumes des mannequins. Cette typographie si particulière chère à Bethany Makes Poetry est venu après plusieurs recherches mais est désormais légion dans ses oeuvres. Qu’elles soient découpées ou peintes, ces lettres signifient autant que les images.

(quelqu’un d’autre) – Bethany Makes Poetry

La Jeune Galerie lui a donné carte blanche pour sa vente. La jeune artiste a créé une série neuve pour cette occasion, inspirée par des phrases collectées ça et là, formant les différents titres de ces sept collages. Des phrases qui sonnent comme des cadavres exquis dont il ne faut pas chercher une interprétation juste. Le travail de l’abstraction est là pour donner matière au songe. “Les images résonnent entre elles” décrit-elle.

Dépêche-toi – Bethany Makes Poetry pour La Jeune Galerie

Sept collages inédits seront donc exposés dès demain sur le site La Jeune Galerie, qui propose à l’acheteur la possibilité de rencontrer l’artiste soit pour un café ou lors d’une conversation via Skype, afin qu’il y ait une réelle proximité entre les deux et qu’un dialogue autour de l’oeuvre, s’instaure.

chemin des cendres – Bethany Makes Poetry pour La Jeune Galerie

 

Les collages Bethany Makes Poetry seront en vente dès demain ici. Les photos sont de Muriel Thibault.

 

 

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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